Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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L’Arrogance : un poison mortel pour le Système Auchan. Partie III.

Chers Camarades, chers Collègues,

 

La hantise de la chute sociale touche ceux qui sont conscients de n’être arrivés que récemment au niveau du haut duquel ils ont si peur de chuter.

Stendhal dans Le rouge et le noir, le montre en opposant le monde de la bourgeoisie de province et celui de la noblesse parisienne. La morgue du bourgeois, M. de Rênal, est décuplée par l’idée que d’autres, récemment enrichis, pourraient lui faire de l’ombre et il n’engage Julien comme précepteur de ses enfants qu’afin qu’ils en imposent en allant se promener en ville sous sa conduite.

L’envie et la rivalité font de l’arrogance une quasi-nécessité du jeu social car elle permet d’identifier le rang de chacun. Ainsi Julien refusant le cadeau d’argent offert en secret de son mari par Madame de Rênal, s’indigne : « Je suis petit, mais je ne suis pas bas ».

Monsieur de Rênal à son tour s’indignera plus encore du refus, rappelant à sa naïve épouse que « Tout ce qui n’est pas gentilhomme, qui vit chez vous et reçoit un salaire est un domestique » et doit donc se comporter comme tel, acceptant avec humilité et reconnaissance un cadeau.

La fonction sociale de l’arrogance chez Auchan

Roland Barthes souligne en quoi l’arrogance est faite de dogmatisme : « Je réunis sous le nom d’arrogance tous les gestes, toutes les paroles qui constituent des discours d’intimidation, de sujétion, de domination, d’assertion, de superbe qui se placent sous l’autorité, la garantie d’un dogmatisme et d’une demande qui ne pense pas, ne conçoit pas le désir de l’autre ». R. Barthes. Leçon inaugurale au Collège de France, Paris, Seuil, p.11.

Pour les Princes, le dogmatisme est naturel, tout autant que l’ignorance car il est là pour combler un vide de savoir véritable. Le processus de connaissance implique, en effet, que l’on admette pour vrai un ensemble d’énoncés qu’on n’aura jamais l’occasion de vérifier soi-même.

Pour Freud : « Toute heure passée sur les bancs de l’école en est remplie. Nous tenons donc pour exact ce qui nous a été donné pour tel et qui justifie cette prétention par des démarches cogitatives liées à l’observation et au raisonnement que nous serions en mesure de refaire si nous avons les compétences pour cela ». S. Freud. L’Avenir d’une illusion. Paris, PUF, 1971, p.36.

Ce qu’il faut comprendre : n’est dogmatique, arrogant, que celui qui, alors qu’il aurait les moyens de savoir autrement que par ces acquis non vérifiés, colle irréductiblement à ses certitudes, justifiant en cela leur caractère de présomption.

Deux cas en effet peuvent se présenter : la source de la connaissance relève de l’évidence ou bien de la preuve. On pourrait à bon droit arguer du fait que l’évidence est trompeuse ou que ce qui est évident pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre.

Le dogmatisme du Système Auchan est arrogant en ce qu’il s’arroge la vérité sans se donner la peine de la chercher.

Cette incapacité des Princes à comprendre le réel répond au besoin de certitudes qui se confond avec la quête de leur identité, processus complexe car il est, par définition, toujours à réajuster en fonction des modifications de l’environnement. Les traumatismes qu’ils subissent face à cette réalité qui se dérobe sous leurs pieds, correspondent à un véritable ébranlement très profond qui les pousse à ce que Freud appelait «  l’abandon sublimé à une idée abstraite ».

Par là-même, le système Auchan devient la victime d’une forme d’aliénation, atteint qu’ils sont par cet état de quiescence et de désir de ne plus rien avoir à désirer, mettant fin à tout questionnement, à toute recherche dans la conformité absolue entre la pensée et la chose.

Le Système Auchan saisi par un désir d’auto-aliénation

C’est la réduction minimale, voire absolue, du conflit entre le Je et ses idéaux.

Le processus cogitatif chez les Princes qui nous gouvernent est alors remplacé par la pure reprise en écho, laquelle est à son tour soumise à certaines règles destinées à empêcher de se représenter la situation d’aliénation.

Ainsi, Georges Orwell, dans 1984, montre comment la terreur est une interdiction concernant non seulement la pensée, mais surtout ce que le sujet pourrait penser du concept de terreur. Dans l’aliénation, le processus ne se réduit pas à l’inhibition, mais s’y ajoute une obligation d’orthodoxie impliquant non seulement l’empêchement de toute pensée (ce processus automatique et instinctif qu’Orwell appelle « arrêt du crime », en anglais « Angsoc »), mais aussi un usage délicat de la logique, sorte d’athlétisme de l’esprit pour lui permettre de produire certaines propositions en faisant abstraction des arguments logiques contradictoires.

