Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Guerre économique et guerre psychologique : HumaniA, les nouveaux guérisseurs de l’âme !Partie IV. La psychosociologie de l’être humain face au Système Auchan

Chers Camarades, chers Collègues,

De très nombreuses recherches portent sur les ravages du capitalisme, la dimension totalitaire des nouvelles Organisations et les échecs de la démocratie face à ces nouvelles formes de domination par les structures économiques et politiques.

Parallèlement, l’analyse purement psychologique est uniquement centrée sur l’individu : il s’agit pour HumaniA par exemple d’aborder la question de la violence qui nous est faite par le Système Auchan uniquement par le biais de la psychologisation des rapports sociaux, voire pathologisante des protagonistes. En clair, si vous subissez la pression des Princes qui nous gouvernent et que vous allez mal, vite il vous faut appeler HumaniA afin qu’il vous fassent une ordonnance…

En ce qui nous concerne, nous allons plutôt chercher à comprendre les autres dimensions des mécanismes de domination qui sont à l’œuvre. Tout d’abord, le besoin de consommation comme compensation d’une insécurité et d’un manque psychique accentué par le fétichisme de la consommation de masse et l’aliénation des travailleurs.

Nous allons également aborder la question du besoin psychologique de pouvoir et la soumission à l’autorité contre la démocratie. La « personnalité narcissique » de la culture capitaliste développée par Christopher Lasch et la civilisation de la croissance « infinie » qui lui est liée. Vous savez, le « phénomène Macron… » qui nous explique que si on veut un costard, il n’y a qu’à travailler. Sans parler des « illettrés » de Gad. Voir article.

La croissance illimitée des besoins névrotiques

Besoin de croissance infinie de la vitesse extérieure contre aspiration à la lenteur et à la simplicité intérieure. Pour le capitalisme techno-industriel, l’une des valeurs dominantes est la recherche du rendement, de la productivité, de la croissance économique sans limites. Il existe pourtant bien d’autres conceptions de l’existence, celle par exemple que le gendre de Karl Marx, Paul Lafargue avait déjà décrit en 1881 dans Le droit à la paresse. Altiplano, 2007.

Le Système Auchan pousse ainsi ses Directions à maximiser leur pouvoir sur les équipes, favorisant ainsi les comportements de prédation sur leurs semblables et sur la nature dont ils sont totalement coupés.

Les cultures traditionnelles tendent elles, à la recherche de l’harmonie entre l’Etre humain, la Nature et la Terre (Gaïa en grec) considérée comme une « Mère symbolique ». Julien Eric et Cruz Gentil, Kogis, le réveil d’une civilisation précolombienne, Albin Michel, 2004.

 

La préservation du Cosmos (Michel Onfray, Cosmos Flammarion Mars 2015), ne peut se limiter à des lois relevant de l’hétéronomie, c’est-à-dire de lois extérieures à l’être humain, mais suppose une éthique de l’autolimitation individuelle telle que l’exprime Pierre Rhabi par exemple et la belle notion de « simplicité volontaire » ou bien encore Mark Burch qui s’inscrit dans le registre de l’autonomie. Mark Burch, La voie de la simplicité, écosociété, Montréal, 2003.

A l’inverse du catéchisme du Système Auchan (le toujours plus, encore plus de plus…), la sobriété heureuse permet la satisfaction de nos besoins physiques, matériels et psychologiques.

Parallèlement, aux besoins essentiels physiologiques, il existe des besoins psychologiques essentiels à la « vie bonne », tel qu’en parle en particulier le philosophe Paul Ricœur.

