Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

De la guerre économique…

Chers Camarades, chers Collègues,

 

Alexandre le Grand méritait son nom à plusieurs titres, mais sa qualité la plus importante était sans conteste la force de sa volonté.

Comme disait le Maréchal Foch : « La victoire est affaire de volonté ».

La volonté, c’est cette petite voix de la conscience qui nous rappelle sans cesse qu’il faut résister à l’inertie et faire aujourd’hui ce qu’on est tenté de remettre au lendemain.

Nous savons tous qu’il est bien plus facile de renvoyer aux calendes grecques les tâches à accomplir que de les exécuter sur-le-champ ; de ne pas faire que de faire !

Bien plus simple de baisser les bras et laisser les choses évoluer seules que d’entreprendre et de provoquer les évènements.

Les Equipes de Direction qui, à présent, se succèdent à un rythme accéléré chez Auchan, ne sont que le symptôme de l’idéal « petit bourgeois » qui s’est emparé des esprits au sein de cette entreprise naguère flamboyante et conquérante et qui l’a privé de son énergie vitale.

C’est que le monde de François Pignon est balayé par un processus complexe qui a profondément transformé le Système Auchan et rompu un équilibre fragile.

La petite bourgeoisie est partout là où il n’y a pas la misère mais où l’aisance n’est que très relative ou, tout au moins, fragile.

Le salarié chez Auchan fait le dos rond en espérant que cette crise qui menace l’existence de l’entreprise épargnera son « job ». Cela fait beaucoup d’endroits où rôde la peur…

Bienvenu chez les Ch’tis

Souvenez-vous lorsque l’Abbé Sieyès demandait : « Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? » et qu’il répondait « Tout. Or qu’a-t-il été jusqu’à présent ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose ». (Sieyès, Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? 1789).

Cette question ne mérite-t-elle pas d’être à nouveau posée aujourd’hui ?

Le rêve d’une société décente et équilibrée semble désormais appartenir au passé. L’idéal véhiculé depuis 60 ans par les Kennedy, Pompidou ou autre Chaban-Delmas avec sa « Nouvelle Société » nous faisait miroiter une société sans classes où, à l’exception des 1 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres, un immense groupe central émergerait progressivement.

Cet idéal trahissait l’espoir d’un monde « petit-bourgeois » plutôt sympathique, plus ou moins réconcilié avec lui-même, celui que l’on retrouve notamment dans le cinéma des années 1970.

Les Français en ont gardés une forte nostalgie : en témoigne le succès de Bienvenue chez les Ch’tis, exaltation jusqu’à la caricature d’un idéal « petit-bourgeois » de fraternité humaine et professionnelle.

Comme tout cela semble dépassé. Mais que s’est-il passé ?

Tout a commencé dans les années 1980 avec le triomphe des Raiders, des Yuppies, puis des Peoples et des V.I.P.

Les commentateurs n’avaient pas de mots assez forts pour vanter les succes-stories de la nouvelle donne : miracle des OPA, des effets de levier, bonus et primes astronomiques. Tout paraissait fantastique.

Malheureusement, l’heure des comptes a sonnée.

Où l’on mesure que ce miracle dévastateur n’a profité qu’à une toute petite minorité qu’on surnomme désormais : l’Hyper-classe.

Dans ces hautes sphères, de plus en plus coupées du reste de la population, les anciennes puissances de l’argent et de la naissance ont été rejointes par le quarteron des managers choyés par les grandes entreprises, version Stock-Options et parachutes dorés.

Tous sont assez sereins face à la crise. L’essentiel de leur argent est placé, bien au chaud, sur le compte off shore d’un trust ou d’une fiducie au fin fond d’un paradis fiscal.

Certains, pour échapper à l’impôt, sont même devenus des émigrés d’un genre nouveau, des émigrés fiscaux. Et ils ont les mêmes réflexes que leurs homologues de 1792.

A l’instar du Comte d’Artois et de la Duchesse de Polignac, ils trouvent refuge à Monaco, au Lichtenstein, en Suisse…. ou encore à Néchin.

