Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

Par-delà le taf et la teuf !

Chers Camarades, chers Collègues,

Quand nous ne travaillons plus pour une œuvre, mais pour un salaire, notre vie se morcelle ainsi qu’une marchandise sur la chaîne de montage.

De là l’exigence éprouvante du Système Auchan de s’éclater au taf et de consciencieusement s’éparpiller en teuf.

Le travail et la fête se dégradent ensemble. On ne fête bien que là où l’on a bien travaillé. Mais qu’est-ce que bien travailler ? Comment peut-on faire « du bon boulot », en avoir le désir, en éprouver de la fierté ?

L’aliénation au travail au sein du Système Auchan ne réside pas uniquement du côté du Programme Compétitivité, Voice Picking ou autres Caisses Automatiques c’est à dire de l’organisation mécanique de notre existence (la Cybernétique chère au cœur du Docteur Mabuse), mais de la parcellisation de celui-ci.

Marx le soulignait avec force : « C’est le salariat qui est l’organisation bourgeoise actuellement existante du travail. Sans lui, point de Capital… ».

Il est intéressant d’observer que le « salaire » désigne à l’origine une ration de sel fournie aux soldats de l’Empire Romain qui était nécessaire aux conserves qui leur permettaient d’emporter des nourritures dans leurs expéditions. Il suppose donc l’éloignement de toute demeure, la vie des camps et la lutte soit pour la conquête soit pour la survie.

 Pour nous FO Auchan le Pontet, l’œuvre est la signature d’un ouvrage utile à la Création c’est-à-dire à la célébration de la vie malgré l’injustice, la souffrance et la mort.

De quel ordre sont ces activités qui ne sont pas à proprement parler du travail, mais qui sont bonnes en elles-mêmes ? Elles convergent toutes au sein de la vraie fête. Il s’agit de la poésie, de la pensée, de la peinture, du chant, de la danse, de tous les arts jusqu’à l’architecture, qui sont assumés et transfigurés dans la liturgie avec le pain et le vin de la vie quotidienne.

Les Princes grecs et romains n’ignoraient pas que seuls un Pindare ou un Virgile pouvaient donner sens et mémoire aux travaux d’Hercule.

Où l’on comprend le ridicule de ces Flashmobs ordonnés par nos Maitres qui étaient sensés créer « du lien social », visible par les clients et fédérateur pour les équipes. La bonne blague !

Regardez attentivement par exemple cette vidéo du Flashmob de Auchan le Pontet en date du 21 Mai 2011 : au-delà des sourires, ne voyez-vous pas cette parfaite similitude avec le film de Alan Parker « The Wall », mis en musique par Pink Floyd ?

Il est frais mon poisson, proclamait un ravi de la crèche en se trémoussant. Gageons que son enthousiasme doit-être beaucoup moins festif depuis qu’il s’est fait dessouder son ValAuchan.

Car pendant que l’ensemble d’Auchan France se consacrait à la danse du ventre, nos concurrents eux, se consacraient à leur métier et à leurs clients. On connaît la suite…

Que nous disent ces Flashmobs sur la véritable nature du Système Auchan ?

La schizophrénie de cette abomination y est vue par nous les salariés, en focalisation interne. L’effroi naît de cet enfermement dans un monde dédié à notre exploitation. Les Princes qui nous gouvernent ont réussis l’exploit de nous faire participer activement à notre propre aliénation.

Dans The Wall, la réification de l’esprit et du savoir, qui est un des marqueurs du Système Auchan, est symbolisée par une sorte de masque uniforme recouvrant les visages des personnages comme dans Another Brick in the Wall. Tout comme les élèves soumis qui passent sur un tapis roulant industriel pour finir en une masse homogène et uniforme, les salariés du Système Auchan sont poussés à une sorte de fuite en avant dans la danse du ventre. Nous finissons coincés derrière un mur qui n’est que la métaphore des contradictions insupportables d’une entreprise à la dérive.

Ce mur nous étouffe et nous conduit, pour certains, jusqu’aux portes du désespoir.

Les deux marteaux croisés, symboles de la folie de Pink, font appel à 1984 de Georges Orwell. En effet, lorsque les spectateurs du show acclament Pink et montrent leur ralliement, ils croisent les bras devant eux, retournés, les poings fermés, ce qui fait penser au même geste de ralliement à Big Brother dans l’œuvre d’Orwell.

Cette symbolique de l’aliénation des foules, nous pouvons exactement la retrouver dans ces défilés grotesques et ridicules que sont les Flashmobs du Système Auchan. L’attitude suiveuse et fanatique pour les Princes qui nous gouvernent ressemble étrangement à ces défilés de marteaux croisés. Et la gestuelle de la foule est exactement semblable à ce qui se passait lors des grands rassemblements de Nuremberg…

 Telle est la rançon du productivisme. Lorsque le salarié du Système Auchan n’est plus inspiré par une œuvre visible et qui a du sens, il finit par se décourager et met ainsi la production en péril. Il ne peut plus avoir le goût du travail bien fait ; dès lors, il cherche « à tirer son épingle du jeu ». Après tout, l’ex « collaborateur-associé », comme ils disent, vise un salaire et un standing. Non une œuvre qui en vaut la peine et qui donne du sens à sa vie…

Cette perversion salariale du Système Auchan explique deux phénomènes : la multiplication des organes d’ « Audit » et le matraquage sur la « Culture d’entreprise » et ses « Valeurs… ». Il leur faut sans cesse contrôler notre travail et forger l’impression qu’on appartient à une même « famille », celle de la magnifique marque Auchan à la conquête du monde….

