Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

La composante dépressive du Système Auchan : l’illusion que tout est possible et le constat que rien ne peut être maîtrisé.

Chers Camarades, chers Collègues,

 Considérée encore au XIX ème siècle comme un simple symptôme, la dépression est aujourd’hui devenue à la fois une entité clinique à part entière, et remplaçant la névrose, le trouble mental le plus répandu dans le monde Occidental.

C’est donc une nouvelle maladie de Civilisation.

Elle se nourrit de tous les malheurs sociaux, de toutes les misères, de toutes les exclusions, mais tout autant de l’absence de repères, de la disparition du sens.

La dépression correspond aujourd’hui à un horizon d’attente perpétuellement déçu. D’où les discours enflammés et totalement ridicules des Princes qui nous gouvernent. Ré-enchanter l’Hypermarché ! Mais où ont-ils vus qu’un Hypermarché pouvait enchanter qui que se soit !

Il leur faut essayer de faire rêver populo, les sans-dents comme ils disent ! Et obtenir des équipes les comportements requis, attendus et exigés par l’AFM, ces nouveaux Ogres qui dévorent le pauvre monde de leur appétit insatiable pour l’argent. Une fascination pour Mammon, ce Dieu Biblique qui leur vaut tant et tant de déboires avec l’Administration Fiscale !

Si la dépression a pris aujourd’hui une telle extension, c’est parce que nous sommes devenus des individus, sans aucune tradition ni aucun repère pour nous indiquer du dehors qui nous devons être et comment nous devons nous conduire.

Alain Erhenberg l’a bien montré : libération de l’individu et insécurité identitaire sont deux faces d’une même dynamique.

La dépression est une maladie de la liberté moderne, qui accompagne et sanctionne la montée de la référence à l’autonomie individuelle dans la vie sociale. Confronté à une claire conscience de ses limites, l’homme ne peut vivre qu’en créant dans le monde son propre monde, un monde assorti de repères et constituant la somme des possibilités d’être qui s’offrent à lui.

Devenu autonome, l’individu s’aperçoit trop souvent qu’il n’est pas à la hauteur de ce qu’il espérait ou de ce qu’il a acquis. Il n’est même pas à la hauteur de ses désirs.

Affranchi des anciens systèmes de conformité ou d’obéissance, il ne parvient pas à se doter lui-même des repères nécessaires pour les remplacer.

Dans une société où chacun est censé être son propre souverain, l’individu se trouve moins confronté à la question de l’interdit – qui ne disparaît pas, loin de là, mais prend des formes plus subtiles – qu’à celle de la possibilité illimitée.

Or, le déchaînement de la technoscience et le déploiement planétaire de la Forme-Capital nous ont fait entrer dans l’ère de l’illimité. Ce refus des limites est aussi un refus de tout repère, car un repère n’oriente qu’en instituant des limites.

Un repère, quel qu’il soit, permet de comprendre que tout n’est pas possible, ou que tout ce qui est virtuellement possible n’est pas pour autant souhaitable.

De ce point de vue, le principe de plaisir tellement vanté par le Système Auchan, s’oppose plus que jamais au principe de réalité, d’autant que le virtuel dévalue le réel jusqu’à prendre sa place.

Le malaise provient alors de l’incapacité à faire face à des impulsions contradictoires dans une société qui pousse tout un chacun à « s’épanouir » après avoir pris soin de s’assurer d’abord de son conformisme, et à jouir de sa « liberté » tout en mettant en place des procédures de contrôle toujours plus élaborées.

L’homme se découvre chaque jour plus vulnérable et fragile dans un monde qui, dans le même temps, lui enjoint d’être toujours plus « performant ». Il mesure alors son besoin d’être. Il déprime.

Mais la perte de repères se nourrit aussi de l’absence d’espérances. Après les échecs et les horreurs du XX ème siècle, nos contemporains se sont résignés à vivre sous l’horizon de la fatalité. Le grand message de l’Ultralibéralisme, constamment relayé par les médias et repris en chœur par la Dir Com, est qu’il n’y a pas d’alternative au statu quo.

Cette société est désespérante ? Il n’y en a pas d’autre possible !

Alors, plus que jamais, tout change pour que rien ne change. Voir les changements incessants initiés par le Système Auchan : nouvelles organisations, nouvelles stratégies, nouvelle gouvernance, refondation… Tout change, mais le Cash, lui, est en chute libre…. On a failli passer en résultats négatifs au premier semestre 2016. Les champions du monde de la Grande Distribution….

Nous vivons ainsi sous l’horizon de l’illimité – l’infinité de la marchandise – et dans la perspective exiguë d’une histoire achevée, où l’omniprésente distraction au sens où Pascal l’entendait, a pour seul but de masquer le vide et l’ennui, le sentiment de perte irréparable qui nourrit les mélancolies.

Il suffit de se promener dans les Hypermarchés Auchan pour faire ce constat accablant. Tristesse, morosité, découragement et surtout, cette colère sourde qui monte jour après jour devant tant de cynisme et de mépris pour nous, les petits, les sans-dents qui n’avons pas à notre disposition des bataillons d’Avocats fiscalistes pour mettre tout cet argent bien à l’abri de l’Administration Fiscale.