Christopher Lasch les décrit comme « une élite en révolte contre le peuple ». (Christopher Lasch, La révolte des élites et la trahison de la démocratie, Paris, Flammarion, 2007).

A l’inverse, les rejetons des classes moyennes tremblent. Vont-ils se retrouver de plus en plus proches du « prolétariat en lambeaux », ces classes miséreuses des « sans » emplois, logements, véritables sans-dents qui pour paraphraser Hegel sont retombées « hors du processus dialectique vivant » ?

La crise que nous connaissons a au moins un mérite : forcer le petit-bourgeois à sortir de ses illusions et de sa torpeur.

On nous a vendu un système formidable, une « Cash-machine » comme ils disent, censée contribuer à notre épanouissement en faisant de nous des « collaborateurs-associés » dont l’objectif était de nous faire sortir de notre médiocrité…

On nous a contraint à bazarder la plupart de nos solidarités, de nos traditions et de notre sens critique en nous faisans miroiter le succès et la richesse.

On nous a dit qu’il fallait nous adapter en permanence aux évolutions du marché et de la concurrence.

Le salarié du système Auchan devait changer ! Et si nous nous étonnions qu’on transforme ainsi l’économie en casino, on nous répondait qu’on devait être à la hauteur, sinon nous serions dépassés par l’Histoire.

A présent que les Mulliez se consacrent à l’étude et à la réflexion, le Collaborateur-associé se retrouve, avec les pauvres et les sans-dents, parmi les perdants de cette fête des grands profits.

Mais, à la différence des miséreux, nous y avons longtemps cru, nous, à leurs discours et à leurs promesses.

Aujourd’hui, on se réveille totalement ahuris, comme après une longue nuit d’excès. La gueule de bois !

Propositions pour une Renaissance

Destin placé sous le sceau de l’action intrépide, Napoléon Bonaparte s’élance comme une étoile filante qui va brûler pour éclairer son époque.

Deux siècles plus tard, il demeure la personnalité non religieuse qui fascine le plus à travers le monde car il impressionne par sa capacité à surmonter ses contradictions.

Honoré de Balzac explique la complexité de sa personnalité et de sa destinée par le fait que « Le terroriste de 1793 et le Général en chef ont été absorbés par l’Empereur ».

Peut-être Napoléon a-t-il pensé à ces mutations en déclarant : « Chaque âge nous donne un rôle différent ».

De cette métamorphose, Papa m’a dit en a été incapable. Le Maréchal de Saxe en avait déjà fait le diagnostic : « Ne sachant pas ce qu’ils devaient faire, ils firent ce qu’ils savaient faire ». Des Flash-mobs, de multiples programmes pour mieux nous asservir et tout ce qui nous a entraîné vers le fond.

Au-delà de ses multiples facettes, Napoléon a dirigé les hommes en conciliant une grande rigueur avec une créativité pleine de panache : « Le pouvoir, c’est en artiste que je l’aime ».

Nietzsche l’a d’ailleurs défini comme un grand artiste du gouvernement, considérant que Napoléon a œuvré dans les affaires publiques comme Michel-Ange dans les blocs de marbre.

Dans son roman, Le Joueur d’échecs, Stefan Zweig place aussi l’Empereur dans son panthéon des plus grands artistes : «  N’est-il pas diablement aisé de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu’un Rembrandt, un Beethoven, un Dante ou un Napoléon ont jamais existé ? »

Même Chateaubriand n’a pu s’empêcher d’admirer sa virtuosité : « Bonaparte était un poète en action, un génie immense dans la guerre, un esprit infatigable, habile et sensé dans l’administration, un législateur laborieux et raisonnable. »

 S’il est un art où Napoléon a excellé, c’est celui du management.

Le management n’est pas une récréation, un espace pour tester de nouvelles formes de convivialité.

C’est une philosophie d’entrepreneurs, une pratique du pouvoir et une science de la gestion.