La sobriété heureuse vise aussi à développer les qualités psychologiques de l’être humain (se détacher du besoin de posséder, de consommer, du pouvoir, de s’oublier dans l’agitation. Le bougisme de Pierre André Taguieff : Résister au bougisme, Démocratie forte contre mondialisation techno-marchande, Mille et une nuits, Mars 2002). Qualités qu’il est nécessaire d’acquérir, afin de pouvoir réellement mettre en œuvre cette autolimitation qui est la seule attitude qui peut nous éviter l’Apocalypse. L’Hubris du Système Auchan. Et nos amis les Belges devraient d’un point de vue éthique et logique commencer à donner l’exemple de la décroissance et de la responsabilité car ce sont les individus les plus riches qui possèdent également « l’empreinte écologique » la plus forte, celle qui pèse le plus sur l’environnement et sur les ressources naturelles.

La fièvre acheteuse : une compensation aux manques affectifs

Le sociologue Veblen Thorstein (Théorie de la classe des loisirs, Gallimard 1970), qualifie de « consommation ostentatoire », l’acte de consommer pour paraître, pour se sentir exister par le regard qu’on imagine envieux et admiratif des autres.

En effet, le besoin de consommer pour paraître vise très souvent à compenser nos carences identitaires. Plus les individus se sentent mal aimés, mal reconnus, plus ils ressentent un vide existentiel, un manque de sens profond. Ils recherchent alors des béquilles pour répondre à ces carences affectives, voire aux blessures narcissiques subies depuis la plus tendre enfance.

Le besoin de possession et d’accumulation est quasiment illimité chez certains milliardaires, qui accumulent plus qu’ils ne pourront jamais consommer ou dépenser. Car, le besoin profond de leur existence est fondé sur un besoin de pouvoir. C’est leur seul indicateur de réussite…

Plus ils possèdent, plus ils se sentent puissants ! Ce besoin de pouvoir est lui-même le signe d’un complexe d’infériorité, explique Alfred Adler (Théorie et pratique de la psychologie individuelle, 2006, l’Harmattan). C’est la traduction d’une peur viscérale d’assumer sa part de fragilité.

Mais pour les moins riches, le besoin de posséder repose d’abord sur la peur du manque. Le fait de posséder quelques richesses (sa maison, un peu d’épargne..), rassure les personnes qui se sentent éternellement en danger de tomber un jour dans la précarité. Leur analyse n’est pas fondée sur les faits, mais sur une angoisse d’insécurité inconsciente. Pour s’en prémunir, elles ne cessent d’accumuler…

C’est cette catégorie de la population qui est la cible privilégiée des professionnels du Marketing capitaliste qui s’appuie sur ces failles qu’ils ont étudiés de très près. Ils manœuvrent dans le cadre de la « société de consommation », cherchant à accroître les profits des entreprises en poussant les populations à la consommation, notamment par le bais de la publicité. Dès potron-minet, nos enfants sont soumis au matraquage publicitaire pour des barres chocolatées et autres boissons délicieusement sucrées. Monsieur pourra rouler les mécaniques à bord du tout dernier SUV et Madame dépenser sans compter « Parce que je le vaux bien »

Et les pouvoirs en place ont tous bien compris depuis l’Antiquité, quel profit ils peuvent faire de ce besoin à travers la stratégie « du pain et des jeux » comme disaient les Romains. Un peuple qui ne crie pas trop famine, qui a le ventre plein et qui s’amuse (le foot nom d’un petit bonhomme, le foot…), devient alors plus facile à diriger à son insu.

Le narcissisme et la prédation comme symboles de la culture capitaliste

 Le système capitaliste exerce un impact déterminant sur notre psychisme explique Christopher Lasch (La culture du narcissisme, Climats, première édition 1979). Dans la mesure où le capitalisme libéral valorise la réussite individuelle, le mérite, la compétition entre les individus, cela renforce le culte de l’Ego, la recherche du pouvoir, le besoin de reconnaissance, l’oubli de soi dans le bougisme et l’activisme. L’objectif est de consommer plus qu’autrui ou de pouvoir acheter des biens ou des services très onéreux afin d’afficher de manière ostentatoire sa réussite sociale.

Le Système Auchan forge ainsi des personnalités narcissiques, individualistes et prédatrices. Ceux qui captent et qui prennent !

