Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Perspectives pour l’Europe en 2017

Chers Camarades, chers collègues, 

Vous avez été extrêmement nombreux à nous questionner sur les perspectives de l’Europe en 2017. L’objet de ce Post est de proposer une synthèse de la situation considérée à partir des trois fondamentaux de la puissance que sont la population, l’économie et la dimension stratégique.

Nous avons fêtés en Mars 2017, le soixantième anniversaire du Traité de Rome. Après six décennies de construction européenne et sept élargissements successifs, le référendum consultatif du 23 Juin 2016 au sujet de la sortie du Royaume-Uni de l’UE marque une rupture.

De notre point de vue, l’Europe communautaire s’est construite à l’envers, en commençant par le technico-administratif, pour contourner le politique qui revient comme un boomerang.

En effet, au lendemain de l’intégration de dix nouveaux pays en 2004, le mouvement a engendré une « fatigue des élargissements ». En fait, depuis longtemps déjà, le soubassement politique de la construction européenne s’effrite. En témoigne l’augmentation de l’abstention aux élections pour le Parlement européen. Celle-ci passe de 38,01 % des inscrits en 1979 à 56,92 % en 2009. En 2014, le Parlement européen élu l’est par moins de 50 % des inscrits.

Ce scrutin se traduit par la percée des partis eurosceptiques, voire europhobes, notamment au Royaume-Uni, au Danemark, en France et en Italie. Depuis 2008, la crise économique et financière s’étant ajoutée aux doutes antérieurs, le soutien des opinions publiques au projet européen s’effrite progressivement. Déjà, au début des années 1990, le traité de Maastricht était passé de peu. En 2005, la France et les Pays-Bas ont donné un coup de frein avec le « non » au projet d’une Constitution dans l’UE. Celui-ci a été néanmoins contourné par le Traité de Lisbonne en 2007…

En Juin 2016, les électeurs du Royaume-Uni, et plus particulièrement d’Angleterre et du Pays de Galles, ont voté pour la sortie de l’UE.

Nous allons donc tenter de répondre à la question que vous nous posez en observant pourquoi le « Brexit » viendrait accentuer des forces profondes qui pèsent déjà en faveur d’un effacement relatif de l’Union européenne.

  1. La population

Alors que l’espace UE-28 représentait 13,3 % de la population mondiale en 1960, l’UE-28 compte pour seulement 6,9 % de la population de la planète en 2015. L’UE reste nettement moins peuplée que les grandes puissances Asiatiques que sont la Chine (1,37 milliard d’habitants) et l’Inde (1,31) en 2015. Surtout, c’est à un amoindrissement du poids relatif de l’UE par rapport au reste du monde auquel nous assistons.

Gérard-François Dumont définit « L’Hiver démographique comme la situation d’un pays  où la fécondité est nettement et durablement en-dessous du seuil de remplacement des générations ». Toutes choses égales par ailleurs, en 2050, l’UE pèserait entre 4 et 4,5 % de la population mondiale.

Cette dynamique démographique, marquée par le vieillissement et le dépeuplement, ne saurait rester sans effets sur la population active et la charge des inactifs, sans parler de l’innovation et de la compétitivité.

  1. Un recul économique

L’affaissement du poids économique relatif de l’UE (A) et la dégradation relative des facteurs de production (B) seront accentués par le « Brexit » (C).

 A. L’affaissement du poids économique relatif de l’Union européenne. L’UE constitue un marché intérieur important. Son produit intérieur brut (PIB) en parité de pouvoir d’achat (PPA), s’est élevé en 2016 à 19 748 Milliards de dollars quant celui des deux autres principales puissances économiques de la Triade restait inférieur : Etats-Unis, 18 558 milliards de dollars et Japon, 4 901. Cependant, la Chine s’est positionnée à 20 853 milliards de dollars, c’est-à-dire au premier rang mondial, devant l’UE et les Etats-Unis d’Amérique.

De 1980 à 2015, la part de l’espace UE-28 dans la production mondiale en PPA a reculé de 31,2 % à 18,3 %.