Il faut savoir se montrer à la fois capable de saisir les opportunités, de promouvoir d’ambitieux projets, de dégager des énergies insoupçonnées, de surmonter de nombreuses difficultés et adversités et de gérer une transition vers « quelque chose de nouveau et de meilleur ».

Décideur fulgurant après s’être donné le temps de la réflexion, Napoléon a réussi à démontrer à ses équipes, au départ sceptiques, que « le doute est l’ennemi des grandes entreprises ».

Il a d’ailleurs tiré beaucoup d’hommes «  de la boue » pour les pousser vers l’excellence.

Pour ce faire, il a développé leur professionnalisme en n’oubliant pas que « la pire des immoralités est de faire un métier qu’on ne sait pas ».

Napoléon a très tôt été persuadé qu’il « n’y a qu’un secret pour mener le monde, c’est d’être fort ! Parce qu’il n’y a dans la force ni erreur ni illusion ; c’est le vrai, mis à nu. »

Pour être fort, il déploie une énergie considérable lui permettant de mener à bien les missions qu’il s’est assigné. Une fois sa résolution prise, rien ne peut le faire dévier de sa route et chacun doit, à son niveau, mettre ses compétences au service de son projet devenu commun.

Metternich déclara que « Napoléon ne perdait jamais son temps ni ses moyens à des objets qui eussent pu l’éloigner de son but. Maître de lui-même, il le devint bientôt des hommes et des évènements. »

Même Clausewitz, fondateur de la pensée stratégique moderne et qui détestait l’Empereur, a reconnu que celui-ci a été « le chef le plus résolu qui vécut jamais ».

C’est la volonté, le caractère, l’application et l’audace qui ont fait la réussite de Napoléon.

Tout ce qui a manqué aux Mulliez.

Le triomphe de la démagogie est passager, mais les ruines sont éternelles.

Dès qu’il entre en action, Napoléon retrouve son meilleur allié, lui-même. « On ne fait bien que ce que l’on fait soi-même », avait-il coutume de dire.

Il n’en reste pas moins un excellent meneur d’hommes.

Sa méthode : canaliser l’agressivité vers l’extérieur. Elle lui permet de forger une identité qui renforce la cohésion de ses équipes : équipes qu’il considère d’ailleurs comme un rassemblement de fortes personnalités présentant une savante conjugaison de qualifications et de tempéraments.

Les Mulliez, eux, ne savent s’entourer que de courtisans… et de courtisanes.

Alors qu’il n’était qu’un obscur capitaine, Bonaparte a ouvert les vannes, libéré les énergies en donnant à ses hommes la volonté de se réaliser. Ce sera ensuite un Général en chef qui, en cas de besoin, se reconvertira volontiers en simple artilleur.

Napoléon Hill, initiateur des théories du développement personnel aux Etats-Unis, en analysant l’ascension irrésistible de Bonaparte pendant une période aussi troublée que la Révolution Française a eu cette formule : « Le monde à l’habitude de faire de la place à l’homme dont les paroles et les actions montrent qu’il sait où il va ».

Vous comprenez maintenant, pourquoi nous en sommes là ?

 

C’est de maîtres de volonté dont nous avons besoin.

 Attendons leur venue, mais telle est l’angoisse : une volonté, ça se fond dans le bronze.

 Et nous n’apercevons, encombrant les bureaux et les couloirs de la Direction Générale,

que des gâcheurs de plâtre en train de siffloter l’air du prêt-à-penser

et de mouler des masques de carnaval.

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

  • FO Auchan lePontet les Lanceurs d’alertes.

2 Comments

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  1. Bonjour quelle est votre avis sur la prochaine prime de participation sera t elle Bonne

    1. Syndicat Force Ouvrière

      Bonjour Olivier
      Nous n’avons pas d’avis sur la participation.A l’heure actuelle les déclarations de la présidence Auchan Retail sont plutôt encourageante pour ce qui est de l’investissement, visant aussi peut être à rassurer les experts avant leur évaluation. Désolé de ne pas pouvoir apporter plus de réponse.

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