Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Pour Auchan, le réel n’a pas eu lieu ! Deuxième Partie.

Chers Camarades, Chers Collègues.

Dans son discours de Silver Spring du 14 février 2002, Georges W. Bush a formulé avec la plus grande clarté le présupposé commun à tous les capitalistes : « La croissance est la solution, non le problème. »

Tous les éléments de la solution miraculeuse sont donc réunis. C’est bien à l’Economie politique, indissolublement nouvelle science newtonienne et herméneutique de la Providence, qu’il revient d’annoncer la Bonne Nouvelle tant attendue.

Elle seule, en effet, possède le pouvoir de révéler aux hommes, théorèmes à l’appui, ces enchaînements magiques qui font que la Concurrence libre et non faussée engendrera mécaniquement la Croissance illimitée et que la Croissance illimitée permettra tout aussi mécaniquement, de « relever les classes souffrantes de deux manières : d’abord en leur donnant la vie a bon marché, ensuite en élevant le taux de salaire ». Frédéric Bastiat.

Le Système Auchan s’est longtemps fondé sur cette idéologie aux fins de justifier son implacable processus d’asservissement.

Mais que pouvait-il résulter de cette liberté absolue revendiquée (voir par exemple leur dénégation concernant les conséquences tragiques du travail de nuit sur la santé des salariés..), de ce fameux principe de libre concurrence ?

Il n’en pouvait sortir que l’asservissement général, l’inféodation collective des masses dépourvues de capitaux, d’armes industrielles, d’instruments de travail, d’éducation enfin, à la classe industriellement pourvue et bien armée.

On dit : « La lice est ouverte, tous les individus sont appelés au combat, les conditions sont égales pour tous les combattants ».

 Fort bien, on n’oublie qu’une seule chose ! C’est que, sur ce grand champ de guerre, les uns sont instruits, aguerris, armés jusqu’aux dents, qu’ils ont en leur possession un grand train d’approvisionnement, de matériel, de munitions et de machines de guerre, qu’ils occupent toutes les positions, et que les autres, c’est à dire nous les gueux et les sans-dents, sommes dépouillés, nus, ignorants, affamés et que nous sommes obligés, pour vivre au jour le jour et faire vivre nos femmes et nos enfants, d’implorer de nos adversaires eux-mêmes un travail quelconque et un maigre salaire.

 Les Princes qui nous gouvernent n’ont-ils pas jusqu’à poussés le Cynisme à un tel niveau qu’ils sont devenus les champions de l’Optimisation Fiscale ?

Nous avons eu droit, pour prix de ces abominations, à un récent plaidoyer « pro domo » du Président Fondateur himself aux fins de justifier ces agissements qui violent toute conscience morale, sur le ton de : « Les riches sont les vrais pauvres, car l’Etat leur prend tout ! ».

Il nous faut ici souligner que le modèle de l’équilibre auto-régulé (ou du « processus sans sujet » selon l’expression d’Althusser) se situe au cœur de la pauvre construction de la « Vision Auchan ».

 Miguel de Cervantès l’aurait nommé : Enchantement !

Nous avons déjà abordés cette question fascinante de la Cybernétique. Le programme Cybernétique a été conçu par Norbert Wiener, avec l’appui des autorités américaines au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, dans l’espoir officiel de libérer l’humanité de l’emprise meurtrière des « idéologies » et d’assurer une ère de paix universelle fondée sur un mode de gouvernement « scientifique » des sociétés.

Et pour réguler de façon scientifique les comportements de ses salariés, Groupe Auchan s’est toujours appuyé sur la propagande. Du latin propaganda, « ce qui doit être propagé », le mot fut introduit en 1622 comme terme religieux par la Congrégation pour la propagation de la foi afin de répandre la religion catholique. Ce n’est que pendant la Révolution française que le mot pénètre le langage politique.

Edward L. Bernays qui fut l’un des principaux créateurs de l’industrie des relations publiques et du façonnement des consentements a écrit en 1928 : « La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays ». Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie. La Découverte, 2007, p 31.

La propagande pour le Système Auchan vise à guider l’action des salariés et à mobiliser nos volontés par l’utilisation du mensonge, de la partialité et de l’occultation de données pertinentes.

Et ils revendiquent en permanence la mobilisation de vertus épistémiques comme le débat et l’écoute.

On voit bien là que c’est une contradiction interne insurmontable, un symptôme du caractère schizophrène que revêt le Système Auchan dès qu’il est confronté à ses propres contradictions.

Le prix à payer pour le déni de réalité ! N’oubliez jamais que, pour les Princes qui nous gouvernent, «  le réel n’a pas eu lieu.. ».

Il ne peut pas y avoir en effet de la propagande et de la considération. C’est ce qu’ils appellent « Les Valeurs d’Auchan.. » Absolument antinomique, totalement contradictoire.

La propagande dont les discours managériaux se nourrissent, vide de l’intérieur le concept même de considération dont leurs Chartes Ethiques n’arrêtent pas de se parer.

Une de leur préoccupation majeure est de souligner le « rôle social » de l’entreprise. Un cache-sexe misérable parfaitement hypocrite.

