Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Contre la violence et la prédation du Système Auchan, pour un monde qui soit habitable. Partie I

Chers Camarades, chers Collègues,

 

Dans cette arène impitoyable qu’est devenu le Système Auchan, nous sommes tous soumis à « la loi de la jungle », celle des plus forts, des plus riches, des plus cyniques.

Cette mythologie nous enferme dans une société devenue toxique pour nous les salariés, mais également toxique pour les écosystèmes qui n’en peuvent plus d’être ravagés par les Oligarchies prédatrices.

Les résistances s’organisent partout. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs, universitaires ou modes d’organisation battent en brèche cette conception du monde dégénérée et font revivre des mots qui semblaient appartenir à un autre âge comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou encore « bonté ».

Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans la jungle de béton Auchan, flotte aussi un entêtant parfum de résistance sur fond de solidarité…

Le monde vivant comme modèle de résistance

 Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les micro-organismes ont pratiqué l’entraide. Il apparaît que ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus.

Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre tendance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un même groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internationale pour ralentir le réchauffement climatique ?

Le catéchisme du Système Auchan est que dans la vie sociale, tout – actions, normes, institutions, croyances, etc. – s’explique par le jeu des intérêts en conflit, qu’il soit conscient ou inconscient. C’est ce que nous appelons « axiome de l’intérêt » ou encore utilitarisme.

Cette croyance hégémonique est au cœur du Néolibéralisme. Elle s’est établie avant même que ne commence à triompher à l’échelle planétaire un capitalisme rentier et spéculatif, et elle a permis son essor. L’un ne va pas sans l’autre.

Pour pouvoir affirmer que la seule forme de coordination efficace, et donc souhaitable, entre les humains est le Marché, il faut se convaincre et convaincre le grand nombre que nous ne sommes que des Homo oeconomicus, « mutuellement indifférents », comme le disait par exemple le philosophe de référence de la fin du XX ème siècle, John Rawls.

Sur la base de ces justifications, le pas est ensuite facile à franchir : si la seule chose qui nous anime est notre intérêt personnel, et si la forme première ou ultime de celui-ci est l’appât du gain monétaire, alors libre à chacun de chercher à s’enrichir par tous les moyens possibles, le plus rapidement possible.

Plus aucune digue ne doit venir contenir l’expansion continue des marchés, fût-ce au risque de la montée inexorable de la corruption, voire de la criminalité.

Il nous faut déconstruire cette croyance hégémonique au service des Mulliez : nous plaidons pour une science sociale qui ne reposerait plus sur l’axiome utilitaire de l’intérêt, mais qui prenne au contraire comme point de départ la découverte de l’anthropologue Marcel Mauss dans son célèbre Essai sur le don (1924).

La loi de la réciprocité : donner, recevoir et rendre

 Rien n’est plus urgent désormais que de combattre la démesure, l’hubris, l’avidité, la soif de toute-puissance qui est au cœur du Système Auchan et qui nous conduit à la catastrophe.

Les Princes qui nous gouvernent ont construits un récit, une mythologie fondatrice afin d’asseoir leur domination. Cela commence comme tous les contes de fées !

Il était une fois la Vie. Une arène impitoyable où des millions de gladiateurs se battent et s’entretuent. Pas de cadeaux, pas de quartier, pas de pitié. L’agressivité est devenue un atout essentiel, c’est une question de survie. Dans ce monde, l’intelligence – pardon, la ruse – sert à passer devant les autres, ou, mieux, à les enfoncer. Il faut surveiller ses arrières. « Que le meilleur gagne » entend-on à l’envi dans les coursives du Système Auchan. Les tableaux de bord, les comparatifs sont notre unique juge de paix. Le grand mange le petit, le plus rapide mange le plus lent, le plus fort mange le plus faible.

C’est comme ça depuis la nuit des temps, proclament les réfugiés de Néchin. Si vous ne faites pas partie des gagnants, c’est pas de chance ! D’ailleurs, c’est sûrement un peu de votre faute…

« Bon sang ! Relevez-vous, battez-vous ! Gagner, réussir ! Vous ne comprenez donc pas ? »

Ce mythe est notre quotidien et il se déploie partout dans le monde. Entre employés pour grimper dans la hiérarchie des Organisations, ou entre ces dernières pour conquérir des parts de marché. On raconte même que, au plus haut niveau de l’Etat, c’est l’obsession de la compétitivité, ou la bataille pour la conquête du pouvoir qui règnent en maître. « Ceux qui ne sont rien » attendront…

La lutte entre les équipes de foot, les candidats aux grandes écoles, les demandeurs d’emploi… Voir Ken Loach, Moi, Daniel Blake, 2016

Bien entendu, ce ne sont pas de vraies guerres ; elles sont simulées, cathartiques, parfois théâtrales. Il paraît qu’elles canalisent les pulsions humaines pour nous empêcher de sombrer. Mais empêchent-elles les vrais affrontements, délits, crimes, conflits armés, guerres des classes, guerres des peuples ou guerres contre le vivant ?

« Ils avaient vécu dans un monde pénible, un monde de compétition et de lutte, de

vanité et de violence ; ils n’avaient pas vécu dans un monde harmonieux. D’un autre côté, ils

n’avaient rien fait pour modifier ce monde, ils n’avaient nullement contribué à l’améliorer. »

 

                                                                                                                      Michel Houellebecq

                                                                                                          Les Particules élémentaires, 1998.

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