Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

Ne pas me contenter de ce que je crois comprendre : une alternative au récit Néolibéral.

Chers Camarades, chers Collègues,

FO Auchan Le Pontet appelle l’ensemble des salariés du Système Auchan à résister avec détermination aux orientations de la Nouvelle Gouvernance qui n’ont qu’un objectif et un seul : maximiser le retour sur investissement de l’Organisation.

A partir de ce constat, la question est simple : « Face à l’injonction de la rentabilité immédiate, face à la pression de Néchin, comment faire de l’entreprise une communauté d’hommes et de femmes tournées vers de la création de valeur qui soit utile à la société ? ».

 En tant qu’Organisation Syndicale responsable, nous faisons des propositions utiles à l’entreprise et qui sont gages d’une meilleure appréciation par les équipes du sens de leur travail.

Redéfinir la légitimité des managers à partir d’une expérience du travail réel qu’ils ont à gérer : recomposer les organisations pour davantage de subsidiarité : faire participer les salariés aux instances de Gouvernance.

On fait communauté lorsqu’on reconnaît la place centrale du travail dans la constitution du lien social.

C’est particulièrement vrai pour le Système Auchan qui s’est engagé dans une très dangereuse dérive bureaucratique sous prétexte d’ « Optimiser » la masse salariale.

La fin du discours dénonciateur du Système Auchan

La conviction qu’il n’y a pas d’alternative (TINA), le sentiment d’être du bon côté moralement et d’avoir toutes les sortes de raisons pour soi ne poussent ni à la curiosité intellectuelle, ni à la remise en question.

La bien-pensance engendre assez mécaniquement la crétinisation.

Indépendamment même de l’intérêt primaire de classe, il est frappant de constater comment des gens par ailleurs techniquement remarquables peuvent être aveugles à des réalités massives qui sautent aux yeux des analphabètes.

Le Système Auchan a vu se déployer en son sein une idéologie d’une prégnance d’autant plus considérable qu’elle est discrète.

Aujourd’hui, la question est de savoir comment une Organisation toute molle, sans formes, peut prendre toutes les formes. La question est de savoir comment la soi-disant habileté des Princes qui nous gouvernent peut-être un supplétif au manque d’intelligence et de courage ?

Le triomphe de la démagogie est passager, mais les ruines, elles, sont éternelles…

On adhérait au marxisme-léninisme. Il fallait un acte de foi pour se convaincre qu’il était la science de l’histoire qui allait conduire l’humanité à son émancipation.

On n’adhère pas au Néo-libéralisme. On le respire avec l’air du temps. Et l’antidote est d’un maniement difficile. Le sens de l’être-en-société et de l’existence politique ne s’apprend pas à l’école.

Le pouvoir d’intimidation des discours dénonciateurs du Système Auchan recule incontestablement.

La crise institutionnelle que nous vivons correspond à une crise des démocraties occidentales et à une crise des peuples qui devraient en être les acteurs. C’est tout à fait vrai nous concernant lorsqu’on réalise la confiscation de notre expression démocratique au sein du CCE.

Le populisme n’est pas seulement le symptôme d’une crise de la politique et des systèmes partisans, il est plus profondément une crise du politique, c’est-à-dire de la structuration même des peuples. Une crise du « démos ».

La démocratie libérale correspond à la dérive qui conduit de la démocratie antique à la démocratie moderne, puis à la démocratie actuelle que certains auteurs qualifient de « post-politique ».

 Dans la démocratie libérale, la démocratie ne se définit pas à proprement parler par la souveraineté populaire, par l’attribution de la souveraineté au peuple, mais par une sorte d’état d’esprit valorisant à la fois l’égalité des conditions et l’indépendance d’individus se percevant eux-mêmes comme séparés les uns des autres. Sous l’influence du libéralisme, la démocratie vise à organiser la liberté des individus, non à faire décider le peuple.

 Dans une telle démocratie, le « démos » ne peut s’exprimer que par ses représentants et par des partis qui vont organiser la médiation entre le peuple et l’Etat. Exactement ce que pratiquent les Princes qui nous gouvernent en organisant la confiscation de notre expression démocratique.

Mais cette savante organisation est entrée dans une crise finale.

Né des compromis du Système Auchan, le clivage « syndicats  d’accompagnement » et « syndicats  contestataires » s’efface avec la chute de l’Empire. Seuls s’y cramponnent encore, pour des raisons d’habitude, de commodité, de paresse ou d’intérêt, ceux et celles qui n’ont pas compris que le monde a changé, et que les instruments conceptuels obsolètes ne leur permettent plus de poursuivre la légitimation de leur agissements. Les soi-disant « valeurs » d’Auchan ne sont que des cris de désespoir lancés à la face du pauvre monde.

