Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

Déconstruire le Système Auchan. Comprendre la mondialisation, partie II.

Chers Camarades, chers Collègues,

 

La grande caractéristique de ce nouveau capitalisme réside dans l’extraordinaire montée en puissance des marchés financiers.

La conséquence est l’obsession de la création de valeur pour l’actionnaire et une exigence de rentabilité du capital exorbitante. Un taux de rémunération du capital de l’ordre de 12 % est désormais couramment exigé, alors même que la croissance du PNB Mondial ne dépasse pas 3 %.

Parallèlement, alors qu’il y a quelque temps on ne jurait que par les retours sur fonds propres pour mesurer la rentabilité de l’actif économique des entreprises, aujourd’hui et afin de compenser le manque d’information sur la rentabilité future, on valorise les entreprises à l’aide de ratios présumés, fondés sur les parts de marché obtenues ou à valoir.

Ce qui est exactement le cas pour Groupe Auchan en Chine ainsi qu’en Russie, l’omerta en plus…

La valeur économique se rapporte de moins en moins à une valeur objectivable, et de plus en plus à une richesse virtuelle censée répondre aux désirs illimités des individus.

Mais de quels désirs peut-on aujourd’hui parler face au désastre de la Mondialisation ?

Il nous faut bien avoir présent à l’esprit cette donnée qui glace le sang : le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé l’an dernier celui des 99 % restants (article les Echos du 21 Février 2016).

Et le cynisme de la presse propriété de l’Oligarchie enfonce le clou en affirmant dans un article BFM Business d’une totale impudeur : « Immensément riches, ils vivent comme Monsieur Tout-le-monde… » Nous vous laissons prendre connaissance de cet article ignoble qui vante un « surprenant train de vie d’une grande simplicité » (article BFM Business du 12 Février 2016).

A l’image de la vie misérable que de plus en plus parmi nous subissons ? La vie, la vraie….

La vie à Néchin doit certainement être plus agréable que dans la pollution du périphérique parisien ou dans les frigorifiques Auchan…

Cette distorsion entre l’économie réelle et l’économie financière, la valeur boursière et la valeur ajoutée, mais aussi entre le consommateur et l’actionnaire, entretient l’illusion que l’accumulation de titres équivaut à la production de biens. La fuite en avant se faisant toujours à crédit, les actions boursières ressemblent de plus en plus à des assignats en puissance. La « bulle » spéculative qui ne cesse de grossir à grands coups de Quantitative easing (en Français, on fait tourner la planche à billets), risque à tout moment de crever, entraînant krach sur krach.

C’est exactement ce qui se passe depuis début décembre 2015. Et n’oublions surtout pas que nos actifs en Chine sont côtés à la bourse de Shangaï… Le communiqué Groupe Auchan du 09 Mars 2015 pose le décor : « Suite à la signature, en 2013, d’un amendement au pacte d’actionnaires de Sun Art Retail Group avec Ruentex, Groupe Auchan consolide à 100 % les résultats de sa filiale chinoise depuis le 01 janvier 2014 (contre 51 % en 2013), impactant de manière significative les résultats du Groupe ». On peut raisonnablement penser que sans cette opération purement financière, le recul de Valauchan en 2015 n’aurait pas été de – 3 % … mais plutôt de – 10 %. One Shot….

Retrouvant ses appétits d’origine, mais avec des moyens surmultipliés, le capitalisme du troisième âge tend à faire disparaître tout système de sécurité, l’idée de base étant que, dans une économie où la concurrence prend le pas sur les organisations et les institutions, le social ne doit surtout pas venir perturber le jeu du marché.

Du fait de la déréglementation, les salariés voient disparaître les uns après les autres, sous les gouvernements de gauche comme de droite, les avantages et les droits acquis par des décennies de combat syndical. C’est également exactement ce qui se joue en ce moment avec la destruction programmée du Code du Travail (Voir note AFP).

Parallèlement, le caractère informationnel du néocapitalisme (on produit toujours plus de biens et de services avec toujours moins d’hommes) fait que la croissance devient « riche en chômage », tandis que la flexibilité se traduit surtout par la dévalorisation de la notion de statut et que se développent la précarité et l’exclusion.

Le chômage de conjoncturel, devient structurel. D’une part, on assiste tendanciellement au déclin des emplois agricoles et industriels, auquel s’ajoutent les contraintes budgétaires qui pèsent sur la création d’emplois publics et les limites inhérentes au développement des emplois dans le tertiaire marchand. Combien de milliers d’emplois Auchan France a-t-il détruit ces dernières années ?

D’autre part, le mouvement de recherche de la main-d’œuvre se délocalise de plus en plus hors des territoires nationaux.

Pour terminer, et surtout, les grandes firmes multinationales comme Groupe Auchan, non seulement ne sont plus créatrices d’emplois, ou si peu, mais cherchent au contraire à augmenter leur productivité en en supprimant. Voir par exemple la multiplication des caisses automatiques, les merveilleux programmes comme compétitivité… On est de trop et il n’y en aura pas pour tout le monde.

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Naguère, une entreprise avait tendance à embaucher quand elle faisait du profit. C’est même ainsi qu’on justifiait ce profit : plus les entreprises se portaient bien, moins il y aurait de chômage.