Cette orientation s’oppose à la recherche d’une maturité fondée sur la connaissance de soi, le détachement vis-à-vis de ses dépendances (possession, orgueil, besoin de pouvoir, de reconnaissance sociale..). Cette maturation relève du processus d’individuation, pour reprendre les termes du psychanalyste Carl G. Jung, le contemporain de Freud.

L’individuation correspond au fait de travailler sur soi-même dans le but de s’émanciper par l’éveil de sa personnalité et le dépassement de ses névroses. Pour Jung, « l’individuation est le processus de formation et de particularisation de l’individu. Celui-ci se distingue de l’ensemble, de la psychologie collective ». Carl G. Jung. Les racines de la conscience, Buchet Chastel, 1995, p 280.

Cependant, il ne s’agit nullement de l’individualisme qui tend à se différencier de manière égoïste et égocentrique : l’individuation consiste à développer ses qualités psychiques spécifiques afin de coopérer avec la société. L’existence même présuppose des rapports collectifs et l’individuation, bien loin de mener à l’isolement, est la condition d’une « cohésion collective plus intensive et universelle ».

L’individuation ne vise donc pas à se hisser au dessus de la masse comme le font les forcenés de l’individualisme et de la prédation, mais à apporter à la collectivité une couleur différente, des qualités personnelles. Il s’agit des bienfaits de la coopération sociale par la diversité qui rappelle les fonctions de la Biodiversité biologique. Ainsi, le changement de soi, la transformation individuelle par un patient effort contribue à changer le monde. A la fois par une modification concrète de son comportement, de ses attitudes et aussi par la force de la diffusion de l’exemple. C’est exactement ce qu’a découvert Gandhi dans la Bhagavadgîta. Et qu’il a traduit en développant le concept de « non-violence » qui lui a permis de faire accéder sa Nation à l’Indépendance le 15 Août 1947.

Pourquoi un tel besoin d’être reconnu et aimé dans l’individualisme ? L’apport de Freud et de la psychanalyse a été de démontrer qu’il existait un inconscient et un subconscient qui dirigeaient notre comportement à notre insu, de manière plus ou moins forte, selon les moments, les situations et les personnes.

Le besoin d’être reconnu et aimé résulte principalement d’un manque d’amour et d’estime de soi, qui très souvent provient de l’enfance et qui est entretenu à l’âge adulte.

Les deux peurs essentielles pour les êtres humains sont la peur de manquer d’amour et du manque de puissance, qui si elles sont poussées à leur extrême, conduisent à l’angoisse de la mort en situation de total abandon ou d’insécurité absolue.

C’est pourquoi la peur essentielle, qui régit toutes les autres est la peur de la mort, du vide absolu. Thanatos.

C’est donc, moins grâce à la fuite de la réalité par des actions relevant de la chirurgie esthétique, moins l’illusoire compensation offerte grâce à l’accès à des situations sociales valorisantes, que par un retour sur soi qu’ainsi les êtres humains peuvent se libérer de la tyrannie de la quête incessante de reconnaissance et d’amour, de la peur du vide et de la mort.

Une psychothérapie, voire une simple autoanalyse consiste à prendre conscience de ses peurs, à être à l’écoute de ses manques, puis à les accepter et à chercher à y répondre en les reconnaissant tout d’abord pour ensuite, chercher à s’en détacher ou a y répondre par des actions concrètes.

Le dépassement de ses peurs inconscientes constitue donc une étape essentielle vers le mieux-être, l’accès au bonheur et à la joie de vivre et finalement, à la véritable autonomie de l’être humain, fondement d’une société humaine émancipée de la dictature du capitalisme.

Où l’on comprend parfaitement la perversité du Système Auchan qui nous exploite, nous manipule en jouant sur nos peurs, nos désirs de reconnaissance, le tout couronnée par une savante organisation qui vise à nous isoler les uns des autres pour mieux nous contrôler.

Face à une telle abomination, une seule attitude digne et responsable : Résistance !

Cependant, les mécanismes économiques de domination exercés par le Système Auchan prennent d’autres formes plus subtiles.

