Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Guerre économique et guerre psychologique : HumaniA, les nouveaux guérisseurs de l’âme !Partie III. L’accoutumance, moteur du consumérisme.

Chers Camarades, chers Collègues,

Les partisans du Néolibéralisme sans freins sont convaincus que la très grave crise que nous traversons depuis plus de 30 ans et qui a connue une subite accélération depuis le choc des « Subprimes » en 2007 n’est que passagère.

C’est ignorer la nature bien plus profonde du mal qui ronge le capitalisme mondialisé. Ce ne sont pas seulement les abus financiers qui menacent la domination de la Forme-capital.

Bien des auteurs ont analysés la naissance du capitalisme.

Max Weber explique que l’éthique du protestantisme fut favorable à son développement. Pour résumer schématiquement sa pensée, les protestants considérant que Dieu a prédestiné ses faveurs à certains hommes depuis toute éternité, ils en déduisent que ceux qui jouissent d’une prospérité sociale et financière bénéficient manifestement de cette élection divine : bénis soient les riches. Max Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, 1904-1905.

 Karl Marx attribue la naissance du capitalisme à la transformation des moyens de production : ce sont la naissance de la mécanisation et la rationalisation des moyens de production qui ont favorisé le développement du capitalisme.

Sigmund Freud voit dans l’avarice un symptôme de l’attachement au stade anal. Il fait un parallèle entre le fait de « retenir » ses sous et de retenir ses selles chez le petit enfant. De manière complémentaire et à sa suite, la psychanalyste Mélanie Klein voit dans l’avidité, une relation au stade oral. Mélanie Klein, Envy and gratitude, New-York, The Free Press 1975, page 179.

Se pose alors cette question capitale : pourquoi les êtres humains continuent-ils à consommer plus qu’il n’en faut pour vivre, à accumuler des biens totalement dérisoires ? Le « On en a plein les armoires » d’Alain Souchon. Les travaux les plus récents en Neuro-sciences montre qu’il existe une raison encore plus profonde que la simple analyse psychologique. Elle est d’ordre physiologique et se nomme « accoutumance ou habituation ».

A l’inverse des stimuli superficiels qui nous écartent de notre intériorité (voir les proclamations hallucinées de la Dame du marketing), nous verrons qu’il existe à l’inverse, des activités qui favorisent une vie plus profonde pour les êtres humains. Il s’agit notamment de la simplicité volontaire, de la création, des liens sociaux, de l’engagement citoyen contre la prédation…

Les stimuli et sensations : de puissants moteurs de l’existence

Tout être vivant est doté d’un instinct d’exploration. C’est grâce à celui-ci qu’il se procure nourriture, abri, capacité de reproduction. Mais ses besoins vitaux satisfaits, il reste chez l’homme et chez nombre d’êtres vivants, un besoin d’exploration qu’on nomme aussi curiosité et ceci pour une raison bien simple : la vie s’avère être, entre autre choses, un ensemble de sensations.

Pas se sensations, pas de vie ! Cette équation est parfaitement vérifiée en ce qui concerne le nourrisson. Si on se contente de le nourrir et de le soigner sans le stimuler, il finit par dépérir. C’est ce que René Arpad Spitz appelle « La dépression du nourrisson ». Voir article.

L’homme a besoin de se sentir vivre et pour se sentir vivre, il a besoin de variétés dans les sensations, étant entendu qu’elles peuvent varier tant en nombre qu’en intensité.

Mais alors, pourquoi un tel besoin de variété ?

L’homme n’a pas seulement besoin de pain, mais de sensations, d’émotions, de sentiments et de pensées, comme celui de reconnaissance sociale par exemple, qui est un besoin très puissant. Or, lorsque des sensations, des émotions ou même des pensées se perpétuent, elles finissent par perdre les effets stimulants qu’elles avaient à leurs débuts. C’est ce qu’on peut nommer accoutumance ou encore habituation, voire familiarisation.

Par facilité, l’homme cherche à augmenter l’intensité de ces phénomènes et leurs fréquences. Aujourd’hui, grâce à la technologie, il le peut.

C’est l’une des raisons profondes du consumérisme. Par exemple, vous changez de logement, donc sensations nouvelles qui vous tiennent éveillés jusqu’à l’accoutumance à votre nouvel environnement sonore. Une ambulance passe, la sirène retentit, variant en intensité et en fréquence, vous prenez conscience de son passage mais si cela persiste du matin au soir et du soir au matin, vous finirez par ne plus y porter attention. Vous vous y habituerez.

