Force Ouvrière - Auchan le Pontet et Vaucluse

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Alexandre le Bienheureux

Chers Camarades, chers Collègues,

 

Alexandre est cultivateur dans une ferme de la Beauce. Homme bon vivant et nonchalant, il est quotidiennement harcelé par son épouse, « La Grande », véritable furie qui le tyrannise et le pousse à bout de force en lui imposant une liste de travaux démesurée. « La Grande » est victime d’un accident de la route, laissant Alexandre seul avec son chien pour seul compagnon. Il se met au lit et dort pendant des jours.

Son comportement sème le trouble dans le petit village par l’image de fainéant (déjà ?) qu’il donne, et une partie des habitants décide de le forcer à se remettre au travail. Mais ils échouent et Alexandre commence à faire des émules.

Yves Robert, le réalisateur, a peint à travers ce film merveilleux, une communauté paysanne pour laquelle il éprouve une vraie tendresse. Ce sera un véritable succès pour ce film devenu culte.

Le droit à la paresse

Le Droit à la paresse, ouvrage de Paul Lafargue (Gendre de Karl Marx) paru en 1880, est un manifeste social qui centre son propos sur la fameuse « valeur travail ». Il propose une monographie sociale, économique et intellectuelle qui analyse les structures mentales collectives du XIX ème siècle et démythifie le travail et son pseudo-statut de « valeur ».

Il s’étonne de « l’étrange folie » qu’est l’amour que la classe ouvrière porte au travail alors qu’il décrit celui-ci comme « la cause de toute dégénérescence intellectuelle, de toute déformation organique ».

Pourtant, cet amour n’est pas universel : les sociétés primitives « que les missionnaires du commerce et les commerçants de la religion n’ont pas encore corrompues avec le christianisme, la syphilis et le dogme du travail » y échappent ainsi que les civilisations antiques dans lesquelles les philosophes considéraient le travail comme une « dégradation de l’homme libre ».

Paul Lafargue s’attache à décrire les conditions de travail particulièrement difficiles de la classe ouvrière dans l’Europe capitaliste du XIX ème siècle. Il dénonce l’influence néfaste du progrès technique qui pourrait être bénéfique. Le machinisme selon lui devrait faire aboutir à une diminution du temps de travail, jusqu’à même des journées de travail de trois heures. Lafargue dénonce le fait qu’on fasse travailler plus de douze heures par jour de jeunes enfants en plus des femmes et des hommes.

En ce début de XXI ème siècle, c’est un autre Alexandre, un Mulliez cette fois, qui reprend le flambeau pour encore mieux exploiter les salariés sous couvert de culture « Start-up ».

Les nouvelles aventures d’Alexandre dans le monde formidable des GAFAM

On est tout de suite affranchis par Alexandre : « A la différence des autres, nous ne sommes pas dans la veille. Nous avons une obligation de réussir ! ». Avec pour juge de paix, le client. Voir article Petit Web.

Alexandre a des idées, beaucoup d’idées… Par exemple, « la mise en place d’un lean management » (traduire Toyotisme), ou bien encore « l’amélioration continue des performances… ». Comme pour les gars de la DG, on peut dire que ça, c’est de l’innovation ! Du génie conceptuel à l’état pur.

Et Alexandre récite un catéchisme bien calibré : « Nous voulons des principes de fonctionnement radicalement différents d’une entreprise classique ». Au menu de ce nouveau management, « l’abolition des liens de subordination, avec des managers coachs plus que boss ».

Ce sont des « facilitateurs qui mettent en place le meilleur environnement de travail pour tous ». Sont déjà prévus ; après-midi Hip-Hop, visites accompagnées de musées, cours à l’Université consacrés, par exemple, à « La condition féminine en Basse-Egypte au II ème siècle AV-JC ». Sans oublier, pour les fans, un coin dédié à l’entretien des carburateurs..

Tout le monde va se bousculer pour venir travailler chez Alexandre.

Toutefois, certains vont avoir des surprises : Alexandre aime le conflit ! Il l’aime tellement qu’il a crée une « War room » afin que « les gens se disent clairement les choses ». Vous avez bien lu : une salle de guerre, sans doute équipée avec du matériel lourd.

Et pour couronner le tout, le recrutement est calqué sur les méthodes des SEALS (voir article et vidéo): « Dans ses recrutements, la structure est extrêmement exigeante : même lorsqu’on en a besoin, on s’interdit de recruter des gens qui feraient baisser le niveau global de l’entreprise ». Un véritable système Darwinien.

Mais de quoi Alexandre est-il le nom ?

Le numérique est souvent présenté comme démocratique et porteur de nouvelles libertés. La vérité est bien moins reluisante. Il s’agit d’une « Nouvelle servitude volontaire » qui repose sur un modèle sécuritaire, sans surprise, où les individus sont à la fois normalisés et isolés les uns des autres.

Il y a servitude, car les Firmes Multinationales font tout pour prédire nos désirs, nos comportements et potentiels afin de mieux les contrôler, les orienter ou les dicter : ils veulent se rendre maîtres de nous.

Cette servitude est volontaire dans la mesure où ce contrôle, ce pouvoir, s’exerce par la médiation d’outils et de plateformes que nous utilisons volontairement comme Facebook, Netflix, Uber, Spotify ou Google. Ce sont les algorithmes de ces entreprises qui construisent notre monde social (le fil d’actualités), nos recherches (les résultats après requêtes), définissent le trajet le plus court, le partenaire idéal, la prochaine chanson à écouter ou vidéo à visionner.

Enfin, cette servitude volontaire est « nouvelle », car ce pouvoir qui émerge n’est pas une domination à l’ancienne, où l’on nous dit quoi faire ou ne pas faire avec des ordres et des interdits, mais une domination infiniment plus soft, insidieuse, bienveillante, immanente au champ social, agissant par la multiplication des suggestions, incitations, conseils, recommandations…

 

Big Mother s’est substituée à Big Brother.

 

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