Le Team-Building creuse le vide qu’il s’efforce de dissimuler. Le management s’efforce en vain de remonter le moral des troupes qui n’ont plus aucun cœur à l’ouvrage. Quant à l’ « éthique », avec ses grands discours sur le devoir de « mettre la personne au cœur de l’entreprise… », elle n’est que cosmétique dont on maquille la mutilation des salariés pour les empêcher de se mettre à égorger leurs prochains.

La décapitation devenant le dernier refuge du travail manuel bien fait.

Ce qui nous travaille

« Etendre les limites de l’empire des hommes sur la nature entière pour exécuter tout ce qui est possible » : tel est le but avoué de l’humanité dans La Nouvelle Atlantide, utopie imaginée par Francis Bacon en 1624.

Quatre cent ans plus tard, on en est toujours là : des OGM au Rana Plaza, de la Cybernétique aux Caisses Automatiques, le Système Auchan n’a de cesse de vouloir soumettre la nature à ses fantasmes, quelles qu’en soient les conséquences sociales ou environnementales.

Un seul objectif : enrichir sans cesse nos amis les Belges. A n’importe quel prix !

L’idée de progrès véhiculée par le Système Auchan n’est qu’affaire de domination, de puissance technique indéfiniment accrue. Comme si le pauvre monde n’était qu’une masse informe à exploiter sans vergogne.

Comme si au fond, le bonheur n’était pas là, a portée de main, mais ailleurs –toujours plus loin – uniquement accessible à ceux et celles qui s’adaptent et se soumettent. Aux Winners du Système Auchan, les flexibles, malléables et autres compétitifs. Malheur aux lents, mort aux retardataires ! Honte aux demeurés qui préfèrent leur enclos à l’Univers, les repères du familier aux vertiges de l’inconnu.

Obsolescence programmée, destruction créatrice et panique identitaire : le changement est à ce prix. « Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne », entendait-on en 1830.

« Adaptez-vous aux exigences du marché globalisé », nous répètent sans-cesse les Princes qui nous gouvernent. Que voulez-vous, rien n’est gratuit : il faut bien rentabiliser !

Car aux Jeux Olympiques du Cash, il ne suffit pas de participer. Tous les coups sont permis : il faut vaincre pour vivre, vivre pour vaincre. Le spectateur de cette abomination, quant à lui, a le choix : payer ou disparaître, consommer ou crever.

En exaltant leur toute-puissance financière fondée sur notre asservissement, ce sont nos propres conditions d’existence que maintenant ils menacent. Les scandaleuses et ignobles affaires de nos sœurs en souffrance leur ont retiré toute légitimité !

Ils peuvent essayer de faire taire les réfractaires, les sans-dents, nous culpabiliser de vouloir vivre à notre façon ; les Princes qui nous gouvernent se heurteront toujours au mur de la réalité.

Non, tout ce qui est imaginable n’est pas possible et tout ce qui est possible n’est pas souhaitable. Le Capitalisme ne sera jamais éthique ou durable, ni la réalité virtuelle. Répandre ces fables, c’est contribuer à transformer l’incroyable créativité humaine en grossière machine à fric.

Comment s’étonner dès lors que le travail perde du sens, individuellement et collectivement ?

Et qu’à la fierté de l’œuvre accomplie se substitue si souvent l’absurdité d’emplois pour ainsi dire fictifs ?

Métro, Boulot, Conso ! Jusqu’ici, ils ont réussi à préserver l’essentiel pour eux. Mais à quel prix et pour combien de temps encore ?

Car ce ne sont plus seulement les salariés du Système Auchan qui risquent le Burn-out, mais nos sociétés et la planète elle-même.

Cette publication est la première d’une étude qui se propose d’interroger le travail dans sa complexité. Que signifie-t-il ? Quelle en est la généalogie ? Et quelle réalité pour le travail du Dimanche ? Sans oublier la bureaucratisation dont la finalité est que la masse des salariés ne recourt pas à son propre jugement ou discernement, mais applique bêtement des procédures.

Face aux défis de cette année 2017 à hauts-risques, nous allons étoffer notre Blog afin de mieux vous faire entendre la voix de la dissidence. Par des informations très précises sur le combat syndical que nous livrons au Pontet et des analyses de fond qui vous donnent les clés de compréhension de cette abomination, nous continuerons à tracer la piste d’un Syndicalisme responsable et solidaire.

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SEIMPRE

 

  • FO Auchan le Pontet les lanceurs d’alertes.

Soutien au TPE

Merci a Antenne FO pour la Video.

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