Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

La fin des haricots n’est pas terminée.

Chers Camarades, chers Collègues,

Ce qui menace le Système Auchan, ce n’est pas le réalisme, mais sa soumission aux mots d’ordre implacables dont celui-ci s’entoure pour ne jamais être moqué ni même examiné.

La ridiculisation de leur monde tel qu’il va est une nouvelle discipline qui consiste à faire rire de cet univers lamentable, dont le chaos s’équilibre entre carnavalisation et criminalisation hargneuse, entre festivisation et persécution. C’est la seule manière aujourd’hui, d’être rigoureusement réaliste.

 Il n’est d’ailleurs pas certain que nous possédions les instruments adéquats pour représenter, penser, explorer ce qu’il faudrait appeler d’un autre nom : le réel en phase terminale.

Le seul réel auquel ils se frottent encore émane des procès qu’ils réussissent à s’attirer. Ils cherchent censure à leur pied et la trouve sans peine.

Le monde réel ne se nantis pas ; il ne se privatise pas davantage. Il est remplacé à toute allure par l’éloge que les Princes qui nous gouvernent essayent d’en faire.

Et quand la réalité se trouve supplantée par son propre éloge, alors il leur faut transformer cet éloge en illusion comique.

Le Système Auchan qui se considère si proche de la perfection a toujours tenté de criminaliser ceux et celles qui osent contester, les hommes et les femmes qui ne veulent plus vivre à plat ventre.

Ce ne sont pas les discours et les gesticulations qui deviennent urgent : c’est faire surgir l’immense polichinellerie dévotieusement protégée de toute critique par tant de surveillants aux ordres et de rebelles en peau de toutou. Par exemple, les Idiots-Utiles et les Bouffons du Roi qui essayent de se présenter comme les dignes représentants des salariés alors qu’ils ne font que nous trahir du matin au soir.

Quand l’ensemble de la réalité se résume à l’apologie qui en est faite, c’est cette apologie démesurée qu’il faut dénoncer pour la faire percevoir telle qu’elle est, c’est-à-dire monstrueuse autant que risible.

Et lorsque nous faisons découvrir les formes quotidiennes et concrètes de cette apologie (les discours, proclamations, ambitions, communications et autres clowneries…), nous mettons en demeure le réel actuel d’avouer son ridicule sans fin.

Pour Auchan, la fiction dépasse la réalité. Elle a pris sur cette dernière une avance considérable qui ne peut être rattrapée que par une lente et patiente déconstruction.

Le n’importe quoi qui veut se faire passer pour le summum du sens ne peut être fidèlement dépeint ou représenté, qu’à travers la mise en scène de l’invraisemblance.

Que dirait Cervantès devant « MyAuchan, le magasin innovant et connecté qui change la vie au quotidien ? ». Que penserait Kafka égaré dans une galerie commerciale Immochan et qui assisterait à « Un Flashmob festif et dynamique ? ». Et que raconterait Balzac lorsqu’il apprendrait que « Weave Our Future lance l’assurance maladie au Bangladesh ? ».

  Qu’écriraient-ils tous, que verraient-ils, eux qui n’ont jamais eu le malheur comme nous d’être accompagnés par wiiGoo, le compagnon de course idéal ? C’est au milieu du vacarme forcené devenu notre cadre naturel que nous devons aujourd’hui tenter de survivre, coincés que nous sommes entre Lady Gaga et la propagande du Système Auchan….

Nous ne le saurons jamais, et leurs œuvres ne sont plus là que pour nous faire ressentir ce qui n’existe plus. Elles ne peuvent que nous encourager à devenir les dissidents d’une Organisation qui a perdue toute légitimité et qui se présente comme le souverain Bien.

Il a fallu du temps, dans le passé, pour délégitimer avec Tartuffe la fausse dévotion, pour rire avec Rabelais des autorités ecclésiastiques, pour transformer avec d’autres encore toutes les idylles en farce, toutes les illusions lyriques en vaudeville, tous les sermons et les prédications idéologiques en pitoyables pitrerie.

C’est l’objet même de nos publications : révéler ce qui est soigneusement occulté.

«  Vous avez des yeux, et vous ne voyez pas. Vous avez des oreilles, et vous n’entendez pas »

 

                                                                                                                                           Marc 8:18

 La leçon américaine de Donald Trump

Le concept sur lequel se sont construits le Marché commun européen puis la mondialisation des échanges a un nom : c’est « la loi des avantages comparatifs », définie au début du XIX ème siècle par l’économiste britannique David Ricardo, selon laquelle, dans un système de libre-échange, chaque pays qui se spécialise dans les productions où il est le plus efficace accroît sa richesse et celle de l’ensemble.

L’expérience européenne et la croissance mondiale de ces dernières années montrent suffisamment que cette loi est efficiente : elle permet de développer les échanges, donc la croissance globale, mais elle ne garantit pas une répartition équilibrée des fruits de cette croissance au sein même des pays qui la pratiquent.