Vous entrez dans une pièce odorante, l’odeur peut vous séduire ou vous incommoder, mais au bout d’un certain temps, vous ne sentez plus rien, c’est l’accoutumance. Pour maintenir la sensation odorante, il faut augmenter les doses de gaz odorant dans la pièce.

Vous prenez l’autoroute, vous accélérez, vous éprouvez une sensation de vitesse, mais ne pouvant dépasser les 130 km/h, vous vous accoutumez à cette vitesse constante et bientôt, vous ne la ressentez plus, d’où la tendance à accélérer et à dépasser les vitesses autorisées.

Ces exemples relatent un changement dans notre environnement, changement dépendant ou non de notre volonté. Le passage d’une ambulance ne dépend pas de notre volonté, mais le changement de logement peut en dépendre. Dans ce cas, le changement est lié à une activité d’exploration.

Certaines sensations sont liées aux mouvements de notre physiologie dont nous ne sommes pas en général conscients comme la respiration, la digestion ou les battements du cœur. Nous y sommes accoutumés. Mais des variations de ces sensations peuvent provoquer des états de conscience de la perception du temps qui varie en fonction de notre ennui ou de notre passion face à une action.

En résumé, on constate que lorsqu’une variation se répète régulièrement, il y a accoutumance et l’état de conscience qu’elle suscite tend à disparaître, autrement dit, l’homme ne se sent plus vivre.

Les sensations sont provoquées par des stimuli tels que l’impact de photons sur la rétine pour les sensations visuelles, des molécules sur la peau pour le toucher ou la chaleur, des molécules d’air sur le tympan pour l’ouïe, etc…

En ce qui concerne les émotions, les sentiments, les pensées, ce sont des ensembles de stimuli qui les provoquent, par exemple la vue d’un animal agressif provoque la peur, celle d’un ami la sympathie, la lecture d’un livre stimule les émotions ou la pensée, etc..

Pour se sentir vivre, l’homme a alors le choix entre plusieurs possibilités :

  1. Il peut augmenter le nombre et l’intensité des stimuli,
  2. Il peut affiner ses sens, de sorte qu’à stimuli égaux, les sensations soient plus intenses,
  3. Il peut créer des œuvres ou des liens,
  4. Il peut se couper des stimuli obtenant de la sorte une variation importante dans l’ensemble de ses sensations, ce qui est aussi une façon de se sentir vivre. Comme par exemple le bruit d’un tic-tac d’une horloge qui cesse brusquement.

Le consumérisme augmente superficiellement le nombre et l’intensité des stimuli.

Ce choix s’est fait par facilité car il va dans le sens de l’entropie croissante, ou si vous préférez, dans le sens de la plus grande pente, tendance amplifiée au maximum par le marketing et la publicité.

On mange plus, « on est foutu, on mange trop » comme le chante Alain Souchon ; dans les discothèques, le son est toujours plus fort, assorti de flashs éblouissants ; les tenues sont de plus en plus aguichantes ; les mèches de cheveux deviennent vertes, rouge vif ; la télévision nous matraque de clips étourdissants, de films de violence et d’horreur ; les véhicules de sport ou de transport vont toujours plus vite ; chez Auchan, les nouveaux marchands du Temple mettent à notre disposition une variété infinie de produits de même nature dont on fait simplement varier l’emballage et le nom… Une vison de « l’Enfer » si bien décrite par Dante Alighieri dans la « Divine Comédie ».

 Mais ce choix mène à une impasse à cause de l’accoutumance. Cette remarque est valable pour tout : la boisson, le tabac, les drogues, la danse, la musique, les spectacles, le sport… Quand le haschisch ne suffit plus, on passe à des drogues plus fortes. Dans les discothèques, on augmente le niveau sonore et le rythme jusqu’aux limites du supportable, et au-delà même, puisqu’on sait maintenant que les habitués des boîtes de nuit sont davantage sujets à la surdité.

A la télé, on nous abrutit de jeux télévisés, de clips, dans un maelström de bruits et d’images.

Cela est valable aussi pour la fringale d’achats. La fièvre acheteuse ! Il y en a même qui disent qu’il existe une véritable addiction à l’Optimisation fiscale…

 Ce mode de vie conduit à la mort physique, car on atteint les limites biologiques (obésité, maladies cardio-vasculaires, overdoses, cirrhoses, accidents de la route, troubles cognitifs dégénératifs de toutes sortes etc etc…). Mais aussi mort sociale en conduisant à l’individualisme forcené, à la destruction du lien social.