Menaces et risques de toutes sortes semblent se multiplier au moment même où le risque collectif n’est plus accepté, mais regardé comme un scandale. En résultent des peurs incontrôlables qui engendrent autant de fantasmes. On ne sait plus alors ce que c’est que vivre, on cherche seulement à survivre à tous prix.

Le lent processus de désenchantement du monde arrive à son terme. La transformation du monde en marché dessine un univers où tout s’évalue en termes comptables, où la Forme-Capital étend peu à peu ses critères d’évaluation à tous les domaines de la vie sociale.

Et le Système Auchan est une figure emblématique de cette marchandisation du monde.

Pour Auchan, ce n’est plus l’homme qui est la mesure de toutes choses, mais les choses produites et échangées qui deviennent la mesure de l’homme. Tout ce qui faisait sens, tout ce qui comportait une dimension symbolique propre à aider l’imaginaire à se soutenir lui-même, est en voie d’éradication dans un monde où l’homme et la nature sont eux-mêmes de plus en plus exclus.

Cette mise en coupe réglée du monde par le Capitalisme et l’Idéologie occidentale de la maîtrise totale contribue elle aussi à la généralisation du non-sens.

La très grave crise existentielle que traverse le Système Auchan depuis ces dernières années relève un défaut de vitalité, comme si tout ce que les générations antérieures avaient apporté, avait du même coup épuisé les suivantes.

Voir la fuite de « Papa m’a dit » en pleine déroute de l’entreprise fondée par son propre père !

Que les sociétés les plus riches soient aussi les sociétés les plus dépressives montre bien que l’argent ne fait pas le bonheur et que la joie de vivre n’est pas une affaire de niveau de vie matériel ou de pouvoir d’achat.

Les sociétés matériellement les plus riches sont aujourd’hui aussi les plus pauvres du point de vue spirituel, tandis que les plus pauvres matériellement peuvent encore s’appuyer sur le passé et garder foi en l’avenir.

Il y avait autrefois un lien direct entre le désespoir (individuel) et l’explosion (sociale).

Il y en a un aujourd’hui entre la dépression et l’implosion.

Ce monde, un jour, implosera.

Si vous torturez suffisamment les chiffres,

ils finiront toujours par avouer.

 

                                                                                                                     Alfred SAUVY. 1987.

 

La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie,

une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader.

 

           

                                                                                                                     Aldous HUXLEY

                                                                                                         Le meilleur des mondes.

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

 

5 Comments

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  1. « Vivez vous même vos grèves … » …merci de ce lapsus délicieux !

    1. Syndicat Force Ouvrière

      Ecriture intuitive, tellement habitué à ce mot, qui pourrait peut être vous aller comme un gant, si vous êtes un cadre ou cadre dirigeant ?, car beaucoup souffre mais non pas le courage d’aller jusqu’a la gréve!

  2. Mon dieu, mais vous qui denigrez le système et qui savez ce qui marche ,par pitié créez votre boîte ,grandissez petit à petit et faite de la création d emploi et des salarié heureux !!! Utilisez ce savoir enfin !
    Qu est ce qui vous en empêche ? On dirai de la politique ou le contre pouvoir est plus attirant que le pouvoir ,il n y a juste qu à démolir ce qui est fait sans avoir à bâtir sois même et prendre les risques …

    1. Syndicat Force Ouvrière

      Salut Isnogood,

      Est ce un pseudo choisit au hasard ou avez vous, vous même certaines aspiration que vous n’arrivez pas à developer?
      Car Iznogoud n’est ce pas ce Vizir qui voulait être Calife à la place du Calife? Nous n’avons pas cette aspiration, nous ne faisons que notre rôle de syndicaliste et apparement cela dérange, la preuve votre commentaire.
      Nous ne faisons qu’expliquer les choses et disons des vérités qui dérangent ne vous en déplaisent.
      Alors cher Isnogood vivez vous même vos réves est devenez ce Calife!
      a bon entendeur!

  3. excellente analyse d ‘une réalité bien triste.vivre le changement est une formation interne à auchan qui continue à courir après le vent sans pouvoir l’attraper.Courir sans jamais prendre le temps d’apprécier tout ce qui se trouve à coté du parcours.futilité et poursuite du néant sans apprécier la valeur humaine de toute ses personnes qui ont donner leur vie leur vrai vie à l’entreprise AUCHAN.bref les dirigeants n’ont que le retour de ce qu ils ont donné soit aujourd’hui le DÉCLIN………la chute de leur empire es à leurs portes.malheureusement celle ci entre-ne avec elle de nombreuses et nombreux innocents ils auront des comptes à rendre pour cela un jour.après des siècles de domination l’homme n’a toujours pas compris qu’ils est incapable de diriger ses pas et persiste dans la cupidité. l’argent le pouvoir toujours plus pour quoi faire? la qualité ne ne mesure pas en quantité la vérité ne s’évalue pas dans le mensonge à bon entendeur………….

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