Certes, les inégalités se sont réduites entre les pays occidentaux et ceux longtemps dits « en voie de développement », mais le processus s’accompagne trop souvent de l’appauvrissement de certaines catégories de populations au sein même des premiers.

Ce déclassement, qui frappe particulièrement les classes moyennes dont le pouvoir d’achat stagne depuis vingt ans, est, pour une large partie à l’origine de l’échec de Hillary Clinton et de la victoire de Donald Trump.

S’ils veulent conserver le pouvoir, un gouvernement, une majorité, un régime même doivent « soigner » les classes sociales qui les soutiennent, et en particulier celles qui votent le plus : les classes moyennes.

Le programme de la Obama Girl était sans doute plus raisonnable et plus en prise avec les accords internationaux et la mondialisation, mais ce n’est pas la préoccupation d’un Américain déclassé par cette mondialisation. Selon la formule de Hubert Védrine : « Qu’est-ce qu’un fermier du Middle West peut avoir à faire que la mondialisation ait amélioré la vie de dizaine de millions d’Asiatiques pauvres, si lui même a le sentiment d’en faire les frais ? ».

 Il est clair que sauf à voir exploser le système comme dans les années 1930, les pays démocratiques devront opérer « un changement de cap dans la mondialisation », comme vient de le déclarer un peu tardivement Barak Obama, afin de la rendre plus équilibrée, moins tueuse d’emplois et plus respectueuse des structures sociales des anciens pays industrialisés.

Les ELS (quelle horreur que ce terme barbare), les caristes, les « hôtesses de caisse » (superbe Novlangue), les Agents de sécurité, les vendeurs et vendeuses, tous et toutes sommes aujourd’hui en état de légitime défense face à la violence qui nous est faite au quotidien. La trahison des Organisations syndicales dont la mission est de servir la soupe aux Princes qui nous gouvernent est un scandale, une abomination que nous ne cesserons de dénoncer !

Les femmes au sein du Système Auchan sont particulièrement fragilisées. Non pas les femmes diplômées issues des classes favorisées qui ont largement bénéficiées des gains en termes de liberté, de carrière et de situation (voir par exemple la bouffonnerie intitulée « programme  mixité » où il est question de Marketing de soi et des Elles d’Auchan…. n’ont-elles pas été jusqu’à créer un site appelé : www.what-elles.Auchan.com ? Georges Clooney en est tout marri), mais les femmes appartenant aux catégories populaires sur-représentées au sein des Secteurs Caisses qui ont vu leur sort se dégrader peu à peu et qui au lieu de suivre les formations « Marketing de soi » ont droit, elles, au programme « Efficacité en Caisses » aux fins d’améliorer leurs « performances »….

80 % des « salariés pauvres », c’est-à-dire percevant un salaire inférieur au SMIC sont des femmes. Le nombre de femmes « parent isolé » a triplé en quarante ans pour atteindre près de deux millions de personnes en France. Enfin, plus de 40 % des 220 000 dossiers déposés chaque année auprès des Commissions de surendettement concernent des femmes seules, divorcées, séparées ou veuves.

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi cette question pourtant essentielle et qui concerne une part importante des effectifs d’Auchan n’est jamais abordée par la Dir Com, PravdaLand. Sujet tabou à hautes potentialités explosives !

La Nouvelle Gouvernance ou comment conjurer « La fin des haricots »

C’est avec de francs éclats de rire, on s’en souvient encore, que l’incontestable majorité d’entre nous accueillit cette fameuse Doctrine dite de « La Nouvelle Gouvernance ».

Tout n’était que promesses d’un monde meilleur sous le soleil des lendemains qui chantent… Le monde d’Amélie Poulain.

Le ridicule complet dont, presque sur-le-champ, et après un moment de surprise de la part des professionnels de la profession, se trouvèrent accablés les Princes qui nous gouvernent parut en soi une chose excellente.

Il est des erreurs, des fautes de mauvais goût qui ne méritent pas de longues réfutations, tant la réalité elle-même, concrète et pratique, se dresse aussitôt comme une évidence qui suffit à les récuser et à les classer dans la catégorie des plus sombres délires.

D’emblée, la doctrine dite de « la Nouvelle Gouvernance » sensée mettre un terme à la fin des haricots parut appartenir à ce genre de propositions qu’en d’autres temps on eût appelé des hérésies et qu’aujourd’hui le simple recours à la vérification expérimentale permet de rejeter sans appel en dehors des limites du dicible.

Certes, les coupables partisans du mythe Auchan n’ont jamais tout à fait désarmé. Il n’est pas rare que l’on rencontre, ici ou là, dans d’obscurs communiqués, quelque tortueuse allusion à on ne sait quelle grossière eschatologie Princière. Voir proclamation des Idiots-Utiles sur la gentillesse. Par exemple.

La plupart des propagandistes de cette thèse, ou de cette hypothèse pour les plus prudents, ne se soucient même pas, d’ailleurs, de l’appuyer d’allégations présentables. Bien au contraire, tous les adeptes du Système Auchan endurcis dans l’erreur, s’employèrent à axiomatiser leur pseudo-système de façon à tenter de montrer sa prétendue cohérence.