Enfin, c’est une mort planétaire, parce que pour générer des stimuli (le toujours plus du Système Auchan par exemple), il y a besoin de croissance, d’un surcroît d’énergie, d’où l’épuisement des ressources naturelles de la planète, polluée par ailleurs par les humains. Et ce n’est pas la noria des 200 000 containers de l’AFM qui va améliorer les choses…

Et le pire, c’est que ce processus qui conduit à la mort n’est même pas passé par la case « bonheur », car chez ceux qui pratiquent l’hyperconsommation, le sentiment de vide subsiste et s’amplifie jour après jour au point d’amener les plus fragiles à l’isolement, au surendettement jusque parfois au suicide.

Comment échapper à ce destin funeste ?

  1. La tentation d’une vie à hauts risques qui accroit artificiellement l’intensité

                            des sensations et des émotions.

Pour cela, nous avons la guerre, les sports extrêmes, l’exploration des terres vierges et la spéculation financière. Le risque est sans doute producteur d’adrénaline : quelle exultation quand on gagne ! Mais à l’échelle de la finance internationale, c’est un jeu mortel pour la société. N’est-ce pas ce que nous vivons jour après jour depuis la chute de Lehman Brothers ? Il faut être le premier arrivé pour arracher un marché, les traders sont soumis à un stress permanent, et la logistique du Système Auchan est sommée d’améliorer en permanence sa productivité. A tout prix…

Mais ils aiment ça. C’est une source d’adrénaline. On peut parler d’addiction, car comme nous le dit Susan George : « Pour les riches et les puissants, rien ne sera jamais de trop », ils sont fermés à toute argumentation rationnelle. Susan George, Récompenser les coupables, punir les victimes, Le Devoir, 26 août 2011.

Les sports extrêmes sont récupérés pour servir de spectacle à la foule, tels les jeux dans l’Empire Romain. La course permanente, dénoncée avec le talent qu’on lui connaît par Raymond Devos dans son sketch « Mais où courent-ils ? » est selon le psychanalyste, ethnologue et neuropsychiatre Boris Cyrulnik, à l’origine de la plupart des névroses et autres pathologies qui nous assaillent de partout.

Le jeu et la compétition permettent de se procurer des stimuli intenses lorsqu’ils sont pratiqués dans la joie, l’amitié et la mesure. Il est clair que le capitalisme qui joue au Monopoly avec le pauvre monde est la parfaite illustration de cet Hubris qui se déchaîne dans le cœur des hommes et cette violence qui échappe à tout contrôle, menace aujourd’hui l’existence même de la planète. Voir René Girard. Achever Clausewitz. Carnets Nord. 2007.

  1. Une première alternative : l’épicurisme qui est un moyen de maintenir le

                           sentiment de vivre, voire de l’élever.

Il consiste à éduquer nos sens à ce qui, à stimulus égal, permet de mieux ressentir. C’est ainsi qu’un œnologue, ayant éduqué son nez, éprouve beaucoup de plaisir à déguster un grand vin qu’un néophyte. De même pour un mélomane capable de déceler le 1/16 ème de ton à l’écoute de la musique, ou encore pour un peintre à la vue d’un tableau ou d’un paysage etc.

Les consommateurs remplissent leur caddie, passent beaucoup de temps à cliquer sur le web : mais n’est-ce pas parce que la surconsommation sert d’ersatz à des besoins fondamentaux non satisfaits comme le lien social tout simplement ?

Ceci est également valable pour le registre des émotions. C’est la course au toujours plus. Encore plus de plus pour nous faire vibrer comme le proclame la Dame du marketing.

Il nous faut réapprendre la patience, prendre le temps de faire les choses sans être soumis aux injonctions d’un monde devenu chronophage. Un monde que le Néolibéralisme a rendu immonde.

Face aux menaces d’affadissement du désir, il s’agit pour le Système Auchan de renouveler en permanence les sensations, les émotions pour nous faire toujours consommer plus. Il nous faut rentrer en résistance face à cette marchandisation du monde en développant des comportements beaucoup plus féconds que la simple addiction à la marchandise.

  1. Une deuxième alternative : la création, une source de stimuli toujours

     nouveaux.

 La création peut consister à créer par son travail, créer à travers la danse ou la musique. Peindre, écrire, jouer au théâtre, s’occuper des autres sont de merveilleuses occasions de déployer ses talents. Il est bien évident que créer amène toujours du nouveau, que ce soit dans les arts, les sciences ou la technique. Cela accroît le nombre des stimuli, mais sans effets secondaires néfastes.

