Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

Déconstruire le Système Auchan. Comprendre la mondialisation, partie I.

Chers Camarades, chers Collègues,

 

Nous abordons ici une question difficile qui pourtant conditionne de façon tout à fait déterminante notre quotidien et le futur de nos enfants.

Nous le redisons très sereinement : notre conception de l’action syndicale ne se réduit pas au Code du Travail, même si nous avons fait la démonstration que nous savons le faire respecter.

Le Système Auchan est devenu tellement toxique que son principal objectif est de nous tromper jour après jour en mobilisant ses relais tant en interne qu’en externe afin de ne pas créer un choc systémique de perte de confiance. Le problème, c’est que c’est déjà fait et que ça se voit.

Cette situation que chacun ressent profondément ne doit pas devenir une excuse pour ne rien faire et se laisser abattre.

Il existe suffisamment de projets qui aboutissent contre toute attente et à contre-courant pour nous prouver que l’on peut défendre beaucoup de choses à notre humble mesure.

Nous en faisons la démonstration tous les jours à Auchan Le Pontet.

Notre rôle n’est pas de sauver le monde, mais de l’éclairer avec justesse.

Il ne faut pas perdre de vue que la Vérité rend libre, et que la liberté est contagieuse !

Nous sommes intimement convaincus que nous devons renouer avec ce que la tradition syndicale en France à produit de mieux : le combat contre les forces du Capitalisme fondé sur la connaissance.

Rappelez-vous : il n’y a pas si longtemps, les ouvriers lisaient le journal tous les matins, captivés qu’ils étaient par les articles de Haute Culture qui leur permettaient de comprendre le monde sans perdre leur âme. La Common Décency. Ainsi Jean-Paul Sartre s’opposait à Raymond Aron, Pierre Bourdieu nous révélait comment les Héritiers utilisaient la culture pour se reproduire, Michel Foucault nous aidait à comprendre les mécanismes de domestication sociale. Plus proche de nous, un Michel Onfray nous permet de comprendre comment la Social-démocratie a trahie la classe ouvrière au profit des orientations de Terra Nova

Aujourd’hui, c’est le repli généralisé sur nous-mêmes qui est la règle générale au plus grand profit de l’Oligarchie qu’est l’AFM. Et la Direction Générale est aux ordres, faisant ruisseler ses impératifs en cascade sur toute la ligne hiérarchique qui n’en peut plus de subir tant de cynisme.

Ceci dit, il ne tient aussi qu’à eux (la ligne hiérarchique), de dire : Basta… On ne peut pas toujours pleurer sur le lait renversé, en passant son temps à critiquer la DG…

Pour éviter de tomber dans la résignation qui guette chacun de nous, il est urgent d’agir et d’encourager l’action.

On n’améliore rien en se vautrant dans l’indignation ou en ruminant les paroles et les actes de nos adversaires…

J’écris ton nom…. liberté

Selon le Larousse, la dictature, c’est « un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire ». Nous n’y sommes pas encore tout à fait, mais pas loin. Voir ce qui s’est récemment passé à Davos.

La diabolisation et l’excommunication de la pensée dissidente chez Auchan participent à cette opération d’Orwellisation.

Oh, toi, Paul Eluard, le surréaliste, le fou de liberté, le compagnon de Picasso dans le sang de Guernica, permets nous ici de citer un extrait de ton poème sublime, parachuté pendant la seconde Guerre Mondiale pour que ceux et celles qui se battaient alors pour la France ne perdent pas espoir.

 

Sur mes cahiers d’écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige

J’écris ton nom …./….

Et par le pouvoir d’un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté

Paul Eluard

 

*

*                      *

 

 Le Capitalisme est une dynamique qui mobilise des centaines de millions d’hommes et de femmes autour d’une cause qui n’a pourtant pas d’autre finalité qu‘elle même : l’accumulation du Capital.

Nous pouvons distinguer trois périodes différentes dans le déploiement de qui est devenu notre quotidien physique et mental.

Le premier capitalisme : une dimension familiale et patrimoniale

Ce premier capitalisme qui domine tout le XIX ème siècle est incarné par le « bourgeois » qu’a si bien décrit Werner Sombart et par le « Chevalier Blanc », cet entrepreneur qui manifeste avant tout le goût du risque et de l’innovation.

L’élément d’excitation est représenté par la volonté de découvrir et d’entreprendre.

Le discours de légitimation se confond avec le culte du progrès.

