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Auchan Retail et les liens d’allégeance : le drame du Rana Plaza.

Chers Camarades, chers Collègues,

La mécanique du lien d’allégeance se retrouve à l’œuvre aussi bien dans les rapports entre les Directions et leurs salariés qu’entre entreprises dominantes et populations dominées.

Un cas particulièrement monstrueux permet de saisir sur le vif les liens d’allégeance qui se tissent dans les réseaux d’entreprises : celui du drame du Rana Plaza. Les faits ont été largement rapportés. Une entreprise bangladaise de confection, installée dans la banlieue de Dacca, fournissait de nombreuses grandes marques occidentales en vêtements bon marché.

Le 24 Avril 2013, l’immeuble dit Rana Plaza, où était installée cette entreprise de confection, s’est effondré, faisant 1 133 morts, très majoritairement des ouvrières, et 2 000 blessés dont de nombreux handicapés à vie.

Les images de cette catastrophe industrielle, la plus grande depuis celle de Bhopal en 1984, ont fait le tour du monde, ouvrant une fenêtre, vite refermée depuis, sur les réalités sociales de la mondialisation dans les pays pauvres.

Le discours néo-colonial du Système Auchan

 La veille de l’accident, des fissures avaient été repérées dans l’édifice, laissant craindre un risque imminent d’effondrement. Le bâtiment avait alors été évacué. Le lendemain, sous la menace d’amendes et de retenues sur salaires, les ouvrières furent contraintes de regagner leurs postes de travail. L’immeuble, à vocation résidentielle, avait été construit sur une zone marécageuse et utilisé en violation des règles minimales de sécurité.

En l’absence de tout permis, quatre étages supplémentaires avaient été construits sur les cinq qu’il comprenait initialement. Un groupe électrogène avait été installé sur son toit, dont les vibrations, conjuguées à celles des machines, auraient provoqué l’écroulement.

Les vêtements de confection retrouvés dans les décombres portaient les étiquettes de nombreuses grandes marques occidentales, notamment françaises (Auchan, Tex, Camaïeu, Casino et Leclerc), italiennes (Benetton), anglaises (Primex) et américaines, notamment Walmart.

Venant démentir le récit d’une « mondialisation heureuse » (voir article) qui serait profitable aux travailleurs des pays émergents, ce drame a attiré, pour un temps, l’attention des médias sur l’impact social  des nouvelles formes d’organisation du travail dans l’économie globalisée.Les prédicateurs qui chantent  les vertus civilisatrices de la globalisation économique, sentant bien le doute s’emparer des esprits, ont entonnés le chant de la saine doctrine sur le mode : « On aurait grand tord de se lancer dans une condamnation vertueuse de la mondialisation ou de prôner on ne sait quel grand soir radical. Pour ces jeunes femmes, le travail en atelier est préférable à l’oppression familiale et économique qu’elles vivent dans les campagnes. Paradoxalement, leur emploi au Rana Plaza leur procurait une forme d’émancipation ».

La brutalité et le cynisme du capitalisme… Voir la Stratégie du Choc, de Naomi Klein.

Sous des habits neufs, le discours colonial n’a pas changé et certains pensent aujourd’hui comme hier pouvoir décider, depuis Croix ou Néchin, du mieux-être des « indigènes » des pays du Sud et passer par pertes et profits ceux et celles qui meurent écrasés sous le rouleau compresseur du commerce sans entraves.

L’indignation de l’opinion mondiale face à une telle brutalité plaça le Système Auchan face à ses véritables responsabilités. L’OIT, Organisation Internationale du Travail, et l’OCDE durent prendre des initiatives pour prévenir la répétition de ce type d’accidents.

Cette affaire illustre les conséquences de l’effacement des Etats qui permet aux FMN de recourir aux délocalisations et au law shopping fiscal, social et environnemental. Ainsi émancipées, les grandes entreprises asservissent celles de plus petite taille, qui participent aux réseaux qu’elles tissent à l’échelle du globe.

L’affaire du Rana Plaza est une tragique illustration des opportunités et des risques que représente cette échappée du droit pour Auchan Retail. D’un côté, il peut se soustraire aux contraintes fiscales et environnementales et augmenter ses profits de façon vertigineuse, en recourant par sous-traitants interposés à ce que le pape François a justement appelé « un travail d’esclave ». En témoigne l’effondrement de la valeur relative du coût du travail de fabrication dans le prix d’un t-shirt sur les marchés occidentaux : 0,6 %, soit le centième de la marge du distributeur. Voir tableau sur la décomposition du prix d’un t-shirt.

Mais de l’autre, Auchan Retail  se trouve exposé à l’obligation de devoir répondre des atteintes aux droits fondamentaux qui résultent de la surexposition des hommes et des ressources naturelles, lorsque ces atteintes sont portées sur la place publique. Comme par exemple le traitement ignoble qui est réservé aux Hôtesses de caisse enceintes…

C’est ainsi que Auchan Retail s’est retrouvé au centre de scandales humanitaires,

voyant sa marque exposée dans les médias maculée du sang des ouvrières du Rana Plaza

et de l’hôtesse de caisse d’Auchan Tourcoing

 

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HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

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