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Stéphane Castaldi : « Je ne fais que mon travail de syndicaliste… la preuve : je dérange ! »

L’ITW « Grand Angle » du samedi du site www.infoavignon.com

Nous tenons à préciser que dans un souci de vérité et d’information envers nos lecteurs, nous avons proposé de donner la parole à M. Guy Delage, directeur d’Auchan-Le Pontet, sur la situation du magasin.

En raison de l’approche des fêtes de Noël, la direction par la voie de Mme Sylvie Martin, responsable communication, a indiqué vouloir reporter ce rendez-vous « ITW Grand Angle ». Nous retrouverons donc, M. Guy Delage au début de l’année… très vraisemblablement.

 

Stéphane Castaldi (délégué syndical FO à Auchan Le Pontet)

Infoavignon : Stéphane Castaldi bonjour. Vous êtes délégué du personnel FO, élu au Comité d’Entreprise d’Auchan-Nord-Le Pontet.

Vous vous êtes distingué récemment en mettant en ligne sur le site FO Auchan au mois de Juin 2011, un rapport qui pointait plusieurs dysfonctionnements dans le management du « Paquebot » Auchan et les risques psychosociaux dont certains de vos collègues salariés et syndiqués ont semble-t-il été victimes, dans leur travail.

Six mois après la publication de ce rapport, commandé à l’initiative du médecin du travail de l’époque, quelles sont les améliorations qui ont été apportées depuis, par Auchan ?

Stéphane Castaldi : Bonjour, oui ce rapport particulièrement accablant pour notre établissement a bien démontré de gros problèmes de management, de souffrance au travail, de stress, le mot harcèlement y est d’ailleurs inscrit.

Les améliorations ? J’aimerais pouvoir vous dire aujourd’hui que cela s’est amélioré, mais je vous mentirez, à part un flash mob, un lip dub, ou quelques accessoires pour nous faire croire que tout va bien, la situation profonde n’a pas changé.

Certains membres de l’encadrement n’ont pas changé et restent identiques à eux-mêmes. Notre direction de toute manière n’a jamais accepté ce rapport et notre encadrement, non plus (pas tous).

Sur ce point notre syndicat n’en restera pas là, car ce rapport justifié, a été validé par une majorité des membres du CHSCT, et donc nous le ferons appliquer, que cela plaise ou non, à notre direction.

IA : Jeudi 10 novembre 2011, avait eu lieu au « Grand Hôtel » l’AG annuelle de FO National en présence notamment du secrétaire fédéral FO (Paris), Christian Cretier qui a qualifié la situation du site Auchan Le Pontet de « Catastrophique » :

Pourquoi cette réunion à Avignon et pas Marseille ou Montpellier ? la situation est si grave que ça, pour que la direction à Paris décide d’envoyer un délégué FO du national sur Le Pontet ?

SC : Nous nous réunissons chaque année sur un site différent, il est très important pour nous aussi d’envoyer un message fort sur le site choisi. C’est vrai que le contexte sur notre magasin a favorisé cela.

Nous étions près de 100 délégués FO Auchan réunis et nous avons travaillé sur nos revendications salariales pour 2011 et 2012 ainsi que sur nos actions à mener.

Oui, la situation est très grave sur notre magasin, il n y’a plus aucun dialogue social avec notre organisation alors que nous sommes largement majoritaire.

Attention ! Cela ne se passe pas uniquement qu’au Pontet, d’autres de mes camarades en font aussi les frais dans certains magasins. Mais là, ça prend une tournure vraiment dangereuse sur notre site.

IA : Hier, on commémorait l’armistice du 11 novembre, ne pensez-vous pas qu’il faudra à un moment ou un autre, enterrer la hache de guerre ?

SC : Le problème c’est que, si nous enterrons la hache de guerre comme vous dîtes : croyez-vous que cela s’arrêtera ?

Non, car nous sommes une organisation qui dérange, nous ne servons pas les intérêts de notre direction comme le syndicat Sega/CFE/CGC qui hier encore au cours d’une réunion CE s’en est pris à ma personne.

La politique de notre direction magasin ne changera pas. Plusieurs fois j’ai été amené à discuter avec eux pour essayer de trouver une porte de sortie et à chaque fois, on rejetait les torts sur notre organisation syndicale ou sur moi. Après cela vous n’avez plus envie d’enterrer quoi que ce soit.

IA : Je crois savoir que vous êtes en arrêt maladie, c’est ça ? Qu’est-ce qui est le plus risqué pour vous aujourd’hui : militer à Auchan, venir travailler à Auchan, pratiquer votre sport préféré, le rugby… ou faire de la moto ?

SC : Je suis exactement en accident de travail suite à un malaise sur mon établissement, où j’ai terminé dans le local du médecin du travail avec plus de 17 de tension.

Aujourd’hui, le plus dangereux pour moi est de venir, non pas à Auchan mais à Auchan le Pontet. Les attaques perpétuelles de ma direction et les provocations dans le but de me pousser à la faute de pseudos élus du syndicat SEGA/CFE/CGC sont un vrai danger pour ma santé physique et mentale.