Le deuxième capitalisme : le compromis Fordiste

Ce deuxième capitalisme se développe à partir des années trente, au moment où le prolétariat renonce progressivement à la critique sociale en échange d’accéder à la classe moyenne. La hausse des salaires favorise la consommation, qui atténue les conflits. La figure emblématique de ce deuxième capitalisme est celle du PDG ou du Directeur de Société, en même temps que celle du Cadre Supérieur.

L’élément d’excitation réside dans la volonté de l’entreprise de se développer le plus possible.

Le discours de légitimation met l’accent sur l’augmentation du pouvoir d’achat, ainsi que sur la valorisation du « mérite » et de la « compétence ».

Cette période, qui correspond à l’ère de la redistribution par l’Etat-Providence, du Keynésianisme et de l’expansion régulière de la classe moyenne, prend fin en même temps que les Trente Glorieuses, et plus précisément avec le Consensus de Washington de 1989.

Le troisième âge du capitalisme

Le passage à ce troisième âge correspond au passage d’un capitalisme encore encadré au capitalisme débridé du monde actuel, le « turbo-capitalisme » dont parle Edward N. Luttwak.

Sa figure essentielle est celle du chef de projet (coach), ou du faiseur de réseau (net-worker), qui se borne à coordonner l’activité d’unités à durée d’existence limitée.

Ses valeurs-clés sont l’autonomie, la créativité, la mobilité, l’initiative, la convivialité, l’épanouissement. Le nouveau capitalisme contourne le principe de hiérarchie par un nouveau dispositif de gestion des personnels. Il y a de moins en moins de « chefs », de plus en plus de « responsables » qui travaillent en équipes.

Le manager attentif aux ressources humaines, adaptables, flexibles, « communiquant », remplace le cadre rigide et planificateur. L’employé est mobile, avec très peu de fidélité à la firme qui l’emploie. La présence physique est assurée, mais intérieurement, les employés sont en véritable sécession. Ils n’y croient plus.

Du fait de l’intensification de la concurrence, l’entreprise fonctionne de moins en moins « en interne ». Elle externalise ses services, qui sont alimentés par la sous-traitance et la précarité. L’entreprise Taylorienne ou Fordiste cède peu à peu la place à la firme-réseau, phénomène qui va de pair avec l’émergence d’un monde post-moderne essentiellement « connexionniste ».

L’élément d’excitation est représenté par le développement des technologies nouvelles. Les NTIC.

Le discours de légitimation est celui d’une « nouvelle économie » qui ferait entrer l’humanité dans une nouvelle ère de croissance durable…

Ce qu’il faut retenir

Il n’a échappé à personne que ce processus s’applique parfaitement à ce qui à été l’évolution de l’AFM (Association Familiale Mulliez) au XX ème siècle. Cela permet de comprendre également pourquoi et comment nous en sommes arrivés là. C’est l’objet même de nos publications.

Dans un premier temps, il s’agit d’un capitalisme familial opérant dans l’industrie textile du Nord. Le management y est dit « paternaliste » et le respect de la culture ouvrière s’incarne dans la Doctrine Sociale de l’Eglise.

Ensuite au début des années 1960, la création d’Auchan fait entrer de plein pied les Actionnaires Familiaux dans la logique Anglo-saxonne à base de Management, Marketing, Merchandising, Reporting… On y parle Stratégie d’entreprise et ValAuchan est mis en place, faisant la fortune des Associés-collaborateurs…

Au cours des années 1980, le processus d’internationalisation se met en place et se poursuivra à marche forcée, redirigeant les résultats de la France vers la Chine et la Russie. Le nouvel Eldorado.

Auchan rentre ainsi de plein pied dans la Mondialisation, renforcé par la succession du Président Fondateur remplacé par une équipe de financiers qui délaissent peu à peu la France, cette dernière enregistrant depuis 2010 une accélération de ses régressions par absence de compétitivité.

Nous en sommes là. La crise des Subprimes en 2007 a déjà frappé durement le modèle économique fondé sur la consommation de la classe moyenne. La paupérisation qui s’est installée en France favorise les véritables discounters et non pas les spécialistes du flash-mob…

Pire encore, l’atterrissage brutal l’été dernier de l’économie Chinoise, la crise aigue que connais la Russie sous le double effet de l’effondrement de ses recettes pétrolières et des sanctions occidentales fragilise soudainement Groupe Auchan faisant apparaître de très graves risques sur l’Actionnariat salarié.

 

A ce jour, toujours pas de nouvelles des résultats…. Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

Le pêché suprême pour les Grecs, c’est l’Hubris : la démesure.

« La démesure en mûrissant produit de l’erreur,

et la moisson qu’on en lève n’est faite que de larmes »

Eschyle.

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

 

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