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JOUR APRÈS JOUR DU MARDI 13 DÉCEMBRE 2011

industrie pharmaceutique

> QUAND LE CABINET DU MINISTRE FACILITE UN PLAN SOCIAL CHEZ MERCK

Selon le journal Libération, sous la pression de la direction du laboratoire, il a retiré le dossier à l’Inspection du travail, qui avait estimé que les 910 suppressions d’emplois programmées étaient «contraires à la réglementation».
Le cabinet de Xavier Bertrand, ministre de l’Emploi et de la Santé, serait-il intervenu pour faciliter un plan social chez le géant pharmaceutique Merck? C’est ce que soutient Libération dans son édition du 12 décembre. Ayant eu accès à des documents internes du ministère, le quotidien affirme que, sous la pression des dirigeants du labo, le cabinet du ministre a confisqué le dossier à l’inspection du travail, qui avait estimé que les 910 suppressions d’emplois programmées, avec à la clé des licenciements secs, étaient «contraires à la réglementation».

Explications. Après le rachat fin 2009 d’un de ses concurrents outre-Atlantique, Schering-Plough, la direction du groupe américain Merck (MSD en France) annonce au cours de l’année 2010 la suppression d’un quart de ses effectifs dans l’hexagone (3500 CDI) auquel devait s’ajouter 140 postes de son usine (Eragny dans le Val-d’Oise) appelée à être cédée. Et ce bien qu’elle reconnaisse qu’«il n’y a pas de motif économique». Les syndicats, dont FO, alertent l’inspection du Travail qui conclut en décembre 2010 que le processus présenté par l’entreprise est illégal.

Les syndicats refusent dès lors de négocier. Mais la direction de MSD France ne s’en laisse pas compter. Elle décide de s’adresser directement au cabinet de M. Bertrand… sur la foi d’un «accord» avec l’inspection du travail qui n’existe pas. Le 18 mars 2011 et en toute connaissance de cause, le cabinet retire le dossier à l’inspection du travail pour le confier à la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP). Laquelle, curieusement, ne trouve rien à redire au plan social. Une fois la fusion achevée avec Schering (juillet 2011) et fort du feu vert des pouvoirs publics, le labo met alors la pression sur les personnels afin qu’ils acceptent, avant la fin de l’année 2011, des reclassements internes ou de s‘inscrire sur la liste des départs volontaires. «Un empressement à pousser les gens vers la sortie», dénonce FO. Les syndicats décident d’attaquer l’entreprise en justice et obtiennent en référé, le 17 novembre, la suspension partielle du plan.

Le ministère soutient que son intervention dans ce dossier n’a été en rien dictée par les desiderata du labo. Contacté par Libération, le cabinet de M. Bertrand se justifie ainsi: «Lorsqu’on est face à un plan social complexe, avec un impact social lourd et des sites répartis dans plusieurs départements, il est normal que le cabinet s’y intéresse et que la direction centrale du ministère (DGEFP) assure un rôle de coordination.»

Pour Jean-Claude Adam, de la Fédération FO de la Pharmacie, «s’il s’avérait que le cabinet du ministre a cédé à des pressions inacceptables pour court-circuiter l’indépendance de l’inspection du travail, ce serait scandaleux dans notre État de droit. Cela en dirait également long sur la réelle volonté du ministre de préserver l’emploi en France».

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