Le médecin du travail m’a d’ailleurs conseillé de ne pas venir sur le site et de prendre du recul. Mes collègues, comme ma famille ont d’ailleurs très peur pour moi.

IA : On a l’impression qu’au-delà du combat… noble, qui détermine votre engagement syndical, il y’a une sorte de querelle d’homme ou d’égo, entre Guy Delage, le directeur d’Auchan-Nord, et vous ; vous partagez cette impression ou… ce n’est après tout qu’une impression ?

SC : Je ne sais pas s’il s’agit d’une querelle d’égo au demeurant, mais comment voulez-vous avancer quand un directeur vous dit :

« Pour moi, il n’y a pas de chapelle syndicale, il n y’ a que des employés !»
Cette simple phrase, résume l’état d’esprit de notre directeur, ne voyant en moi qu’un simple employé.

Dès lors le conflit ne peut que s’installer, attisé par certains membres de l’encadrement incapables de connaitre les lois ou accords qui nous régissent. Mon égo n’a aucunement besoin d’être flatté, je ne fais que mon travail de syndicaliste et je pense le faire honorablement et bien, la preuve : je dérange !

IA : Vous négociez le ballon ovale à 26 au « jeu à XIII » autrefois, et pourtant vous refusez aujourd’hui d’engager directement la partie avec Guy Delage, notamment sur le montant du CE, que le magasin semblerait devoir aux salariés et qui s’élève à près de 1,5 million d’Euros ; … est-ce que vous ne vous isolez pas de fait, en adoptant cette posture unilatérale ?

SC : Comme je vous l’ai dit, par deux fois je me suis rendu sur la demande de mon directeur à une entrevue pour essayer de trouver une sortie à cela, mais pour négocier il faut être deux et non rester sur : « c’est comme cela à Auchan et nous ne changerions rien ».

J’ai fait des propositions mais à chaque fois la réponse a toujours été la même : « à Auchan c’est comme ça » ou « nous avons gagné des procès ailleurs ». Tant mieux pour eux, nous avons un dossier bien armé et nous irons jusqu’au bout des procédures, c’est-à-dire jusqu’à la cour de Cassation. De toute façon, nous ne sommes pas isolés car notre Union Départementale et notre Fédération nous épaulent et nous soutiennent. Cela ne reste plus local maintenant.

IA : On vous sent déterminé sur ce dossier, qu’en disent les autres organisations syndicales que l’on n’entend quasiment pas ou peu ?

SC : « Déterminé » est bien le mot à employer, quant aux autres organisations syndicales… laissez moi rire !

Le SEGA/CFE/CGC aux ordres de notre direction, la CGT qui comme je l’ai déjà dit n’est pas pour moi la vrai CGT du département (nous n’avons aucun dialogue avec eux, donc, ils ne disent rien).

La première nous attaquant systématiquement sur tout et rien, bizarrement en reprenant des attaques de la direction, étrange?

Ce pseudo syndicat SEGA/CFE/CGC qui pour moi salit l’image de la CFE/CGC car SEGA (syndicat d’entreprise du groupe Auchan). Pour nous, c’est clair, nous avons toujours eu des divergences avec la CFE/CGC ; mais depuis la création du SEGA, c’est plus que des divergences, ce sont carrément des attaques, des insultes ou des provocations envers nos délégués et envers moi.

IA : Vous venez de « porter plainte » aux prudhommes pour harcèlement moral… ainsi qu’au Pénal ! Cette démarche s’inscrit-elle dans une stratégie « de victimisation », ce que l’on pourrait très bien vous retourner, ou bien est-elle fondée, auquel cas, pouvez-vous nous décrire la nature de ces pressions ?

SC : Je ne cherche pas a me positionner en victime, je subis cela depuis près de 5 ans maintenant et si j’ai décidé aujourd’hui, d’aller devant les tribunaux, c’est que la situation devient dangereuse pour ma santé.

La nature des pressions ? Déjà, de la part de mon propre chef de rayon auto/brico (élu SEGA/CFE/CGC) aucun entretien d’activité professionnelle depuis près de 5 ans.

Je lui ai écris un courrier en juillet 2011 lui demandant des explications, j’attends toujours sa réponse. Cela s’appelle être mis au placard.

De la part de ma direction : On me reproche mes prises de paroles et mes prises de positions alors que je suis dans le cadre de mes mandats électifs en CE ou en CHSCT.

Des insultes de la part d’élus du syndicat SEGA/CFE/CGC qui restent sans aucune sanction malgré notre règlement intérieur ; des provocations, toujours de la part d’une même élue du syndicat SEGA/CFE/CGC cherchant à me pousser à la faute (m‘accusant même de l’avoir bousculée, heureusement que j’ai des témoignages pour me défendre).

Tout cela, orchestré par notre direction faisant sienne l’adage : « diviser pour mieux régner ! »

Alors, ma démarche est-elle fondée ? Je vous réponds « Oui » et mon Union départementale, ainsi que la Fédération ont décidé que cela devait cesser… et moi aussi !

Source: www.infoavignon.com

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