Pour le Système Auchan, « La Nouvelle Gouvernance » devait marquer le retour triomphant d’une Organisation bien mal en point à force de calamiteuses décisions.

Mais le réel ne souhaite pas composer avec ces bras cassés définitivement disqualifiés. On ferme !

Il suffit d’exhiber un seul de ces merveilleux haricots à rame s’enroulant avec élégance et grimpant spontanément le long d’un piquet de deux mètres de hauteur pour jeter à terre leur théorie, dès lors reléguée dans les sous-sol de la pensée, en compagnie de tant d’autres délires et de tant d’autres jeux de langages fallacieux : les valeurs Auchan et tout le tintouin.

Tout cela n’est que poudre aux yeux, miroir aux alouettes et arbre qui cache la forêt pour empêcher le loup de sortir du bois. Jamais aucun auteur sérieux, en vérité, connaissant bien le monde de la Grande Distribution, n’a annoncé la fin des haricots.

Certes, la tradition universelle conserve la mémoire des grands cataclysmes, et elle en annonce encore bien davantage ; mais ni la vision des guerres de Gog et Magog, ni les Apocalyptiques Ismaéliens, ni Joachim de Flore, ni l’Abbé Trithème, ni les Malachites ne font allusion à un quelconque naufrage général du Haricot.

Le Haricot de Lima, le Haricot d’Espagne, celui de Madagascar, le Mungo (Phaseolus mungo), le Tepary (Phaseolus acutifolius) et enfin le Haricot commun (Phaseolus vulgaris), tous témoignent de la réalité indiscutable du Haricot.

La littérature elle-même, en toutes époques, lui rend témoignage. Certes, nul n’est obligé d’aller aussi loin que Pline l’Ancien au livre XXXV de son Histoire naturelle, ni de croire que les haricots mêlés au vinaigre dissolvent les caillots de sang et en permettent l’expulsion (« Cum aceto uero potum discutit consecrum sanguinenem ac detrahit »). Mais comment ne pas partager l’émotion comparative de Joachim du Bellay dans Les Regrets : « Ainsi l’aventurier en songeant à sa dame, / Ainsi le haricot en grimpant à la rame » ?

 Plus près de nous Machiavel, dans ses discours sur La Première Décade de Tite-Live, note au détour d’un paragraphe qu’il convient de ne pas ravager les potagers des Principautés conquises, « les potagers où poussent le cerfeuil bulbeux, la tomate et le haricot à sève savoureuse ». Balzac, dans  Les Paysans , évoque assez mystérieusement, il faut bien le dire, ces « cuisines du bivouac »« il s’est trouvé plus d’une fois des haricots réfractaires ». Et Flaubert, pour sa part, s’est plu à écrire dans Madame Bovary « Quand Charles, après être monté dire adieu au Père Rouault, rentra dans la salle avant de partir, il la trouva debout, le front contre la fenêtre, et qui regardait dans le jardin, où les échalas des haricots avaient été renversés par le vent ».

 La vérité, la vraie, c’est que non seulement le Haricot continue, mais qu’il est de retour. Le Haricot revient. Il revient très fort. Il a même tendance à accélérer. Tout, autour de nous, en démontre la vitalité. Nous les gueux et les sans-dents qui menons le combat de l’Affaire du travail de nuit et du financement du CE d’Auchan le Pontet, l’Affaire de la manipulation des élections professionnelles et notre plainte auprès du Ministère du Travail, l’Affaire de l’Optimisation fiscale et les perquisitions à domicile du côté de Néchin, les Affaires d’abus de position dominante et la condamnation d’Auchan en réparation du préjudice subi par les Jambons du Cotentin, et bien d’autres encore. Sans parler des pertes de part de marché, Affaire en soi. 

Encore un gros carton pour les supers pouvoirs d’achat de Leclerc

 Pour la période 11, c’est-à-dire du 3 au 10 octobre 2016, la fin des haricots continue. Voir article Linéaires. Leclerc atteint 21,1 % de part de marché en progression de 1,0 point. Performance spectaculaire qui vient confirmer le carton de 2015 !

Lidl quant à lui atteint 5,2 % de part de marché, continuant à recruter 260 000 foyers acheteurs supplémentaires. Et sa cote d’amour auprès du public augmente encore de 4 points…

Et Auchan ? Toujours sur le toboggan. La glissade continue et la fin des haricots n’est pas terminée… 0,6 point perdu en deux ans. Accélération des plans « d’Optimisation salariale ».

Précision : n’avez-vous pas remarqués que le Système Auchan communique depuis ces derniers mois non plus sur les Hypermarchés mais sur l’ensemble de l’activité France, supermarchés compris ? Que ce soit sur les effectifs comme sur les parts de marché, cela leur permet de noyer le poisson… Mais rien n’y change, le réel finit toujours par les rattraper. Nouvelle Gouvernance ou pas.

Le plus grand dérèglement de l’esprit consiste à voir les choses telles qu’on le veut

et non pas telles quelles sont

                                                                                                                                            Bossuet

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE 

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