Plus un être humain sera habile et entraîné, plus il créera dans le même intervalle de temps. Quand à l’accoutumance, il est toujours possible de changer de champ de création si elle s’installe. Les grands romanciers, peintres, compositeurs, interprètes ont souvent crées jusqu’à la fin de leur vie, car la passion les animait.

Les seules limites sont les activités concernées par le vieillissement comme le sport, la danse etc. Encore que les participants à ces activités peuvent accepter de baisser le niveau de leurs performances ou bien de devenir professeurs ou entraîneurs. Ce qui leur permet de continuer à vivre leurs passions sous une autre forme. Aucun risque que quiconque demande à poursuivre la vie infernale qui nous est imposée par nos Maîtres…

Notre société encourage-t-elle la création ? En partie oui comme par exemple dans la mode ou bien l’ameublement. Une seule condition : que ce soit rentable.

Mais l’école et le système d’Enseignement supérieur n’encouragent pas du tout la créativité. Nous connaissons tous ces rapports accablants qui mettent en évidence le conformisme qui règne par exemple à l’ENA qui devient tellement dommageable pour notre pays. Sans parler des écoles de commerce qui sont d’une pauvreté affligeante en ce qui concerne la culture générale, l’ouverture sur le monde. Ce sont uniquement des machines à fabriquer les bons petits soldats de la Grande Guerre Economique du XXI ème siècle, versus caporalisation. Certainement pas des hommes et des femmes libres ! Ce qui explique le nombre croissant de jeunes gens forts diplômés qui ne veulent plus jouer. Et qui décident de donner une toute autre orientation à leur existence. En lien avec leur véritable nature. C’est un phénomène qui devient très inquiétant pour les Oligarchies qui nous dominent.

Vous avez envie, vous, de sacrifier votre vie professionnelle pour les Mulliez ? S’il est parfaitement légitime de chercher à gagner sa vie afin d’assurer sa subsistance et celle de sa famille, on peut s’interroger sur cette propension qu’ont certains à faire du Système Auchan une nouvelle puissance tutélaire … avec tous les rites qui vont avec !

Car chez les Mulliez, Monsieur, on ne partage pas. Non Monsieur, on ne partage pas. On Optimise ! Et pourtant….

  1. Une troisième alternative : créer du lien par le service, une source d’émotions

                            gratifiante.

 Parmi les modes de vie, on peut aussi choisir le service. Dans le social, la santé, les associations, le syndicalisme par exemple. Il est bien évident que ces riches activités à fort contenu empathique permettent de multiplier les émotions en guérissant, en aidant à trouver des solutions, en construisant des solidarités…

Hélas, nous constatons que la société marchande tend à réduire, pour ne pas dire détruire, ce mode de vie : atteinte au service public, réduction des effectifs, rentabilisation maintenant de la santé… Par exemple, l’industrie pharmaceutique encourage la prise de médicaments jusqu’à l’indicible. Voir le scandale du Médiator par exemple et ce magnifique long métrage qui raconte le combat de la pneumologue Irène Frachon contre les laboratoires Servier. La fille de Brest. 2016.

  1. Une quatrième alternative : l’ascèse qui permet de faire varier le nombre

                            et l’intensité des sensations et des émotions.

 L’ascèse, c’est une discipline volontaire du corps et de l’esprit qui cherche à tendre vers une perfection, par une forme de renoncement ou d’abnégation. C’est une philosophie très bien incarnée en Europe par le Stoïcisme et en Inde par la Bhagavadgîta par exemple.

L’ascèse consiste à apprendre à se détacher des besoins inutiles, afin de ne plus souffrir de leur manque et à se centrer sur ses besoins essentiels. Cela consiste à vivre heureux en les satisfaisant à partir de choses, d’actions simples. Le principe de l’ascèse rejoint par exemple ce très puissant mouvement pour la simplicité volontaire. Voir par exemple le magnifique exemple de Pierre Rahbi le fondateur du mouvement Colibris et qui appelle à « l’insurrection des consciences » pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète un enfer de souffrances et de destructions.

 Quoi qu’on en pense, c’est aussi un choix de vie qui s’explique par le fait de se maintenir éveillé par la suppression des stimuli. Un tel mode de vie n’est sans doute pas du goût des dirigeants des multinationales et des directeurs du marketing, puisqu’il s’oppose au principe de la consommation sans limites.