L’idée est qu’Auchan ne peut pas ignorer la société dans laquelle l’entreprise évolue ; le nombre de ses salariés, le volume de ses profits et son influence économique et politique lui donnent des devoirs nouveaux.

La propagande du Système Auchan répète en boucle l’idée selon laquelle l’entreprise doit assumer ses responsabilités qui vont bien au-delà de sa sphère d’activité. Estimable ambition qui permet de se camoufler derrière la très empathique expression d’ « entreprise citoyenne.. ».

La Vision globale du système explique que la finalité de l’entreprise n’est pas uniquement d’accumuler des richesses, sa fonction d’origine, mais de trouver un équilibre entre les intérêts des actionnaires et les intérêts de la société civile et politique.

Ce qui leur permet de penser les rapports entre la société civile, l’environnement et l’entreprise en termes d’intégration et d’harmonie dans son milieu et non plus en terme de légitimité et de contrôle (de la société sur l’entreprise). Un joli tour de passe-passe.

Mais que reste-t-il concrètement de ces discours lénifiants dans les pratiques managériales ? Comment éviter que ces discours dont on nous bassine les oreilles du matin au soir ne soient qu’une sorte d’habillage vertueux de comportements qui, au fond, restent inchangés, quand ils ne sont pas pires ? N’y a-t-il pas finalement, derrière ces belles proclamations, la volonté de « libérer » Auchan des jugements moraux que la société française peut porter sur elle ?

Selon Auchan, l’éthique…., c’est bon pour le business !

 En fait, le discours sur la responsabilité sociale de l’entreprise et sur l’ « éthique des affaires » permet aux Princes qui nous gouvernent de se prémunir (ou d’espérer se prémunir) contre des mouvements sociaux ou médiatiques qui peuvent être extrêmement coûteux, mais aussi de s’assurer les bonnes grâces de l’opinion interne (nous, les salariés) et externes (clients, presse, pouvoirs publics..).

C’est la logique du « triple bottom line » : la performance globale de l’organisation repose désormais non seulement sur la performance économique, mais aussi sur les performances environnementale et sociale (le fameux développement durable).

Après tout, on pourrait se satisfaire d’une telle logorrhée. Où est le mal ?

Le mot clé de tout le dispositif est le terme « éthique ». Pourquoi ne pas se féliciter de ce que certains considèrent comme une prise de conscience de la part des acteurs économiques de l’importance de préserver l’environnement naturel et social dans lequel ils agissent ?

Le problème est que l’éthique vue par le système Auchan est progressivement devenue un enjeu commercial comme les autres, perdant ainsi sa légitimité à conduire les affaires dans le sens du Bien commun, c’est à-dire indépendamment des résultats économiques et du pouvoir qui sont le propre du monde patronal.

Pour Auchan, l’éthique paye ! Et les retours escomptés de la bonne conduite (réelle ou affichée) de l’entreprise viendront rentabiliser les investissements consentis en la matière.

Dans ce cadre, l’effet d’annonce est tout aussi important que l’annonce elle-même. On « fait » de l’éthique un peu comme on « fait » de la publicité.

Elle se vend bien et elle permet d’attirer l’attention du grand public.

Les discours de nos Dirigeants visent à obtenir notre assentiment. Les phrases employées sont toujours courtes : elles ont comme but de donner du rythme aux discours et de nous maintenir éveillés. Quant aux verbes qui jalonnent ces réquisitions, ce sont systématiquement des verbes modaux (vouloir, falloir, devoir) afin de marquer le dynamisme et le volontarisme de ces personnages.

Mais une fois le discours terminé, le communiqué de presse lu, qu’en est-il de leurs actions et des conséquences pour l’entreprise qu’ils sont sensés diriger ?

Nous touchons là encore une fois ce tropisme qui consiste à avouer que le réel n’a pas eu lieu, mais qu’à sa place, il n’y a qu’enchantement. Autrement dit, cette passion furieuse pour les idées et les discours, les concepts et les abstractions (comme EuropaCity, un parc d’abstractions…) au détriment de la réalité, cette religion de l’idéal sans souci du réel, ce goût des discours dont on pense qu’ils sont plus vrais que le monde qu’ils sont censés dire.

Don Quichotte et avec lui les Princes qui nous gouvernent s’avèrent être des Platoniciens emblématiques pour lesquels l’idée qui dit le monde est plus vraie que le monde dit par cette idée.

Si le chevalier errant voit des géants, nos dirigeants eux, voient des lendemains qui chantent.

Vous nous direz : en 1975 Philippe Bruneau a bien écrit une pièce intitulée : « Elle voit des nains partout »…

Ils persisteront à nous dire que leur vision est plus juste que ce que nous voyons au quotidien.

La folie du héros de Cervantès trouve son origine dans cette façon de penser, voir, faire et dire : croire plus vraie son idée que ce que le réel montre. Une maladie qui afflige nos Dirigeants et qui les rend sourds et aveugles à la réalité de ce qui leur arrive… Et nous avec !

lls prennent l’étiolement de leur âme pour de l’humanisme et de la générosité.

                                                                                                                                            Stendhal

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

 

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