Du fétichisme de la consommation de masse à l’aliénation des salariés

 Lorsque nous achetons une marchandise, nous oublions que ce n’est qu’un objet matériel et nous en faisons une idole, un fétiche. Nous devenons les victimes du mécanisme appelé « fétichisation de la marchandise ». Karl Marx, Le Capital. Critique de l’économie politique. Livre I, section 1, chapitre 4.

La marchandisation de la société ne cesse de s’accroître. Ce que l’on qualifiait naguère de légumes, d’animaux ou d’activités de loisir sont devenus des « produits ». Or, ce terme n’était attribué autrefois qu’aux seuls produits fabriqués à partir de la chimie ou de l’industrie.

Le concept de réification, c’est-à-dire le fait de chosifier les êtres vivants, de les ramener à l’état de choses, permet la substitution des rapports entre les hommes par des rapports entre les choses. C’est-à-dire que les relations sociales et humaines entre les hommes ne sont plus perçues que comme des relations marchandes. Pour Marx, c’est la transformation symbolique du produit du travail et de la force de travail en marchandise qui le rend possible. Dans Misère de  la philosophie, Marx révèle la logique extrême de certains économistes pour qui seul compte le temps de travail : « le temps est tout, l’homme n’est plus rien ; il est tout au plus la carcasse du temps » Karl Marx, Misère de la philosophie, Paris, Editions sociales 1962, page 47.

Il est un autre terme pour désigner l’impact du Système Auchan sur notre mental : l’aliénation. C’est à l’origine un terme juridique, repris par Hegel puis Marx afin de décrire l’état dans lequel l’être humain est détourné de sa véritable conscience par les conditions économiques dans lesquelles il vit. Le salarié voit son travail lui devenir étranger. Aliéné, son travail pour lui perd de sa vitalité, car il est incorporé dans le Système, la cybernétique, l’argent !

La répétition infinie et abrutissante d’une même tâche aliène les salariés, ceux qu’ils osent appeler « collaborateurs-associés… ».

En quoi consiste l’aliénation du travail dans le Système Auchan ?

Marx explique que c’est « d’abord, dans le fait que le travail est extérieur à l’ouvrier, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas à son essence et que donc, dans son travail, celui-ci ne s’affirme pas mais se nie, ne se sent pas à l’aise, malheureux. L’ouvrier ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit ».

Les salariés du système Auchan réalisent que leur travail ne leur appartient pas, qu’il n’est pas leur bien propre, mais celui d’un autre. Lorsque un salarié Auchan est aliéné, il n’a même pas conscience d’être exploité, pas conscience d’être dominé ni même d’appartenir à une classe sociale particulière avec qui il pourrait défendre ses intérêts. Et les soi-disant « Valeurs » d’Auchan (mais de quelles valeurs parle-t-on ?) se révèlent être ce nouvel « opium du peuple » dont la vocation est de nous faire accepter la domination de nos Maîtres. Peu importe que ces valeurs soient aujourd’hui incarnées dans le scandale de l’Optimisation fiscale, le scandale du racket sur les PME, le scandale de la manipulation des élections professionnelles, et maintenant le scandale de Tourcoing, abomination parmi les abominations…

Le besoin de pouvoir dans le Système Auchan

Les problèmes d’Ego et de pouvoir, d’agressivité et d’intolérance qui ravagent en ce moment l’entreprise sont les premiers pas vers les pratiques antidémocratiques, aussi bien au sein de la gouvernance globale que du fait des Princes qui nous gouvernent site par site.

Cornélius Castoriadis, dans la lignée de Freud, affirme l’existence d’une instance originaire psychique qui se représente comme étant toute-puissante, dans l’enfance. A l’âge adulte, les individus cherchent inconsciemment à retrouver ce sentiment de toute-puissance. C’est pourquoi l’on dit communément que « le pouvoir total rend totalement fou » car il favorise une régression psychologique vers ce besoin de toute-puissance.

