Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Le songe d’une nuit d’automne…

Nous avons entamé depuis quelques temps une série imaginaire et satyrique, en voici la suite.

 

Chers Camarades, chers Collègues,

 

Le front posé sur la vitre de la fenêtre, Francois contemple avec mélancolie les eaux du Rhône qui grondent le long des quais. Il ne pleut plus et un soleil pâle, mais conquérant, commence doucement à s’imposer sur Avignon.

Francois soupira longuement, comme accablé. Partout la décrue était annoncée et les inondations ne seraient bientôt plus qu’un vague souvenir. Les gens semblaient s’en réjouir sans se poser le moins du monde la seule véritable question, pourtant la plus cruciale, celle qui occupait l’esprit de Francois et le rendait si sombre et fébrile : de quoi allait-on bien pouvoir parler maintenant ?

Il avait compris qu’il n’y a pas de « crise économique » qui serait une situation temporaire et circonstancielle dont on pourrait, à plus ou moins long terme, « sortir » grâce à un certain nombre de « réformes » et de décisions managériales. La situation dans laquelle se débattait Auchan Retail, c’est-à-dire un long et douloureux effacement, c’est le régime normal, ordinaire, voulu, pensé, quotidiennement conforté et à vocation définitive de la tyrannie libérale.

En chiffres absolus, les Mulliez n’ont jamais été aussi riches, les échanges financiers et commerciaux n’ont jamais été aussi extraordinairement élevés, les fortunes plus obscènes, la masse d’argent plus gigantesque…

La précarisation et la paupérisation croissante de pans de plus en plus importants de la population salariée d’Auchan Retail ne sont nullement le fruit d’une quelconque pénurie, mais la conséquence logique et implacable d’un système d’accumulation et de prédation mondialisé.

La « crise » est en réalité le deuxième nom du  capitalisme financier. C’est un terme réservé aux classes moyennes et populaires, sensé leur faire accepter une « austérité » et un train de « mesures et de réformes » qui n’ont pour seule finalité que de renforcer l’organisation politico-économique qui les étrangle et les humilie.

Francois vit de plus en plus mal cette évidence : il est devenu l’instrument, le jouet d’exploiteurs et d’ogres financiers dont les fortunes insanes n’ont plus aucun lien défendable avec une quelconque « méritocratie ». Cette évidence lui fait à présent des nuits agitées. Il a saisit la véritable mission de PravdaLand : marteler l’idée selon laquelle, seule la voie  de la dérégulation et de la libéralisation peut mener à une amélioration du « bien-être général »…. Une propagande ignoble et déshonorante.

Ce sont les Thénardiers qui expliquent à Cosette qu’en travaillant deux heures de plus par jour, elle pourra peut-être avoir le droit à la même demie miche de pain dont se goinfrait sa Grand-mère qui a lamentablement scié la branche luxueuse sur laquelle elle était assise en se syndiquant et en refusant toutes les merveilleuses innovations du Système Auchan.

Francois vit de plus en plus mal l’obligation d’assumer le discours de la Direction Générale Auchan Retail qui continue à faire porter la responsabilité des difficultés de l’entreprise aux salariés. Manifestement, pense-t-il, nos dirigeants se trompent tragiquement de combat.

Car pour croire que les raisons de l’effondrement du Système Auchan, des pertes incessantes de part de marché, des scandales à n’en plus finir qui ont complètement démonétisé nos dirigeants sont à chercher du côté de la fantasmatique « paresse des salariés », leur supposée « démotivation » et leurs scandaleuses revendications sur le mode du « toujours plus », il faut être non seulement un imbécile, un complice, pour ne pas dire un salaud au sens où l’entend Jean-Paul Sartre.

Le problème central est celui de l’institutionnalisation de la violence au quotidien. Voir les cours de Michel Foucault au Collège de France : « Surveiller et punir ». Non pas bien sûr que Francois soit particulièrement déraisonnable, mais sa fonction l’oblige à faire sienne, à « naturaliser » comme disent les sociologues, cette lente dérive du capitalisme qui a fait muter les cadres normatifs et cognitifs de l’époque.

Au travers de l’évolution des pratiques quotidiennes du management, de nouveaux critères de jugement de la moralité des actes ont émergé et ont donné naissance à une définition nickel de ce qu’est la normalité des modes de pensée. Langue de bois, novlangue et politiquement correct à tous les étages.

Ce qui va permettre à Francois de survivre en attendant la retraite, c’est qu’il est une parfaite incarnation du Système dont il applique les règles à la lettre. Il fait preuve d’un sens du devoir et du respect des directives de la DG qui font de lui un être absolument conforme à ce qui est attendu de lui. Une vie professionnelle intégralement consacrée à l’enrichissement des Mulliez.

 

Il est un parfait agent du Système qui va organiser, sans affects,

le déploiement de la Vision 2025.

 

 

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

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