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La direction d’Auchan à Lacroix jugée pour harcèlement moral

Deux salariées ont témoigné des humiliations que leur auraient fait subir leurs supérieurs. Le directeur général est aussi poursuivi pour entrave à la constitution d’un comité d’entreprise.

Virginie Perdigao et Selma Boukadi, les deux victimes, entourées de leurs avocats et de représentants de la CFDT.
Virginie Perdigao et Selma Boukadi, les deux victimes, entourées de leurs avocats et de représentants de la CFDT

Un climat de terreur. C’est ainsi que les inspecteurs du travail qualifient l’ambiance qui règne au supermarché Auchan de Lacroix-Saint-Ouen. Le 12 janvier 2011, après avoir reçu des signalements qui « laissent à penser qu’il y avait un danger pour la vie d’autrui », selon le substitut du procureur Fabienne Dumont, six inspecteurs se rendent à 5 heures du matin au magasin, pour mener une enquête sur les conditions de travail et les liens avec la hiérarchie des salariés de la société Sodix, qui exploite la marque Auchan. Quatre-vingt-sept salariés sont alors entendus, 38 d’entre eux indiquent qu’ils ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail, expliquant que la direction leur « parle comme à des chiens ».

 

Le délibéré sera rendu le 3 décembre

 

Sur les rapports avec la hiérarchie, 32 qualifient le comportement du directeur général, Marcel Verfaillie, de son fils Arnaud, directeur adjoint, et d’un chef de secteur, d’« irrespectueux », « d’incorrect ». Les salariés rapportent qu’ils se font régulièrement traiter de « nuls », d’« incapables », de « légumes », souvent devant les clients. Seules deux salariées ont décidé de mener une action en justice pour harcèlement moral, l’une contre le père, l’autre contre le fils. Hier, lors d’une audience qui a duré plus de huit heures, elles ont raconté au tribunal les humiliations qu’elles auraient subies.

D’abord Virginie Perdigao : « Dès que j’ai été désignée déléguée syndicale par la CFDT, j’ai été convoquée par M. Verfaillie père. Il m’a dit que je lui plantais un couteau dans le dos et a interdit à mon supérieur de me faire faire des heures supplémentaires. Il m’a prévenue qu’il allait me mener la vie dure, c’est ce qu’il a fait. » La jeune femme décrit un isolement des autres salariés, des contrôles quotidiens dans son rayon qui ont donné lieu à plusieurs avertissements. Ses collègues ont d’ailleurs indiqué à l’inspection du travail avoir été convoqués par petits groupes par Marcel Verfaillie, et avoir subi des pressions pour ne pas aller voter afin qu’aucun comité d’entreprise ne puisse voir le jour. « Trente-sept salariés indiquent que vous avez qualifié Virginie Perdigao de » brebis galeuse qu’il faut saigner », de « vers qui pourrit la pomme » », indique la présidente du tribunal. Le directeur nie, explique qu’il a juste expliqué sa façon de penser. La deuxième salariée venue témoigner, Selma Boukadi, décrit les mêmes méthodes. Les deux jeunes femmes ont fini par démissionner.

Si les avocats de la défense ont pointé du doigt un dossier vide, basé sur des témoignages anonymes et des rumeurs, le parquet a insisté sur le fait que le harcèlement moral est toujours difficile à prouver. « Le tribunal devra se reposer sur un faisceau d’indices », a indiqué la substitut, avant de demander six mois de prison avec sursis et 1 500 euros d’amende pour Arnaud Verfaillie et le chef de secteur, et 10 mois de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende pour Marcel Verfaillie, qui est également accusé d’outrage envers les inspecteurs du travail. Il leur avait dit qu’il avait vécu leur contrôle « comme l’arrivée de la Gestapo ». Le délibéré sera rendu le 3 décembre.

CINDY LÉCRIVAIN

Source: www.courrier-picard.fr

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