Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Déconstruire le Système Auchan. Le Marketing et la mobilisation des Troupes d’Occupation Mentale, partie III.

Chers Camarades, chers Collègues,

 C’est dans un goulag mental que nous sommes enfermés. Comment décrypter la publicité ? Comment échapper à la désinformation publicitaire ? Comment parvenir à la contourner ?

Ces questions ne posent pas seulement un problème, mais ouvrent également les voies pour une résistance, la même qui se déploie en silence au sein du Système Auchan que nous déconstruisons publication après publication.

Le conditionnement s’opère à travers la presse et internet, mais pas seulement.

  1. La télévision.

La télévision est le premier secteur de dépenses publicitaires dans le monde. Cela s’explique par l’importance du public touché (97% des foyers français) et de la durée d’exposition.

Sur une vie entière cette moyenne, c’est environ 20 ans (hors sommeil) passés assis devant la télévision. Et donc environ 2 ans de publicité !

La télévision, de par les mécanismes psycho-cognitifs utilisables, est un phénomène publicitaire extrêmement efficace, ce qui explique l’envahissement de notre quotidien par les écrans (salles d’attente, boutiques, transports en commun…)

Voyons comment cela fonctionne.

La structure temporelle des programmes et des publicités

changements rapides de plans et de contenus

Les effets de ces mécanismes sont multiples :

  1. Chaque nouvelle confrontation à une image (ou à un logo) en renforce la mémorisation. Avec l’expérience et l’habitude, le cerveau la traite de plus en plus vite. Il la reconnaît, la lit, l’analyse rapidement. C’est ce que l’on appelle la fluidité cognitive. Traiter plus rapidement une information, comme un logo, le conduit à lui attribuer une valeur positive car le fait de s’habituer à une information, la rend plus familière, voire plus agréable.
  2. Lorsque l’information est diffusée sur un mode rapide et en flux tendu, le cerveau humain tend à la considérer comme vraie, sans se poser la question de sa validité. Il semble en effet que ce présupposé de vérité aide à assimiler le contenu, l’articulation et le sens d’une information.
  3. En mobilisant l’attention de notre cerveau, la fréquence des coupes et des changements de plans permet de capter l’attention du téléspectateur. En effet, le renouvellement permanent des images, produit à chaque fois une sorte de déclic lié à la nouveauté.
  4. La fréquence des changements de plan s’accompagne aussi d’une baisse du rythme cardiaque et d’un afflux de sang au cerveau, probablement lié à la mobilisation de l’attention vers la nouveauté

Cet effet est d‘autant plus important que l’écran est grand. Ce mécanisme expliquerait l’état d’apparente relaxation (ou de torpeur) que l’on peut ressentir en regardant la télévision, et par là même, la difficulté à s’en détacher.

Utilisation de célébrités

Il a été prouvé que l’association d’une célébrité à une marque, en générant un transfert inconscient d’un sentiment positif vers la marque, entraîne des préférences vis-à-vis des produits particulièrement persistantes : c’est ce qu’on appelle «  le conditionnement évaluatif ».

Ce même mécanisme est déclenché par le petit bonhomme vert de la Cetelem (sympathique et inoffensif) ou par l’expert en blouse blanche (situation valorisante) qui nous explique que Colgate renforce l’émail de nos dents.

A propos du conditionnement évaluatif. Il s’agit sans doute du mécanisme psychologique le plus utilisé par la publicité. Il consiste à associer un stimulus chargé émotionnellement (par exemple, la joie, la sympathie, une musique agréable… ou une célébrité), à un stimulus neutre (la marque du produit), même si cette association est dénuée de toute logique. Le conditionnement évaluatif fonctionne car nous disposons d’un mécanisme de « mémoire émotionnelle » particulièrement efficace et durable.

En effet, les situations qui suscitent des émotions fortes sont les plus importantes pour notre survie, il s’agit donc de les mémoriser. Ainsi, la noradrénaline nous fait mémoriser tous les détails d’une rue où nous avons été agressés, pour ne plus jamais y remettre les pieds.

Elle nous fait aussi mémoriser le contexte d’une rencontre amoureuse, sans doute pour nous pousser à recommencer l’acte reproductif et procurer le plus de chances de survie à nos gènes. Et elle peut nous faire retenir le nom d’une marque de vêtements, si le photographe qui l’accompagne suscite en nous une vive émotion.

Ciblage des enfants

En raison de la formation inachevée de leur système nerveux central et de l’extrême réceptivité et plasticité de leur cerveau, les enfants et adolescents sont beaucoup plus sensibles au conditionnement que les adultes et ce, avec des effets beaucoup plus profonds et limitatifs de leur liberté.

La recherche monte que jusqu’à l’âge de 8 ans, la plupart des enfants ne possèdent pas les capacités cognitives nécessaires pour comprendre que la publicité n’est pas simplement une source d’informations et présente un point de vue biaisé.