D’un point de vue politique, Montesquieu avait aussi montré qu’un pouvoir, s’il n’est pas, limité tend à devenir omnipotent et illimité, d’où sa doctrine de limitation des pouvoirs entre eux.

Le besoin de vivre relève de la pulsion de vie, de la libido chez Freud, qui irrigue l’ensemble des autres besoins. Jung la nomme « énergie vitale » qui regroupe l’énergie physique, pulsionnelle et psychique. Karl G. Jung. L’Energétique psychique, Genève, Librairie de l’Université-Georg, 1973 pages 22-31.

Cette énergie de vie, cette pulsion de vie se décline en un besoin de vivre, un besoin de puissance sur soi, c’est-à-dire de maîtrise de soi. Nietzsche le qualifie de « volonté de puissance » qui n’est pas comme les imbéciles le pensent la volonté de dominer les autres, mais exprime le pur désir de vivre. Le besoin d’être maître de soi, d’éveiller sa force intérieure est parfaitement naturel. Par contre, lorsqu’il devient névrotique, il devient besoin de pouvoir, volonté d’asservir les autres afin de compenser la peur d’être faible, pas à la hauteur. Alfred Adler l’a défini comme un « complexe d’infériorité »

Or, cette conduite névrotique conduit à passer d’un leadership efficace à une direction autoritaire, voire à une dictature. Cela ne vous rappelle rien ? Vous ne voyez vraiment pas… ?

Et au-delà de l’ivresse du pouvoir, les Princes qui nous gouvernent savent aussi flatter pour servir leurs intérêts : le fameux besoin de reconnaissance du Système Auchan.

Derrière le discours de service, le besoin de se servir. Soi !

Derrière les discours du Système Auchan qui relèvent du catéchisme pour neuneus, derrière les grands-messes sur l’efficacité et la compétitivité se cachent des besoins de puissance et de domination. Les bons samaritains du Système Auchan prétendent défendre une « noble cause » comme la justice, les droits de l’homme, le développement durable, le partage, la démocratie et tout le tintouin. Ils pourraient évoquer également leur tendresse pour le Cash, l’Optimisation fiscale, la pêche à la grenouille dans les étangs de notre enfance, les longues siestes avant le bain dans la Méditerranée et les parties de 1 000 bornes au coin du feu, P’tit chou Pop (0,95 € pièce) compris.

Et nous avons en ce début d’année 2017, une pensée toute particulière pour Madame la Directrice alias Maya l’Abeille qui, en compagnie de Captain Flam, spécialiste de l’extincteur, se livre aux délices de l’élevage des abeilles sur le toit d’un Hypermarché Auchan du Tarn. Pendant que la croisière s’amuse à jouer les Bobos (voir article), le sordide frappe à Tourcoing. Et pas qu’à Tourcoing ! Une nouvelle affaire de maltraitance d’Hôtesse de Caisse vient d’être révélée à Auchan le Pontet. C’est un système de management que FO va porter à la connaissance de tous.

La soumission à l’autoritarisme du Système Auchan joue contre la démocratie

L’expérience scientifique du psychologue Stanley Milgram en 1960 mettait en scène un faux médecin ordonnant à des personnes choisies au hasard d’infliger des décharges électriques à une autre personne quasiment jusqu’à sa mort. Heureusement, cette dernière simulait la souffrance, mais le tortionnaire ne le savait pas et pourtant, 65 % des individus obéirent néanmoins aux injonctions du scientifique. Stanley Milgram, Soumission à l’autorité, Calman-lévy, 1974.

Cette expérience terrifiante a été reprise au cinéma dans le film I comme Icare avec Yves Montand.

Il montre que lorsqu’une personne attribue une autorité institutionnelle à un individu du fait de son statut, de son uniforme, de sa cravate pour Auchan, il se déresponsabilise et tend à abdiquer sa volonté en se soumettant complètement. Il bafoue ainsi ses propres principes moraux et ceux d’une société démocratique.