Et pour dire les choses plus simplement, ces « valeurs » comme ils disent, représentent ce que Auchan n’a pas et souhaiterait avoir. En les proclamant à chaque instant, Auchan envoie un message à ses salariés. Faute de pouvoir obtenir ce qui est attendu, parce que l’entreprise ne sait pas comment l’obtenir, Auchan le demande dans une sorte de supplique quasi religieuse et unanimiste.

La déshérence qui caractérise la modernité en crise n’est que la traduction du caractère auto-destructeur de la civilisation libérale, qui engendre elle même ses propres contradictions.

Les jeunes générations (et pas qu’elles), témoignent de l’insatisfaction spirituelle qui gagne une part croissante de la population qui n’arrive plus à se contenter des mirages capitalistes de la consommation, du loisir et du sexe.

Il est évident qu’une société qui célèbre Cyril Hanouna, Maître Gims et David Guetta comme des modèles culturels et des icônes de la jeunesse peut difficilement espérer ne pas entraîner un certain nombre de réactions défensives de la part de personnes pour qui le sens de l’existence ne se résume pas à publier des selfies sur Instagram.

Nous précisons, à ce propos, qu’il n’est nul besoin de se réclamer d’une quelconque chapelle morale ou religieuse pour considérer que le culte permanent du corps et de la jouissance participe d’une conception très limitée de l’être humain et du sens de son être.

Nous croyons qu’il y a dans l’homme quelque chose qui a à voir avec ce que Kant appelle une « dignité », c’est-à-dire une valeur inconditionnelle et absolue, qui nous défend de nous traiter mutuellement comme de simples marchandises.

Produire des objets, sans détruire des hommes

« J’ai le sentiment surtout de m’être échappée d’un monde d’abstractions et de me trouver parmi des hommes réels ». Dans son Journal d’usine, Simone Weil relate son quotidien de découpeuse de presses chez Alstom, de manœuvre chez Carnaud et Forges, de fraiseuse chez Renault.

« Tant qu’on ne s’est pas mis du côté des opprimés pour sentir avec eux, on ne peut pas se rendre compte ».

Là, elle réalise. Les tâches à effectuer, les cadences à respecter, la souffrance physique, l’épuisement. La solitude devant l’ouvrage, la monotonie des gestes, la soumission totale aux ordres, interdisant la moindre initiative, la crainte de mal faire et l’angoisse d’être renvoyée.

« Pointer, s’habiller, sortir de l’usine, le corps vide de pensée, le cœur submergé de dégoût, de rage muette et par-dessus tout cela, un sentiment d’impuissance et de soumission ».

Pire que la douleur physique, il y a la négation de soi. « Le fait capital n’est pas la souffrance, mais l’humiliation ». Celle de travailler pour manger et de manger pour pouvoir travailler de nouveau.

Celle qui réduit l’homme, être désirant par essence, à un écureuil dans une cage.

 « Toute condition où l’on se trouve nécessairement dans la même situation au dernier jour d’une période d’un mois, d’un an, de vingt ans d’efforts qu’au premier jour a une ressemblance avec l’esclavage ».

L’existence dénuée de finalités et emplie de nécessités, l’existence pour l’existence est un mal : l’âme connaît alors l’horreur.

Pour Simone Weil, l’exploitation est contenue dans le capitalisme. L’ennemi, c’est d’abord et essentiellement « la production moderne », permise « par la naïve croyance en un progrès économique illimité » et par un progrès technique défaillant, entraînant la domination de l’homme par l’homme.

Dans ces conditions, que faire ?

Réhabiliter le travail réalisé en conscience, un « travail lucide ». Le travailleur doit prendre part à l’oeuvre réalisée : ne plus être le maillon remplaçable d’une chaîne dont on ne sait rien.

Le salarié doit savoir à quoi il sert, ce qu’il produit et dans quel but : ainsi, il pourra mobiliser son attention et se réaliser dans l’œuvre achevée.

Le pointage et la soumission constante aux ordres, jamais expliqués, doivent être supprimés.

L’avenir du salarié passe par la faculté de décider l’avenir de la production, de s’approprier les lieux et les machines.

Cela implique d’instaurer la coopération, la compréhension, et l’appréciation mutuelle. De s’intéresser davantage au travail réalisé qu’à l’objet fini.

La joie et la satisfaction de participer à un projet collectif doivent embellir le quotidien des travailleurs.

 

Encore faudrait-il que les Princes qui nous gouvernent aient à cœur non pas d’enrichir sans fin

nos amis les Belges, mais de ne pas détruire des hommes

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

  • FOAuchan le Pontet les lanceurs d’alertes.

1 Comment

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  1. Bonjour quelles sont les propositions d’auchan,et de fo pour les nao 2017 merci

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