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L’Arrogance : un poison mortel pour le Système Auchan. Partie II.

Chers Camarades, chers Collègues,

 Pour comprendre le caractère obsidional qui caractérise le comportement des Princes qui nous gouvernent, les recherches de Norbert Elias qui propose de constituer une nouvelle discipline, celle de la « psychologie historique » conçue sans relation directe aux grands individus historiques à la manière hégélienne et sans y voir non plus la conséquence des idéologies, sont très précieuses.

Proche de Max Weber, Norbert Elias identifie comme la question fondamentale de la sociologie de savoir «  de quelles manières et pour quelles raisons les hommes se lient entre eux et forment entre eux des groupes dynamiques spécifiques. » Son approche est pertinente pour la question de l’arrogance et notamment ce qu’il entend par « société de cour », c’est-à-dire, une société de cour royale ou princière et surtout organisée tout entière à partir d’elle. Norbert Elias. La société de cour. Flammarion 1985.

Société de cour et société du mépris

Norbert Elias montre que l’arrogance n’est pas le n’importe quoi de l’expression du « bon plaisir » en fonction du désir du moment mais, bien au contraire, la certitude de pouvoir et de devoir agir d’une manière qui conforte le groupe et celui autour duquel il est constitué. L’individu est devenu identifié à sa réalité sociale ou à celle qu’il brigue.

La société de cour en France prend naissance dans la deuxième moitié du XVII ème siècle à la cour de Louis XIV lorsque les chevaliers se transforment en « hommes de cour » c’est-à-dire en hommes dont l’existence sociale et même les revenus dépendent du Roi. Ils n’habitent plus dans leurs châteaux, mais à Versailles, dans cet immense palais qui est en fait un complexe de bâtiments fait pour abriter les nobles et leurs domestiques. En 1774, cela faisait 10 000 personnes !

Cette proximité voulue par Louis XIV va jusqu’à la promiscuité puisque toute la vie intime du Roi et de la Reine, les repas, les levers, les couchers et le reste sont théâtralisés et impliquent des charges précises dévolues aux différents nobles, comme par exemple de mettre ou enlever la chemise du Roi.

On est à l’opposé de la recherche de l’utilité pratique et tout doit servir symboliquement à démontrer le prestige. L’« étiquette » symbolise la répartition du pouvoir lequel n’appartient qu’au Roi, mais dont il délègue des bribes en utilisant les gestes de sa vie quotidienne, voire intime, pour accorder des distinctions, des faveurs voire pour manifester son mécontentement. Il ne s’agit pas en effet de la faveur d’un moment, mais de la constitution d’un ordre où la place de chacun est définie dans un équilibre à la fois clair et subtil où le risque majeur est de perdre sa place et donc son prestige, son identité.

 Où il est frappant de constater à ce stade de notre analyse, les analogies de cette « société de cour » avec les rites du Système Auchan. Qui a pu assister aux descentes de la DG dans les magasins verra immédiatement la corrélation. Poursuivons.

« Ridicule »

Le film de Patrice Lecomte sorti en Mai 1996, « Ridicule », montre bien les mécanismes de cette sinistre comédie. Ne plus prendre part au cérémonial aurait été l’équivalent d’un suicide social, une dégradation, une humiliation, une abdication. Ne pas s’y montrer adéquat était un risque énorme car la position hiérarchique du courtisan était fluctuante, toute amélioration de l’un entraînant la dégradation d’un autre et vice versa.

Seul un petit nombre de nobles vivant modestement pouvait parvenir à fonder leur identité sur autre chose que la position de courtisan. Les études scientifiques ou philosophiques, par exemple.

On y voit comment la noblesse, privée de son indépendance que Louis XIV en a fait sa cour à Versailles, s’est constituée en une micro société dont les objectifs majeurs sont le paraître et l’arrogance. On assiste à la mésaventure d’un jeune noble provincial, venu tenter de convaincre les ministres de Louis XIV d’assécher les marais de sa province infestée par les fièvres, et qui doit pour cela se créer des relations dans les salons en vue en se montrant bel esprit, ce à quoi il parvient assez bien tout d’abord. Mais, lors d’une chute provoquée par un rival dans un bal, il fait l’expérience de l’humiliation par le ridicule et surtout, il comprend l’impossibilité dans ce monde de courtisans où plus personne n’a d’indépendance, d’une relation qui ne se limite pas à la lutte pour écraser l’autre.

L’histoire est d’une extraordinaire modernité : elle illustre à merveille toutes ces situations que nous vivons chez Auchan où la sociabilité se résume dans la lutte pour se rapprocher de celui qui exerce un pouvoir absolu.

Dira-t-on pour autant que le Système Auchan est fondé sur une inter-reconnaissance ? En fait, plus qu’une équipe, une « dream team » comme ils disent, les Princes qui nous gouvernent constituent un groupe d’individus inter-connectés qui partagent le même espoir et les mêmes efforts pour être reconnus par les Actionnaires familiaux avec les avantages matériels que cela comporte.

C’est exactement le même processus qui est à l’œuvre au sein des DO et des magasins.

Contrairement au schéma Freudien de la relation au leader (Freud. Psychologie des masses et analyse du Moi, Paris, PUF 1991), la présence de l’autre ne renforce en rien l’attachement au Roi, car l’autre est un pur rival toujours susceptible de n’être favorisé qu’au détriment du voisin.

On verra un phénomène analogue autour du Chancelier du III ème Reich et de ses proches tandis que la foule pour qui ils demeurent inaccessibles et qu’ils n’appréhendent eux-mêmes que comme masse, ne connaît pas cette rivalité inter-individuelle.

Les Princes qui nous gouvernent ?

un couteau sans lame auquel il manque le manche

 

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