Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

- Un syndicat libre, indépendant, déterminé !

Auchan Retail et le nihilisme…

Chers Camarades, chers Collègues,

 

Les salariés du Système Auchan ressentent chaque jour un peu plus la viduité de leur travail, complètement dépourvu de sens et qui a été qualifié de Bullschit Jobs, les « Jobs à la con ».

La vie Auchan et son monde peinturluré  apparaissent comme dépourvus de sens et de valeur. Dans le monde Auchan, toute chose est saisie comme susceptible d’une appropriation privée et accumulative permettant d’accroître l’influence et le pouvoir sur les autres : leur monde est celui, le lieu de la lutte de tous contre tous. On peut le constater jour après jour avec les techniques de manipulation et de dressage social à base de comparatifs et autres classements. Auchan et les comparatifs : une longue méditation sur la rivalité mimétique…

Le monde Auchan en tant que tel est assigné à la signification unique de l’appropriable, au service du pouvoir sur les autres, c’est-à-dire, à l’empire de la domination.

Au XVII ème siècle, au moment de la première expansion du capitalisme, Thomas Hobbes avait déjà posé l’avoir et le pouvoir comme finalités ultimes de la vie humaine, et affirmé que ces deux finalités font système.

Le nihilisme du Système Auchan produit, et à la fois, est produit par une forme de subjectivité individualiste et possessive qui a perdu la capacité de créer du sens et des valeurs.

L’eau, la terre et déjà l’air que nous respirons deviennent ressources pour l’accroissement du Capital, tout comme les êtres humains devenus « ressources » et marchandises.

Le nihilisme qui se déploie chez Auchan, qui nous empoisonne et nous détruits jour après jour, n’est pas un état de la culture. Car le propre de la culture est sa capacité à re-créer sans cesse du sens et des valeurs qui disent l’exigence éthique de la solidarité.

Le nihilisme du Système Auchan est un état de l’anti-culture.

La question du comment chasse la question du pourquoi

 Pourquoi agir de telle ou telle manière, pourquoi vivre et quel sens donné à sa vie ? La rationalité instrumentale ne peut pas apporter des réponses à ces questions, en dehors de tranquillisants qui peuvent être chimiques ou idéologiques. C’est la fonction qui est assignée aux multiples « Vision Auchan » que de nous encapsuler dans un imaginaire uniquement dédié à l’enrichissement sans fin des Mulliez.

La modernité capitaliste tend à chasser de l’espace public et de la conscience des personnes tout questionnement sur le « pourquoi », à tel point que le sens de la question elle-même tend à disparaître dans un monde d’individus affairés et soucieux des meilleurs moyens permettant de maximiser profits et performances.

La désintégration du lien social est nécessairement la désintégration des conditions du sens et de la valeur, car le sens et les valeurs sont des créations sociales.

De la nécessité de réactiver un idéal de liberté et de dignité

Il existe en France des mémoires éthiques et sociales, nourries notamment des traditions de l’humanisme, de l’anticolonialisme et du mouvement ouvrier des XIX et XX ème siècles, qui nous disent que l’existence humaine a quelque chose à voir avec la reconnaissance de tous les êtres humains, et qui soutiennent des valeurs telles que l’égalité, la justice sociale, l’autonomie et la solidarité.

Il nous faut faire l’effort de réfléchir à la notion de relation ainsi qu’à celle de réseau social qui permet d’en rendre compte.

Dans nos sociétés modernes hyper-différenciées, les individus deviennent interdépendants les uns des autres comme ils l’ont  rarement été au cours de l’histoire.

En effet, la multiplication des savoirs, savoir-faire et savoirs être ainsi que l’existence de nombreuses zones d’incertitude relatives aux problèmes contemporains complexes, augmente de façon décisive l’interdépendance entre individus.

Ces derniers ont de plus en plus besoin les uns des autres et rares sont les domaines où un travail peut être réalisé indépendamment de celui d’un autre. Ces interdépendances demandent d’échanger des ressources. L’échange de ressources pourrait être géré grâce à l’établissement de contrats de type économique.

Mais cela supposerait qu’une fois l’échange réalisé, le lien s’évapore.

Or, la vie sociale témoigne de la pré-existence ou de la pérennité de certaines formes d’échanges sociaux, qui ont lieu au-delà du produit, à la manière d’un don/contre-don organisant le reste de la société.

Les relations humaines fondées sur la solidarité sont les vecteurs de ces interdépendances qui dépassent le cadre de l’échange marchand auquel veut nous réduire le Système Auchan.

Elles perdurent dans le temps car elles n’assurent pas qu’un simple échange de ressources, mais sont également le produit d’un lien entre les deux parties autour d’un système de valeurs commun.

Deux amis attendent des coups de main réciproques mais aussi le respect d’un certain code de conduite l’un vis-à-vis de l’autre.

Ces relations d’amitié demandent à être entretenues : on fera le choix difficile de se couper d’amis qui ne se rendent jamais disponibles ou qui ne respectent pas les normes de conduites de l’amitié définies par le groupe.

L’ambition du Système Auchan est de briser au sein des équipes tout lien d’amitié, tout sentiment et toute attention afin de pouvoir nous isoler pour mieux nous exécuter les uns après les autres.

Hannah Arendt révèle le lien entre totalitarisme et terreur

 L’espace détruit par la terreur n’est pas seulement l’espace public mais également l’espace privé « avec ses possibilités d’expérience, d’invention et de pensée ». C’est ce phénomène que Hannah Arendt appelle : la désolation.

La désolation définit l’individu qui non seulement, n’est plus en rapport avec les autres hommes mais qui, de surcroît, n’a plus de contact avec lui-même en tant qu’homme, notamment par la faculté humaine de penser qui est supplantée par la logique totalitaire. Il a rompu avec son humanité. «  La domination totalitaire est un nouveau type de régime en cela qu’elle ne se contente pas d’isoler l’homme, mais conduit également à la destruction de sa vie privée. Elle se fonde sur la désolation, sur l’expérience absolue de non-appartenance au monde, qui est l’une des expériences les plus radicales, les plus désespérées de l’homme ». Les Origines du Totalitarisme, Tome III, Editions du Seuil 1972, Chapitre 4, page 223.

L’homme est littéralement sans sol, sans référence à un monde commun.

Par la contrainte de l’idéologie et la violence de la terreur, l’homme a perdu

tout rapport avec la réalité où il ne peut plus avoir d’expérience ni susciter de pensées nouvelles.

 

 

FORCE OUVRIÈRE LIBRE INDÉPENDANT DÉTERMINÉ

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

  • FO Auchan le Pontet et Vaucluse les lanceurs d’alertes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© 2012 - 2017 | Force Ouvrière - Auchan le Pontet