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Études de l’impact du travail de nuit sur la santé (articles du Figaro)

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Une étude de grande ampleur révèle qu’un impact important sur le système cardio-vasculaire apparait après cinq années de rythmes décalés.

L’étude a commencé en 1988 et a porté sur plus de 85.000 infirmières américaines suivies régulièrement par des épidémiologistes de Harvard.

Les femmes qui travaillent de nuit depuis plus de cinq années ont une surmortalité de 11 % et celles qui ont travaillé plus de 15 ans, un risque accru de 25 % d’avoir un cancer du poumon. En revanche, aucune augmentation n’est apparue pour les autres types de cancer. En France, une salariée sur dix travaille de nuit (et un homme sur cinq) de façon occasionnelle ou habituelle.
L’étude, publiée le 5 janvier dans l’American Journal of Preventive Medicine, a commencé en 1988 et a porté sur plus de 85.000 infirmières américaines (Nurses Health Study) suivies régulièrement par des épidémiologistes de Harvard (États-Unis). «C’est l’une des plus grandes études de cohorte au monde avec une telle proportion de travailleurs en rotation de nuit sur une période aussi longue», explique le Pr Eva Schernhammer qui l’a dirigée.
Le choix de restreindre la population étudiée à des infirmières, plutôt que de prendre un échantillon plus varié, présente deux avantages. Premièrement, il réduit le risque de biais liés à la nature du travail effectué. Deuxièmement, les infirmières ont un statut socio-économique relativement homogène. Un point important car le travail de nuit est plus fréquent dans les catégories socio-économiques les moins favorisées et exerçant des métiers différents, ce qui complique les comparaisons.

«Un effet délétère»

Les chercheurs ont d’abord exclu 10.000 femmes de l’étude car elles avaient déjà des maladies cardio-vasculaires ou des cancers, ce qui aurait pu fausser les résultats. Ils ont ensuite observé patiemment, pendant vingt-deux ans, l’effet du travail de nuit sur la santé des 75.000 restantes. Les infirmières étaient considérées comme étant «de nuit» dès lors qu’elles travaillaient au moins trois nuits par mois en plus de jours ou de matinées. À l’encontre de travaux antérieurs, aucune augmentation du risque de cancer du sein n’a été notée. En revanche l’augmentation de 11 % de la mortalité est apparue à partir de cinq années d’exposition, essentiellement en raison de la hausse de la mortalité cardio-vasculaire.
«Plusieurs mécanismes biologiques pourraient expliquer cette association: une activation du système nerveux autonome (chargé de fonctions automatiques du corps, NDLR), un état inflammatoire accru, des modifications du métabolisme lipidique et glucidique, et une modification subséquente du risque d’athérosclérose», détaillent les auteurs.
«Ces résultats viennent s’ajouter à d’autres indiquant un effet potentiellement délétère du travail de nuit posté sur la santé et la longévité, explique le Pr Schernhammer, mais pour en tirer des conseils pratiques pour les travailleurs postés et leur santé il faudra d’autres études précisant le rôle de la durée, de l’intensité du travail de nuit et sur l’interaction des horaires de travail avec les traits individuels (par exemple, être d’un chronotype “du matin” ou “du soir”)».

Des implications pour les politiques de santé

Peut-on extrapoler ces résultats aux hommes? Cela n’est pas certain car en 2012, par exemple, une étude menée par des chercheurs canadiens et norvégiens avait bien montré une augmentation du risque d’accidents cardio-vasculaires mais pas d’augmentation de mortalité. Il s’agissait cependant d’une synthèse d’étude qui n’avait donc pas la robustesse statistique de l’étude de Harvard.
«Cette étude américaine pourrait avoir des implications pour les politiques de santé, explique au Figaro le Pr Marianna Virtanen, de l’Institut finlandais de santé au travail (Helsinki), elle renforce l’intérêt de mieux repérer les personnes qui supportent mal de travailler la nuit ou celles qui sont à risque de développer des maladies cardio-vasculaires, tels que les hypertendus ou les fumeurs».
Il y a deux ans, elle avait publié, avec des collègues des universités de Londres, Montréal et Bristol, une étude montrant que des employés de bureau britannique qui travaillaient plus de 11 heures par jour avaient un risque dépressif au moins doublé par rapport à ceux travaillant 7 à 8 heures. «Trop travailler peut aussi être mauvais pour la santé mentale, bien qu’il puisse y avoir des différences de tolérance individuelle», explique-t-elle.