En un mot, la soumission à « l’autorité », qu’elle soit légale, charismatique ou traditionnelle selon Max Weber, tend à supplanter l’autonomie de jugement de l’individu.

Ainsi viennent se renforcer mutuellement au sommet des institutions, qu’elles soient politiques ou économiques, les élites poussées par leur besoin psychologique de pouvoir, par la pression du mimétisme social et par leur fonction de direction. Et en bas des organisations, les individus se soumettent à eux ! Ces derniers adoptent les comportements de la servilité soit pour se sécuriser, soit par manque de confiance en eux ou du fait de leur manque de compétence et de leur éducation.

Dans un contexte différent, Hannah Arendt qualifie de « banalité du mal » le fait que les plus ambitieux ne parviennent plus à distinguer le bien du mal. Elle prend pour exemple le procès du criminel de guerre nazi, Adolf Eichmann, qui affirmait : « Je n’ai fait qu’obéir aux ordres ».

Ces observations expliquent le comportement  général des citoyens et des salariés qui consiste à se soumettre aux abus de pouvoirs, à supporter les pratiques inéquitables, voire illégales de leurs supérieurs.

Si la démocratie est tellement mal défendue dans les entreprises et tout particulièrement chez Auchan qui manipule les élections professionnelles à haute dose depuis des décennies, ce n’est pas seulement à cause de la peur qu’ils inspirent aux équipes, mais c’est aussi du fait des mécanismes de soumission de nature psychosociologique.

 Nous sommes donc amener à en conclure que les problèmes de démocratie bafouée chez Auchan relèvent aussi bien de déficiences de nature sociale, donc collectives, que de faiblesses psychologiques, donc individuelles. C’est tout l’objet de nos publications qui est de vous donner les munitions morales et intellectuelles afin de retrouver votre dignité.

Le mécanisme du bouc émissaire : la protection du Système Auchan

et la manipulation du groupe

La création de « Boucs émissaires » explique René Girard (Le Bouc émissaire, Grasset, Paris, 1982) obéit à un mécanisme de protection de soi et du groupe. Ce dernier, lorsqu’il se trouve en situation difficile où il court le risque de se désagréger, peut tenter de retrouver une unité en se trouvant un ennemi fictif, un Bouc émissaire ou victime expiatoire. Cela permet au groupe de canaliser son « désir mimétique ». Cependant, René Girard précise que ce mécanisme du « Bouc émissaire » fonctionne d’autant mieux que sa mise en œuvre reste cachée, que les individus sont persuadés de la culpabilité de la victime ainsi désignée et que cette dernière se pense elle-même coupable.

C’est exactement le mécanisme qui est employé par les Princes qui nous gouvernent lorsqu’ils veulent se « débarrasser » de quelqu’un devenu encombrant… C’est une méthode classique parfaitement connue que Freud a qualifiée de « projection » qui consiste à projeter sur autrui nos peurs, nos angoisses afin de nous en protéger. C’est un mécanisme commun à la Paranoïa.

Cependant, il s’agit d’une conduite déséquilibrée qui ne peut écarter que très momentanément nos peurs et qui n’est donc pas viable à terme. Et concernant le Système Auchan, la justice veille à condamner lourdement tous les abus de pouvoir…. Surtout les plus grossières manipulations !

L’Administration des Camps de la mort pensait éradiquer dans l’esprit et l’âme des prisonniers toute trace d’un penser et d’un vouloir propre. Il s’agissait de briser l’image de soi de ces victimes, de démolir leurs repères identificatoires. C’est une dimension qu’à parfaitement bien analysée Bruno Bettelheim, précédée en cela par George Orwell qui avait vu cela clairement et profondément dans 1984.

 Dans le même ordre d’idée, Naomi Klein dans son ouvrage, La stratégie du choc, explique que l’armée américaine a mis au point des techniques de torture fondées sur le choc psychologique, comme l’ont montré notamment les procès concernant les détenus de Abou Ghraïb en Irak et à Guantanamo Bay au sud de Cuba.