  1. La dégradation relative des facteurs de production. Les perspectives sont encore assombries si l’on considère les deux principaux facteurs de production : le travail et le capital. En premier lieu, la part de l’espace UE-28 dans l’investissement mondial n’a cessé de reculer depuis 1980. Alors qu’à cette date, l’UE pesait 30,1 % de l’investissement mondial, il n’en représente plus que 12,7 % en 2015. En revanche, le groupe Brésil-Inde-Chine qui représentait 9,9 % compte désormais pour 39 %, soit une multiplication par quatre, largement supérieure à l’accroissement du poids relatif de ces Etats dans l’économie mondiale.

En second lieu, le facteur travail évolue différemment selon les espaces considérés. Depuis 2000, le chômage au sein de l’ensemble européen n’a jamais été inférieur à 7% selon le FMI. Il s’établit en moyenne à près de 9% pour la période 2000-2013, alors que la moyenne sur la même période est de 6,4 % pour les Etats-Unis et de 4,7 % pour le Japon. Même en période de croissance économique, l’UE est la région du monde qui peine le plus à inverser la courbe du chômage. Le couple chômage de masse/chômage de longue durée qui semble en passe de s’y installer fait craindre de voir une partie de la population active européenne devenir difficilement employable, ce qui risque d’affecter durablement la capacité productive de la zone, en synergie avec les effets du vieillissement déjà mentionnés.

Pour nous, salariés du Système Auchan, il est à craindre que la combinaison d’un affaissement de la part productive de l’UE dans le monde avec l’état et les perspectives des deux facteurs de production conduise à une aggravation de cette dynamique.

 Dans ce contexte, quels seront les effets du « Brexit » ?

  1. Le Brexit accentue le déclassement de l’UE. Le Royaume-uni représente 14 % du PIB de l’UE. Celle-ci ne représentera plus en 2017 que 15,2 % du PIB mondial en PPA. Un affaiblissement considérable, notamment par rapport à la Chine et aux Etats-Unis. Le niveau de vie du Royaume-Uni étant supérieur de 10 points de pourcentage à la moyenne de l’UE, la richesse par habitant de l’UE sans le Royaume-Uni sera de 2 % inférieure par rapport à la configuration à 28 Etats membres.

Et qu’en est-il pour la dimension stratégique ?

III. Abandon ou rebond stratégique ?

Au-delà des effets d’annonce, s’il nous faut intégrer les contraintes psychologiques et budgétaires (A), il apparaît que les trois puissances militaires européennes sont engagées dans un vaste programme de réarmement (B).

  1. Les contraintes de la Gouvernance Européenne. Le nombre de soldats européens engagés dans les opérations militaires communautaires demeure extrêmement modeste : entre 400 et 7 000 selon les missions et les périodes, soit très en dessous de l’objectif de 60 000 hommes annoncé en 1999, lors du Conseil européen d’Helsinki. Actuellement, les missions opérationnelles de L’UE manquent encore de ressources humaines et techniques, mais surtout de volonté politique.

Bien sûr, l’UE dispose depuis 2009 du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dirigé par un haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Mais les traités encadrent très strictement ses attributions, afin d’empêcher ses empiètement sur les prérogatives souveraines des Etats.

Il nous faut également intégrer le rôle de l’OTAN qui empêche l’UE de s’affirmer de manière autonome sur la scène stratégique. 22 des 28 Etats membres de l’UE font partie de la première alliance stratégique du monde. L’OTAN, forte de ses élargissements de 1999, 2004 et 2009 à des pays précédemment membres du Pacte de Varsovie, est réputée avoir gagné la Guerre froide et l’après-Guerre froide. Les traités de Maastricht et de Lisbonne ont placé la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) puis la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) sous une forme de quasi-tutelle de l’Alliance atlantique. Il semblerait que toute initiative européenne en matière de défense nous soit aujourd’hui interdite.

Les contraintes psychologiques et budgétaires. A l’issue de deux guerres mondiales, la construction européenne a été portée par une forme de renoncement à la puissance militaire, d’abord entre pays membres, puis par rapport au reste du monde. En aspirant à une forme de « paix perpétuelle » entre ses membres, l’Union s’est conçue comme un « soft power ». Aussi, a-t-elle longtemps refusé de concevoir la planète comme le font les Etats, en désignant l’ennemi et en définissant une véritable stratégie. L’UE porte en elle une forme de renoncement volontaire à toute politique de puissance. La promotion d’un multilatéralisme ambigu fait office d’alibi devant cette tendance lourde à l’impuissance.