Sans aller jusqu’à l’ascèse, le psychologue Abraham Maslow nous propose une psychologie de l’être qui vise à terme la réalisation de soi. Maslow constate que les êtres vivants sont souvent écartelés entre deux tendances : le besoin de sécurité et le besoin de grandir, de se réaliser.

Si les sécurités (physique et affective) sont assurées, les humains continuent à grandir toute leur vie. Grandir, c’est-à-dire apprendre sur soi et le monde, devenir de plus en plus indépendant vis-à-vis des opinions, de plus en plus patient, tolérant etc.

Peut-on dire que la société marchande favorise cette croissance ?

 

CONCLUSION

Les modes de vie non consuméristes impliquent l’effort. Or, les seuls efforts auxquels nous invite le Système Auchan se font dans le cadre du travail pour nourrir nos amis les Belges.

Pour le reste, du fait des facilités évidentes que la technologie nous apporte et de l’exploitation qu’en font les multinationales (toujours plus, encore plus de plus..), le consumérisme conduit à une perte du goût de l’effort. Pourtant, si nous voulons éviter les souffrances (et ainsi éviter de consulter HumaniA..), l’effort est indispensable.

Les choses doivent se faire en temps utile. Si elles ne se font pas, la souffrance apparaît. Et la philosophie de Marc-Aurèle par exemple nous a montré que la vie est une lutte permanente au cours de laquelle il nous faut faire des efforts. Ceux-ci sont des mini-souffrances, tout à fait surmontables. Ce sont surtout des souffrances qui n’abaissent pas, n’humilient pas, mais au contraire nous font grandir.

Il nous faut donc passer d’une société où l’on ne cesse de produire pour une consommation à outrance qui n’a aucun sens et qui ravage tout sur son passage, à une civilisation qui permette un véritable développement des facultés créatrices et humanistes.

 

Le pouvoir de l’économie qui fait peser sur nos têtes son implacable domination se développe comme une logique propre qui est devenue la seule logique de notre pauvre monde.

 La logique du profit.

 Il étend sur nous ses impératifs auxquels nous sommes en réalité totalement étrangers et nous

les impose comme les lois de notre propre vie.

 Nous marchons comme des forçats sur les berges du fleuve Vendre-Vendre-Vendre.

Les yeux fixés sur les cadrans du Cash, des stocks, des notes de SBAM, du placement des garanties plus, de la démarque inconnue, de la rentabilité sur capitaux investis et tout le tintouin, alors que nous ce qu’on aime, c’est déguster une glace au bord de la mer, faire une bonne sieste sur un transat à rayures. Passer une soirée avec nos amis autour d’un excellent chianti, faire du lèche-vitrines, un 180 sur l’autoroute et le top, regarder la télé d’un œil en se vernissant les doigts de pied.

 Mais les Princes qui nous gouvernent ajustent et généralement raccourcissent la longe qui permet nos propres mouvements.

 Ils calculent, pilotent, répartissent. Ils gardent pour eux quelques rares clous d’or et nous distribuent les billes d’agate que nous appelons nos joies et nos libertés.

 Quel décret du ciel a décidé que le bonheur des hommes serait inscrit à jamais dans les registres des marchands ? Que signifient notre fureur et notre angoisse, sinon notre impuissance à dominer cette abomination ?

 Nous devenons des forçats pour nous assurer le superflu. Nous créons avec le concours actif de la Dame du marketing des besoins insensés et inutiles, puis nous devenons les prisonniers de ces cataractes de cupidité que nous avons déchaînés.

 Et nous perdons notre vie dans le labyrinthe du système Auchan à courir après les fausses images de la vie que nous nous sommes stupidement forgés.

 Des fantômes que l’on appelle dettes, humiliation par les petits chefs, angoisse de perdre notre emploi peuplent nos nuits. Qui nous dira un jour qu’ils ne sont rien ?

 Si nous gardions les pieds sur terre, nous saurions que l’essentiel est d’être forts et résolus. Solidaires pour combattre la violence et le cynisme des Princes qui nous gouvernent.

 La vraie vie et notre dignité, ce n’est pas de nous livrer à la débauche du consumérisme à outrance dont se nourrit le Système Auchan, et à travers lui le Néolibéralisme, mais c’est de comprendre que la vraie richesse et la vraie force sont ailleurs.

 Et aussi, la vraie liberté.

 

Aux Princes qui nous gouvernent : vous avez aimé 2016 ? Vous allez adorer 2017 ! Bonne année.

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

  • FO Auchan le Pontet les lanceurs d’alertes.

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