Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Le Système Auchan et la question de la précarité. Partie II.

Chers Camarades, chers Collègues,

 

Chez Auchan, même si les CDI restent majoritaires, la part des CDD ne cesse de progresser, et le travail à temps complet et à durée indéterminée n’est déjà plus la forme « normale » du travail.

La notion de « travailleurs pauvres » correspond à cette montée de la précarité. En Angleterre, on les appelle « working poors », auxquels s’ajoutent les contrats « zéro heure » : on en compte aujourd’hui 1,4 millions. En Allemagne, depuis les réformes Hartz, on parle de « minijobs » (450 Euros par mois, sans cotisations et sans couverture sociale). En 2013, ces emplois représentaient 7 millions de travailleurs, soit près de 17% de la population allemande active.

Les conséquences psychologiques et sociales de la précarité

C’est d’abord un facteur de désocialisation. Au fur et à mesure que se multiplient les incertitudes sur l’avenir, les anciens repères se brouillent. Au fur et à mesure que la concurrence s’accentue, tous les autres membres de la société sont perçus comme des adversaires ou des rivaux.

Il existe également de lourdes conséquences en matière de santé pour ceux et celles qui subissent la précarité. En situation précaire, on n’a guère les moyens de se soigner. Mais c’est surtout la perte du sens du travail qui est source de misère. Nombreuses sont les études qui montrent les souffrances morales éprouvées par les salariés lorsque leur travail leur paraît inutile ou absurde, c’est à dire comme l’affirme Richard Sennett, « sans qualité ».

Dostoïevski disait « Si l’on voulait réduire un homme à néant, il suffirait de donner à son travail un caractère de complète inutilité, voire d’absurdité ». En Grande-Bretagne, plus d’un tiers de la population considère que son travail n’a aucun sens. En France, un tiers des habitants aimeraient changer de travail et 32 % d’entre eux se disent tentés par un métier manuel ou artisanal. Jean-Laurent Cassely, la révolte des premiers de la classe. Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines. Arkhè, Paris 2017.

Toutes les enquêtes concernant Auchan traduisent le même phénomène de rejet et d’entrée en dissidence. Les scandales incessants qui font la une des médias ont totalement décrédibilisés cette entreprise tellement attachée à son « image… ».

L’emploi précaire : une stratégie économique

Un travailleur précaire, surtout s’il est endetté, ne prendra pas le risque de s’engager dans une contestation sociale ou une action de solidarité. Il sera moins enclin à militer dans un syndicat, il sera plus vulnérable aux exigences de productivité, mais aussi aux chantages à l’emploi. C’est par exemple, ce qui le contraindra à accepter une baisse de salaire pour éviter la délocalisation de son entreprise. Ou bien encore, ce sont les sacrifices qui sont exigés des salariés frappés par le Plan Social Auchan.

Il pourra être plus efficacement assujetti aux contraintes de toutes sortes, à commencer par les contraintes temporelles qui le placent en situation d’urgence permanente. Alors même qu’il aura moins d’assurances par rapport à son avenir, contraint qu’il est de vivre au jour le jour, il se retrouvera  ainsi sommé de s’engager subjectivement de façon plus intense dans son travail.

C’est la raison pour laquelle proposer un emploi précaire est devenu une stratégie économique pour le Système Auchan, qui estime gagner ainsi en compétitivité et pouvoir s’adapter plus rapidement aux changements de conjoncture.

Le refrain mille fois répété du MEDEF est bien connu : « Plus on pourra licencier facilement, moins on hésitera à embaucher ». Comment expliquer alors que la précarité ait constamment progressé en même temps que le chômage ?

En 1932, Bertrand Russel écrit : « Les méthodes de production modernes ont rendu possibles le confort et la sécurité pour tous : à la place, nous avons choisis le surmenage pour les uns et la famine pour les autres ».

L’un des paradoxes du travail chez Auchan réside en effet dans ce constat qu’on essaye de « faire tourner la boutique » avec toujours moins de personnel, et que ceux qui travaillent doivent travailler toujours plus. D’où l’importance de HumaniA pour assurer le service après-vente de cette hécatombe. Voir Article Humanis. Il suffit de lire : tout y est dit. N’est-il pas clairement expliqué que « HumaniA vous prend en charge en cas de souffrance au travail ». Question : mais qui sont les bourreaux ?

Les Princes exigent de nous une exécution de travail de plus en plus intense : pour ce faire, ils ont équipés l’entreprise d’un immense réseau de capteurs permettant l’évaluation en temps réel des « mesures de performances » du personnel. En caisses, en rayons, en logistique, dans les services : tout est sous contrôle et mesuré afin de nourrir les « tableaux de bord » des Contrôleurs de gestion et autres Directeurs financier. De superbes après-midi consacrées à commenter les PowerPoint…

Le Président Fondateur avait cette formule cybernétique : « Tout ce qui s’observe et se mesure se transforme… ».

L’esclavage a trouvé dans le salariat un habillage juridique qui le

rend compatible avec les droits de l’homme

 

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HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

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