Que survienne un conflit à ses frontières, l’Union européenne débute le plus souvent par des discussions interminables avant d’aboutir tardivement à une déclaration qui se réduit généralement au plus petit commun dénominateur. En général, tout le monde espère que Washington saura intervenir en lieu et place…

Enfin, la crise économique de 2008 a accéléré la réduction des budgets de défense des Etats membres, globalement amputés de 10 % entre 2010 et 2013. Seul, le Royaume-Uni atteint encore en 2015 l’objectif de 2 % du PIB consacrés à la défense (hors pensions). Cinq membres, dont la France, y consacrent entre 1,5 et  moins de 2 %. Sept Etats y consacrent entre 1 et 1,5 % dont l’Allemagne avec 1,1 %. Les industries européennes délaissent de plus en plus la fabrication de matériels d’armement pour privilégier les produits civils, au risque de perdre des savoir-faire et des filières d’excellence. Si la tendance se poursuit, les Etats membres en seront réduits à acheter du matériel américain N-1 « sur étagère ». Ce qui ne sera pas pour déplaire au complexe militaro-industriel des Etats-Unis.

  1. 2017 : le rebond ? Face au comportement russe en Ukraine (2014), plusieurs pays d’Europe de l’Est poussent leur budget de défense – il est vrai fort maigre – à la hausse : Lituanie, Pologne, Estonie et Lettonie. Par ailleurs, après de sévères coupes, les trois principales puissances militaires – Royaume-Uni, France et Allemagne – sont engagées dans un programme de réinvestissement militaire sur plusieurs années.

En France, la menace terroriste a conduit le Chef de L’Etat à cesser de tailler dans les moyens de défense. Durant l’été 2016, l’Allemagne a annoncé son intention de porter l’effort de défense aux alentours de 2 %. Il faudra vérifier si cette annonce sera suivie d’effets.

Le 8 mars 2015, sur fond de crise Ukrainienne, le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, reprend l’idée de la création d’une armée européenne afin de crédibiliser la politique extérieure de l’UE, jugeant par ailleurs qu’à l’heure actuelle, « une horde de poules est une formation de combat rapprochée comparée à la politique étrangère et de sécurité de l’UE ».

CONCLUSION SUR LA SITUATION DE L’UE

 Bien avant le « Brexit », l’UE était déjà engagée dans une dynamique d’effacement relatif, dans des proportions très significatives dont nous n’avons généralement pas conscience. Force est de reconnaître que l’Union-européenne est en phase d’effacement sur la scène internationale. Les indicateurs démographiques, économiques et stratégiques attestent tous de ce recul progressif.

C’est le même processus de décomposition qui menace Groupe Auchan.

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Les trois défis qui menacent  Auchan Retail

Groupe Auchan est entré depuis ces dernières années dans un très dangereux cycle qui le frappe durement et menace sa pérennité. L’équation  mortelle pour Auchan est très simple : nous consommons de plus en plus de capitaux pour faire de moins en moins de résultats. Cette perte de vitalité et de compétitivité met Auchan en situation défensive : nous avons perdus l’initiative et sommes obligés à présent de subir les coups extrêmement puissants de la concurrence.

Il existe trois menaces fondamentales qui posent la question de la survie de Groupe Auchan dans sa forme actuelle : Le contexte macro-économique (A), la défi franco-français (B), et la crise de légitimité (C).