Le Système Auchan utilise en permanence des méthodes de management qui ont pour objectif de créer un état psychologique d’hébétude, d’insécurité, de fatigue mentale qui nous conduit invariablement à être plus fragiles et donc, à accepter plus facilement leurs suggestions ou injonctions. Nous sommes là pour les servir et nous taire. Et les garde-chiourme (Idiots-Utiles, Bouffons du Roi…) veillent à ce que le Système perdure éternellement…

Mais ils viennent de jouer leurs dernières représentations !

 L’hémisphère impérial du Système Auchan se défend mal contre les cris de désespoir qui montent de leurs Hypermarchés. Ils ont absorbés les poisons paralysants qui engourdissent leur âme et neutralisent leurs bras.

Ces poisons que sont leur cynisme et leur violence altèrent l’image de la vie qu’ils se faisaient jadis et qui inspirait leurs actions.

Mais il y a pire.

Ces choix élaborés par une conscience-croupion, infirme, qui n’entend plus que les gémissements du « Plus, encore plus de plus », ils prétendent nous les imposer à tous. Ils en ont fait un dogme.

Ils chassent de la Cité ceux qui haussent les épaules. Ils en font des pestiférés à qui ils font porter une étoile jaune qu’on ne voit pas.

Et pourtant, ce qu’il faut de courage !

Ce qu’il faut de courage pour quitter la ville de son enfance, son quartier, son jardin, sa cité.

Ce qu’il faut de courage pour faire un métier qu’on n’aime pas, dans une ville qu’on n’aime pas, puis dans une autre ville qu’il nous faudra aimer un peu plus.

Ce qu’il faut de courage pour aller quémander pour l’enfant une autre école, un

autre collège, un autre lycée encore, toujours aller quémander dans l’espoir d’un petit mieux.

Ce qu’il faut de courage pour payer chaque mois des traites, tenir chaque mois un peu

plus d’heures de travail pour payer des traites, rogner chaque année un peu plus les vacances  pour payer des traites.

Ce qu’il faut de courage pour se lever le matin à six heures, puis à cinq heures, puis à quatre heures parce qu’on habite toujours plus loin.

 Ce qu’il faut de courage pour endurer jour après jour les mensonges, le cynisme, la violence

de ceux et celles qui nous exploitent sans aucune retenue et qui font aujourd’hui  la une des médias pour des affaires de plus en plus sordides.

Ce qu’il faut de courage pour rester libres et conserver notre dignité.

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SEIMPRE

  • FO Auchan le Pontet les lanceurs d’alertes.

2 Comments

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  1. Bonjour,
    pouvez-vous nous apporter des réponses sur :
    1 – les prochaines ouvertures des dimanches généralisées à tous les magasins (en projet chez Carrefour, et si Carrefour ouvre, nous ne pourrons que suivre….)
    2 – sur le plan social qui s’annonce (vu qu’on organise depuis plusieurs mois la baisse du CA et des résultats….)

    D’ailleurs le lien est évident entre les 2 questions : on utilise la 2eme pour justifier la 1ère…

    Merci

    1. Syndicat Force Ouvrière

      Bonjour Damien,

      Concernant ta première interrogations, effectivement si carrefour venait a signer un accord sur les hypers, Auchan déjà très en avance sur les ouvertures du dimanche sauterait sur l’occasion pour crier  «  c’est la dû a la concurrence » !!!
      Pour l’instant la tendance n’est pas à la signature de cet accord au vue des échanges que nous pouvons avoir avec nos collègues FO de chez carrefour.

      Concernant ta deuxième questions ou affirmations, nous savons que dans la prochaine GPEC, c’est le métier d’hôtesses de caisses qui devrait être toucher. Nous te laissons faire le calcul des postes sur l’ensembles des hypers? Hé oui car si la nouvelle technologie c’est bien dans le monde du travail elle coute de l’emplois.
      Cordialement
      Syndicat Force Ouvrière

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