Par Damien Mascret (Figaro)


Autre article du Figaro toujours sur l’impact sur la santé du travail de nuit :

Travailler de nuit ou en horaires décalés fait aussi vieillir le cerveau plus vite. Selon une étude franco-britannique, il est toutefois possible de retrouver ses capacités cognitives, cinq ans après l’arrêt du travail de nuit.

Une personne âgée de 40 ans exposée au travail de nuit pendant 10 ans dispose des capacités cognitives d’une personne de 46 ans et demie.

Le travail de nuit et le travail posté (lorsque les horaires sont changeants), accusés de favoriser divers problèmes de santé comme les ulcères, les maladies cardiovasculaires et certains cancers, ont aussi des effets négatifs sur notre cerveau. Selon une étude franco-britannique publiée mardi dans la revue médicale Occupational and Environmental Medicine, travailler de nuit ou en horaires décalés finit, à long terme, par affecter la mémoire, l’attention et la réactivité de l’individu.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont étudié 3232 salariés du sud de la France, âgés de 32 à 62 ans, et répartis en deux groupes: d’un côté, des travailleurs avec horaires normaux, de l’autre des travailleurs en horaires décalés. Ces derniers devaient cumuler au moins 50 jours de travail de nuit ou posté sur l’année. Pour comparer leur capacité cognitive, ces deux groupes ont été soumis à des tests neuropsychologiques, à trois moments différents: en 1996, 2001 et 2006.

Désynchronisation biologique du corps

Après croisement de données, les chercheurs ont découvert qu’une personne qui avait travaillé longtemps en horaires décalés présentait un déclin cognitif – processus naturel chez toute personne vieillissante – nettement plus rapide que les autres. La baisse des scores obtenus équivaut «a un vieillissement cognitif de six ans et demi», commente Jean-Claude Marquié, directeur de cherche au CNRS à Toulouse qui a coordonné l’étude, soit pour une personne âgée de 40 ans, les performances d’une personne de 46,5 ans. Comment l’expliquer? L’une des hypothèses retenues par les scientifiques repose sur le stress induit par la désynchronisation biologique du corps, qui se traduit par une élévation d’une hormone appelée le cortisol. «Cette dernière a des effets toxiques sur l’hippocampe, c’est-à-dire le cerveau, ce qui aurait pour conséquence d’altérer les capacités cognitives», suggère Jean-Claude Marquié.

Un phénomène pas irréversible

Si les effets sur le cerveau à court terme étaient déjà connus, ceux à long terme ne l’étaient pas du tout. «C’est la nouveauté de notre étude: on a réalisé que même après l’arrêt total du travail de nuit, les effets négatifs sur le cerveau perduraient pendant près de cinq ans», raconte le chercheur au Figaro. «Mais la bonne nouvelle, insiste-t-il, c’est qu’après ces fameuses cinq années, nous retrouvons toutes les capacités cognitives liées à notre âge».

Ces résultats font écho à d’autres études déjà menées sur le sujet. Des enquêtes réalisées chez des infirmières et des hôtesses de l’air avaient notamment montré que le travail de nuit sur des longues durées augmentait les risques de cancer du sein. Une étude suédoise publiée en 2011 a pour sa part montré que le travail de nuit doublait le risque de sclérose en plaques chez les jeunes.

Deux Français sur trois concernés

En France, les horaires atypiques au travail concerneraient aujourd’hui près de deux salariés sur trois dont 3,5 millions qui travaillent la nuit. Pour atténuer leurs effets négatifs, Marine-Anne Gautier, expert médical à l’Insitut national de recherche et de sécurité (INRS), rappelle que les entreprises sont tenues de remplir différentes obligations: «Elles doivent notamment faire en sorte que les horaires soient compatibles avec les risques liés au poste et toujours envisager, si besoin, un retour vers des horaires classiques». Il est également possible de jouer sur l’organisation du travail en favorisant les horaires qui préservent au maximum le sommeil des salariés. «Il vaut mieux par exemple démarrer à 6H00 du matin plutôt qu’à 4H00», explique le médecin du travail en indiquant qu’une alimentation équilibrée et que le maintien d’activités sociale et physique sont tout aussi nécessaires. «A la maison, il est important de prévoir un rituel de nuit avant d’aller se coucher, préconise encore la spécialiste. Une tisane, une lecture reposante et le silence absolu dans une chambre plongée dans le noir favorisent l’endormissement».

Par Caroline Piquet (Figaro)

2 Comments

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  1. Donc pour les hospitaliers notre seule chance c’est la retraite. ..mais beaucoup de métiers ont une forte penibilite. ..

    1. Syndicat Force Ouvrière

      Beaucoup trop et rien n’est vraiment pris en compte malheureusement.

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