  1. Le contexte macro-économique

 Groupe Auchan est en situation extrêmement périlleuse sur la Zone Euro. Cela se déduit en partie de notre analyse. Les actionnaires familiaux ont joués à fond la carte de la mondialisation. Mais avaient-ils songés que cette dernière pourrait un jour être fortement remise en cause par les Peuples désireux de retrouver leur souveraineté ? Et si Gérard Mulliez plastronne sur le Vasco de Gama, a-t-il pris en considération l’impact dramatique des 200 000 containers en provenance de l’autre bout du monde qui ont détruit des centaines de milliers d’emplois en France ? Tout affairés qu’ils sont à se fabriquer de confortables revenus qu’ils mettent bien au chaud à Néchin, les Mulliez ont oubliés  les chômeurs et les pauvres qu’ils ont fabriqués et qui ne peuvent plus venir consommer dans leurs magasins. Eux, les pauvres, ils fréquentent Lidl et LeclercLénine a eu cette formule qui s’applique parfaitement bien à la situation : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons ».

 Si le contexte macro-économique est devenu anxiogène pour Auchan Retail, les Princes qui nous gouvernent nous ont emmenés droit dans le mur avec leurs politiques catastrophiques menées en France.

  1. Auchan France en passe de se faire sortir du marché intérieur

Mois après mois, année après année, c’est maintenant la même plainte qui monte du Système Auchan. Les mêmes lamentations qui ont pour conséquence de mettre les équipes en situation de stress permanent et d’inquiétude pour l’avenir des familles. Le CA est en régression constante, le Cash suit la même tendance, sauvé in-extremis en 2016 par une baisse spectaculaire de la dynamique promotionnelle et un positionnement prix qui ont eu pour effet d’accélérer la baisse du chiffre.

C’est ce que William a traduit par cette innovation impressionnante : « Nous allons nous désintoxiquer de la promotion ». On a encore vu en Avril les résultats de cette brillante stratégie. Auchan France est à – 3% en CA sur les quatre premiers mois de 2017…

La question centrale de l’effondrement de la compétitivité de Auchan France sur un marché devenu ultra-concurrentiel nous a complétement laminés : ce sont les Leclerc, Lidl, la proximité de Carrefour, le web-commerce et l’appétence des Français pour les circuits courts qui font la course en tête. Les récentes rumeurs d’une possible cession des Hypermarchés Auchan dores et déjà condamnés n’ont pas été démenties. Et les orientations données par le Golden Boy pour les bidules comme EuropaCity traduisent bien les intentions des actionnaires familiaux.

On peut se demander légitimement pourquoi et comment nous en sommes arrivés là. La réponse se trouve dans cette crise de légitimité que traverse le Système Auchan.

Les Mulliez ont jetés l’éponge sur l’opérationnel

Après le départ du Président Fondateur, c’est Arnaud Mulliez qui prend la présidence du Conseil de surveillance Auchan France. Avec son Directeur Général, ils ont pour ambition de « moderniser » l’entreprise en la faisant bénéficier de politiques novatrices et audacieuses comme les Flash-mobs obligatoires, le matraquage sur la mixité, les p’tits choux pops et toutes les clowneries que les salariés ont du subir avec les brillants résultats que l’on connaît. Conséquences : le fils prodigue autrement connu sous l’appellation de « Papa m’a dit » quitte brutalement l’entreprise pour se consacrer à un « projet personnel… ». D’après nos informations, il bûcherait sur la mis en place d’ateliers d’entretien pour carburateurs… Quelque temps après, c’est le spécialiste du Poulet boucané qui est expédié en Chine afin de s’initier aux vertiges du rouleau de printemps et du canard laqué…

En Mars 2017, on apprend que le Golden Boy est remercié pour sa brillante intuition d’un mariage forcé avec Système U. Heureusement pour ces indépendants qui ont renoués avec la croissance, que les Patrons d’Hypermarchés U se sont fermement opposés à ce qui les aurait ruinés.

La très grave crise interne que traverse l’AFM, amplifiée par les affaires d’optimisation fiscale traduit la fin d’une machinerie qui pratique l’endogamie à outrance. Plutôt que de s’acharner à vouloir ressusciter un modèle condamné pour inadaptation  aux conditions actuelles du marché, les Princes qui nous gouvernent auraient mieux fait d’apporter les réponses commerciales, managériales, logistique aux défis que nous devons relever. Afin de maintenir l’entreprise en capacité d’assurer sa pérennité.

Manifestement, c’était trop difficile pour eux….

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

  • FO Auchan le Pontet et Vaucluse les lanceurs d’alertes.

 

 

 

 

 

 

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