Bien que les enfants plus âgés et les adolescents puissent comprendre l’intention de la publicité, cette information est sans effet sur leurs comportements et ils ne tentent pas de contrecarrer son influence. En effet, résister à la publicité exige aussi la capacité de peser les conséquences sanitaires à long terme d’une consommation contre une récompense à court terme, une capacité qui n’est pas entièrement développée avant l’âge de 20 ans.

Au-delà du fait que les enfants sont une excellente cible pour inciter les parents à débourser, les rectifications d’idées acquises est plus difficile pour un individu que l’apprentissage d’idées nouvelles pour lequel il ne possède pas encore de modèle (dissonance cognitive).

S’adresser aux enfants est donc une excellente opportunité pour une marque d’acquérir un consommateur « à vie », ce qui explique l’intérêt particulier que porte l’industrie agro-alimentaire aux publicités dirigées vers les enfants. Ils sont aidés en cela par les politiques qui n’ont pas voté de textes interdisant la publicité dans les programmes pour enfants (comme c’est pourtant le cas dans beaucoup d’autres pays).

Des études estiment qu’à l’âge de trois ans, un enfant américain est capable de reconnaître en moyenne 100 logos de marques. A l’âge de 10 ans, il aura mémoriser entre 300 et 400 marques.

A propos de la dissonance cognitive. Selon cette définition, l’individu en présence de cognitions incompatibles entre elles (connaissances, opinions ou croyances sur l’environnement, sur soi ou sur son propre comportement), éprouve un état de tension désagréable : c’est l’état de « dissonance cognitive ». Dès lors, l’individu mettra en œuvre des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif.

L’une des stratégies pour réduire la dissonance cognitive consiste à modifier les croyances, attitudes et connaissances pour les accorder avec la nouvelle cognition ; elle est appelée « processus de rationalisation ».

– Plus l’investissement et l’engagement de la personne lui ont coûté, moins elle est prête à y renoncer, selon le psychologue américain Grégory Bateson.

– Plus un apprentissage à été difficile, malaisé, douloureux ou même humiliant, moins l’individu est prêt à remettre en cause la valeur de ce qui lui a été enseigné. Cela signifierait en effet qu’il a investit et souffert pour rien.

– Lors d’enquêtes, on observe que plus un choix s’est montré difficile et engagé (d’un logement, d’un achat important, voire d’un conjoint), plus nous aurons ensuite tendance à estimer avoir effectué le bon, et donc à oublier certains éléments de l’environnement ayant peu de rapport avec ce choix.

– Les mécanismes des ventes pyramidales par exemple, s’appuient fortement sur le refus irrationnel de faire marche arrière suite à un engagement.

Au regard de la variété et de l’efficacité des techniques de manipulation mise en œuvre, il est donc particulièrement important de bien comprendre les mécanismes qui sont déployés afin d’obtenir de nous les comportements attendus.

La remarque vaut également concernant les techniques de conditionnement déployées par le Système Auchan et ses méthodes de management (voir expériences de Milgram).

 Conclusion

Nos publications s’adressent à ces gens que l’on dit ordinaires : les salariés du système Auchan. Vous devez être fidèles à vous-mêmes et vous donner les moyens de résister à cette désolation qui nous est imposée jour après jour.

Pour cela, il faut comprendre. Notre rôle est de vous donner des armes d’autodéfense intellectuelle. On n’apprend pas ça à l’école ! Il s’agit d’acquérir une indépendance d’esprit. D’y travailler. On y arrive rarement seul. La « beauté » du Système, c’est qu’il isole. Chacun seul face à la machinerie.

Georges Orwell avait pour ambition de mettre à l’épreuve les catégories fondamentales pour essayer de penser, aussi précisément que possible, le cours présent des choses et ce vers quoi il nous emporte. Tel est, pensons-nous, notre responsabilité en ces moments de grande confusion.

Le Système Auchan essaye d’isoler les gens, de les séparer, de créer de fausses fractures. Et toute la clique de supplétifs est là pour ça. Avec comme Chef d’Escadrille, ce pauvre Cmoi….

Notre mission, c’est de réunir ce qui est séparé. Nous devons susciter des moyens d’actions alternatifs et nous réunir avec des gens aux préoccupations semblables, aux valeurs similaires, désireux d’aider ceux et celles qui veulent se prémunir contre les injonctions du Système Auchan, à se prendre en main et à créer de nouvelles solidarités.

C’est un ensemble d’intérêts. Que ceux et celles qui n’acceptent plus l’inacceptable apprennent à se défendre conjointement avec d’autres.

 

Les illusions nécessaires sont faites pour tromper et tenir à l’écart la majorité.

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE 

 

 

 

 

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