Aujourd’hui, c’est l’inverse. Lorsque Michelin annonce simultanément en Septembre 1999 la suppression de 7 500 emplois (voir article l’Humanité) et une hausse de 22 % de ses bénéfices, la nouvelle est accueillie avec une faveur immédiate par les marchés. De même lorsque Lionel Jospin entérine en juin 1997 la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde (voir article les Echos), les fonds d’investissement présents à hauteur de 5 % dans le capital de la firme, applaudissent des deux mains.

Plus près de nous, le Groupe Sanofi avec un résultat net supérieur à 4 Milliards d’Euros, annonce la suppression de 600 emplois en France (voir article du Monde).

Le chômage devient facteur de profit

Du moins à court terme, car on ne tient pas compte des conséquences sur la consommation. Dans un tel contexte, la croissance en emplois s’explique essentiellement par le développement du temps partiel et celui des emplois courts et précaires.

En d’autres termes ; plus la société va mal, plus les profits augmentent.

D’un côté, on crée un chômage structurel, de l’autre on fait de moins en moins pour les chômeurs. Et c’est un gouvernement de gauche qui explique que les chômeurs coûtent trop cher à l’UNEDIC, sans aucunement remettre en cause cette abominable domination du Capital (voir note AFP).

C’est ainsi tout le visage de la société qui se modifie peu à peu. Autrefois, les bénéfices enregistrés par les gagnants profitaient encore quelque peu aux perdants, situés tout en bas de la pyramide sociale.

Ce n’est plus le cas. C’est le modèle de la société en sablier qui s’impose progressivement : des riches de plus en plus riches, des pauvres de plus en plus démunis et tenus à l’écart, et une classe moyenne qui se rétrécit au milieu.

Il est indéniable qu’une néo-bourgeoisie domine désormais la société française, comme beaucoup d’autres sociétés démocratiques. Elle fait partie d’un monde de la rapidité, de l’adaptation, de la concurrence, elle forme une humanité décontractée, internationale, tolérante, un brin cynique, à la culture cosmopolite et au pouvoir d’achat variable et élevé.

A l’abri des vicissitudes d’une société soumise à l’ouverture et à l’anomie, protégée par ses sociétés de vigiles et ses stock-options, la nouvelle classe dominante abandonne le peuple à son triste sort et taxe de « populisme » sa volonté de maintenir les anciennes protections.

« D’une certaine manière, remarque Henri Guaino, la dérive du capitalisme entrepreneurial (nos anciens dirigeants) vers le capitalisme financier (actuelle AFM) donne raison à Marx : le capitalisme scie lui-même la branche sur laquelle il est assis (Des brèches s’ouvrent dans le front de la pensée unique, in Marianne, 24 Janvier 2000, p 26).

Et Serge Latouche parle très justement d’un « système qui roule à toute vitesse, qui n’a pas de marche arrière, qui n’a pas de frein et qui n’a pas de pilote ».

 

On danse sur un volcan

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

 

 

6 Comments

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  1. Bonjour avez vous des estimations de la prime de progrès

    1. Syndicat Force Ouvrière

      Bonjour,

      Non mais auchan Aubagne affiche sur ses panneaux une projection à 13% ???

      1. J ai entendu que la part était entre 30 a 60 euro mais ce n est pas sur du tout à vérifier

        1. Syndicat Force Ouvrière

          Bonsoir,

          PAs d’information a ce jour que des bruits de couloirs sut la part!

        2. Syndicat Force Ouvrière

          Des Bruit annonce une part au alentour de 90 euros et un Taux sociétés a 3% et des poussières mais a prendre avec des réserves.

  2. Un peu d’histoire. Le 11 février 1945, les américains, les Anglais et les Russes parviennent à un accord sur la séparation du globe en deux zones d’influences. C’est les accords de Yalta.
    Delà nous voyons deux bloques, un voulant préserver son identité l’autre voulant la mondialisation.
    Yalta est en Crimée, cette partie sera concédée à l’Ukraine qui est de nouveau aujourd’hui le grenier de l’Europe.En voulant l’intégration de cette zone russophone qui a à sa tête un président qui n’hésite pas au cours d’un rassemblement faire le salut nazi. L’Europe veut récupérer cette zone pour permettre aux quatre grand groupes céréalier de faire une o.p.a.
    Aujourd’hui nous assistons à deux formes de guerre, l’une financière et l’autre militaire.
    La guerre militaire pour créer une extension sur les zones à produit énergétique, l’autre sur les zones où il y a développement économique. Le groupe américano-européen cherche à mettre la main mise sur les ressources énergétiques et sur les ressources alimentaires pour dominer le monde en ayant fait main basse sur l’économie.
    L’autre groupe avec les pays non alignés sont plus à vouloir préserver leur identité et leurs coutumes, tout en pratiquant une système économique propre au niveau local, sans vouloir d’uniformisation dans les populations amies.
    Auchan se trouve quelque part par là dans ce système qui lui permet de faire son travaille d’enrichissement personnel et ne plus avoir la vision entrepreneuriale qu’il avait avant.

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