Chez Auchan, ce processus complexe et soigneusement dissimulé vise non seulement à réduire le vocabulaire des salariés, mais également à opérer une véritable réinterprétation perpétuelle du passé en fonction du présent dans le but d’essayer de contrôler le futur.

Quelles en sont les modalités d’expression ? En s’appuyant sur un discours souvent à dimension religieux, de toute façon messianique, nos dirigeants essayent de nous apporter l’illusion que nous prenons place parmi les élus détenant une vérité, une « culture d’entreprise » qu’il faut imposer aux autres pour leur bien, leur discours idéologisé offrant l’immense avantage d’exclure toute cause de conflit identificatoire entre nous, les sujets, et eux, les maîtres.

L’auto-aliénation, nécessaire pour que le désir de la force aliénante puisse avoir quelque efficacité, se formulerait ainsi comme l’expression la plus parfaite d’un désir de mise à mort de leur propre pensée en vue d’un pouvoir absolu sur eux-mêmes et sur les autres.

Où on comprend cette révolte qui monte au cœur du Système Auchan car, face à un tel cynisme, une telle désinvolture, l’adhésion tranquille à un conformisme partagé (dormez braves gens, on veille sur vous…) et la soumission à leurs injonctions, s’opposent au plaisir que de plus en plus d’entre nous avons d’être entrés en dissidence.

Nous sommes là, mais ils ne parviennent à capter que 10 % de notre énergie et de notre capacité d’engagement. Ce qui leur pose d’insurmontables problèmes d’adhésion à leurs clowneries.

L’enrichissement sans fin des Mulliez comme seule destination…

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

  • FO Auchan le Pontet et Vaucluse les lanceurs d’alertes.

2 Comments

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  1. Salut le chė

    Très beau résumé qui aurait pU faire un bel accroché pour un article .
    D’ailleurs si tu le permets nous l’utiliserons.
    Amitiés syndicalistes

  2. Roland Barthez, dans sa leçon inaugurale, décrit très bien ce qui se passe. Une impression de puissance, de pouvoir de certains cadres fait en sorte qu’ils outrepassent leurs droits, prennent leurs salariés de haut, alors qu’il feraient mieux de regarder que c’est grace à ces mêmes salariés qu’ils sont là ou ils sont. Sans salariés ils n’existeraient même pas. Cela vaut aussi pour nos hauts dirigeants.si nous disons amen à tout ce qu’ils disent ou qu’ils veulent nous faire croire, tout va bien, si par malheur pour eux, ils tombent sur des personnes qui veulent en savoir plus et qui trouvent que dans ce qu’ils disent tout n’est pas forcément vrai, que l’on nous manipule, là, la relation changent. Pour nos chers dirigeants, le mouton leur va bien, l’abrutissement des salariés martelés par des discours donnés et répétés dans le magasin, secteur et rayon les impregnent d’informations qui sont loin d’être toujours vrai. Seule l’intelligence du salarié permet de faire la différence. Pour cela, il faut toujours avoir les deux sons de cloche, celui qui veut vous faire croire et celui qui sait. Après, lorsque l’on voit que nous sommes manipulés au niveau national par nos politiques, medias et autres, le mougeon ( moitié mouton, moitié pigeon) est en train de se rendre compte de ce qui se passe, enfin je l’espère pour eux car il pourrait avoir de grosses surprises d’ici peu. La politique menée par nos dirigeants et nos politiques sont exactement la même à moindre echelle … quoique…
    Pensez toujours que pendant que nous galerons et que l’on nous fait croire que tout ne va pas pour le mieux, l’AFM se gavent.l’ideal, ce serait qu’ils mettent en place au plus haut niveau des commerciaux et non pas des financiers, ça irait surement mieux. Eux préfèrent rester sur des supressions de postes qui gangrène nos magasins et bientôt notre centrale.Si vous pensez que c’est en supprimant des postes que vous y arriverez, niveau chiffre d’affaire vous vous plantez, niveau profit vous avez tout bon, surtout avec les aides de l’état dont nous ne savons pas ce que vous en faite…
    L’expression que vous employez souvent c’est la transparence … alors allez y, parce que le fait de le dire ne veut pas dire que vous l’êtes…

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